L’AFO invite maintenant les Franco-Ontariens à afficher le vert et blanc dans des endroits visibles.

Le calme avant la tempête ?

CHRONIQUE / Alors, La Résistance ? Où en sommes-nous ?

Je suis peut-être dans le champ, mais il me semble que c’est beaucoup trop tranquille par les temps qui courent dans le merveilleux monde franco-ontarien.

Nous étions 14 000 dans les rues de l’Ontario le 1er décembre dernier. Mais depuis…

Bon, je sais que la période des Fêtes n’était certes pas le moment pour manifester, pour s’afficher ou pour brasser des cages. Je sais aussi qu’on ne peut répéter chaque semaine ni chaque mois les manifestations historiques du 1er décembre.

Mais c’est trop calme depuis un certain temps, je trouve. Trop tranquille. On ne s’entend pas.

Je ne blâme personne. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), voire La Résistance, multiplie les campagnes. Le mois dernier, c’était une campagne de cartes postales. Les Francos étaient invités à faire parvenir des cartes postales aux députés conservateurs « pour les inciter à prendre les bonnes décisions en 2019 », avait alors expliqué le président de l’AFO, Carol Jolin.

Quel a été le résultat de cette campagne ? Sais pas. Je devine que plusieurs bureaux d’élus conservateurs – celui de Caroline Mulroney le premier – ont été inondés de cartes postales écrites en français. Mais est-ce que ce sera suffisant pour inciter la ministre des Affaires francophones et les autres élus conservateurs à « prendre de bonnes décisions » cette année ? Reste à voir. Mais ce que je comprends de ce gouvernement, c’est que c’est le premier ministre Doug Ford qui prend pas mal toutes les décisions. Souvent unilatéralement et sans consultation.

La Résistance récidive ce mois-ci avec un concours « Affiche tes couleurs franco-ontariennes ». Voici ce qu’on peut lire sur la page Facebook de l’AFO :

« Nous encourageons les francophones et nos alliés à afficher leurs couleurs franco-ontariennes dans des endroits visibles : fenêtres de la maison, de voitures, de portes, etc. » L’AFO nous demande ensuite de lui faire parvenir nos photos afin qu’elle puisse les diffuser sur sa page Facebook. Au terme de ce concours, cinq gagnants recevront des paniers-cadeaux de produits promotionnels franco-ontariens de l’AFO.

C’est bien amusant tout ça. Je devrai d’ailleurs me trouver quelque chose de vert et blanc à coller dans ma fenêtre de salon. Mais encore là, je doute que ce concours attire l’attention du gouvernement conservateur. Des voisins, oui. Mais des élus ontariens ? Pas sûr.

Cela dit, je reviens au deuxième paragraphe de cette chronique. Celui qui commence par les mots : « Je suis peut-être dans le champ ».

Un passage d’un texte signé par Sébastien Pierroz de #ONfr et publié dans notre page éditoriale de lundi me redonne un peu espoir. Un passage qui me fait dire que je suis peut-être effectivement dans le champ, et que les manifs du 1er décembre ainsi que toutes ces campagnes de La Résistance portent leurs fruits. Voici ce qu’on pouvait lire dans ce texte qui portait sur le prochain budget du gouvernement Ford qui sera dévoilé dans les prochaines semaines :

« Dans les coulisses, les proches de Doug Ford se veulent rassurants. La grosse transformation du système de santé imminente n’affecterait pas les Franco-Ontariens. […] On jure que l’épisode du ‘jeudi noir’ le 15 novembre dernier n’arrivera plus, qu’il s’agissait d’une fausse note ».

Avouez que c’est positif et encourageant. Les conservateurs auraient (enfin) compris le message : don’t mess with the Francos. Enfin, c’est ce qu’on entend, dit-on, dans les mystérieuses coulisses.

Cela dit… Ça me ramène en février 1997, le jour où la Commission de restructuration des soins de santé de l’Ontario donnait une conférence de presse à Ottawa pour annoncer les coupures à venir dans les institutions de santé de la région.

Les dirigeants de l’Hôpital Montfort s’étaient rendus à cette conférence de presse en sifflotant, si convaincus étaient-ils que le gouvernement ne toucherait jamais à « notre » hôpital. On les avait même assurés – en coulisses – qu’ils n’avaient rien à craindre, que Montfort ne se trouvait pas sur le trajet du bulldozer qui se mettait en marche.

Puis… boum !

Comme quoi même « les coulisses » peuvent parfois se tromper…