Le nouveau slogan d'Ottawa, est «Le Canada dans une ville».

«Le Canada dans une ville»

CHRONIQUE / Ainsi, la Ville d’Ottawa a un nouveau slogan. Je ne savais pas qu’elle en avait déjà un. Mais celui dévoilé lundi pour souligner le cap franchi du million d’habitants a été présenté comme le «nouveau» slogan.

Je connais bien le slogan sarcastique et légèrement mesquin que les anglophones ont collé à la Ville d’Ottawa. «The city that fun forgot», s’amusent-ils à surnommer la capitale fédérale. Mais ce n’est évidemment pas le slogan officiel.

L’officiel ou le nouveau, est: «Le Canada dans une ville».

J’aime ça. Sans blague, j’aime ça. Ça ressemble étrangement au nom de la boutique de cadeaux et de souvenirs du marché By, «Le Canada dans un panier», mais j’aime ça.

Selon le maire Jim Watson, ce nouveau slogan reflète l’identité de la capitale nationale. «Ottawa est vraiment un microcosme de tout le pays, a-t-il dit. On a le milieu rural, de vibrantes banlieues, le centre-ville, des communautés multiculturelles, le bilinguisme. Je pense que ça reflète vraiment ce qu’on voit dans d’autres villes, mais dans une seule et même ville. J’aime le slogan, ça représente bien qui nous sommes», a-t-il ajouté.

À sa place, pas sûr que j’aurais ajouté le mot «bilinguisme» dans ma phrase. Parce que la Ville d’Ottawa, contrairement au Canada, n’est pas officiellement bilingue. Mais bon. Pardonnons-lui cette fois-ci, il fait trop beau pour se chicaner.

Et vous, chers lecteurs ? Vous en pensez quoi de ce slogan «Le Canada dans une ville» ?

Je sais que si vous vous connaissez un peu en marketing, vous n’aimerez pas ce slogan. En fouillant sur la toile, je suis tombé sur un texte sur le site Les Affaires dans lequel la journaliste s’entretient avec une experte en marketing sur, justement, les slogans que les villes se donnent.

Et selon cette experte - une dénommée Stéphanie Kennan, présidente de Bang Marketing à Montréal - plusieurs slogans ne répondent pas au premier critère de marketing: positionner son produit et le rendre unique.

«Il faut d’abord cerner ce qui nous rend différents», a-t-elle dit.

Or, le nouveau slogan de la Ville d’Ottawa fait tout le contraire. Il ne rend pas la Ville unique, il ne cerne pas ce qui nous rend différents, il la présente plutôt comme toute autre ville canadienne.

«Ça (le slogan) reflète vraiment ce qu’on voit dans d’autres villes, mais dans une seule même ville», a dit le maire Watson. N’est-ce pas un peu dire aux visiteurs potentiels: «venez à Ottawa et vous ne verrez rien que vous n’avez jamais vu chez vous» ?

Pas très invitant, avouons-le. Aussi bien rester à la maison et épargner des sous. Ou encore aller ailleurs.

Cela dit, je l’aime bien, ce nouveau slogan, malgré ce qu’en pensent les experts en marketing. Ceux-ci ont sûrement raison de le remettre en question. Mais moi, je le trouve bien correct. Pas génial. Mais correct.

C’est tout de même mieux que le slogan de la municipalité de Desbiens au Saguenay-Lac-Saint-Jean qui se lit: «Desbiens; là où il fait extrêmement bon de vivre».

Je me demande combien de temps les élus de Desbiens se sont penchés sur celui-là… .«Là où il fait bon vivre» n’avait rien d’original. On l’entend partout. Mais il y a un «génie» à Desbiens qui s’est dit: «et si on ajoutait le mot «extrêmement» ? Et tout le monde autour de la table a trouvé son idée fantastique.

Puis il y a la ville de Bégin, au Saguenay, qui elle s’est donnée le slogan: «J’ai l’béguin pour Bégin».

Misère…

Comment dit-on encore ? Quand on se compare, on se console ?

Parlant de la Ville d’Ottawa...

Mes sincères félicitations à mon ami, Me Ronald Caza, qui a reçu hier soir la clé de la Ville d’Ottawa des mains du maire Jim Watson.

Un honneur pleinement mérité.