Christine Thibault a disparu il y a 10 ans.

Dix ans de mystère

CHRONIQUE / Le 10 juin approche. Une triste journée pour Cynthia Thibault-Paradis et Jacques Gauvreau. Un anniversaire qu’ils aimeraient bien mettre derrière eux une fois pour toutes.

Il y a 10 ans, ce jour-là, la mère de Cynthia et conjointe de Jacques, Christine Thibault, disparaissait mystérieusement. La dame, alors âgée de 58 ans, avait quitté son domicile de Messines dans la Haute-Gatineau au volant de son véhicule, une Ford Focus. Elle aurait été vue une dernière fois vers 18 h 30 sur le pont de la rivière Désert, à Maniwaki. Et elle n’a jamais été revue depuis.

La Sûreté du Québec a enquêté, cherché, fouillé, mais rien. Des recherches terrestres par bateau et par hélicoptère n’ont rien donné non plus. La SQ a relancé une enquête il y a cinq ans, toujours en vain. Des amis, des bénévoles et l’organisme Québec Secours ont aussi effectué d’innombrables recherches et battues au cours des dernières années. Mais c’est le mystère le plus complet. Ni la voiture ni Christine Thibault n’ont été retrouvées. Disparues dans le néant.

Et sa famille cherche toujours…

« La SQ a fait tout ce qu’elle pouvait pour retrouver Christine, affirme Jacques Gauvreau. Et l’enquête est toujours ouverte. Si quelqu’un l’appelle avec une piste, les agents feront le suivi nécessaire. Un sergent m’appelle chaque année pour prendre des nouvelles de moi et de Cynthia. Si seulement on pouvait retrouver la voiture de Christine, les policiers y trouveraient peut-être des indices, des pistes et des réponses à ce mystère. »

M. Gauvreau a récemment approché les membres de la Chambre de commerce de Maniwaki pour que ceux-ci affichent la photo de Christine Thibault dans leurs commerces et lieux de travail. Ou plutôt qu’ils l’affichent à nouveau, comme ils l’ont fait il y a presque 10 ans.

« On ne parle plus de la disparition de Christine depuis cinq ans, dit-il. Les journaux locaux (de la Haute-Gatineau) reviennent sur sa disparition chaque année, mais à part ça, on n’en parle plus. Mais pour Cynthia et moi, ce n’est pas fini. »

Ce ne sera jamais fini pour eux, tant et aussi longtemps que ce mystère ne sera pas élucidé.

Et leur peine dure depuis 10 ans.

« Christine allait bien dans les semaines précédant sa disparition, affirme M. Gauvreau. J’ai fait un AVC deux ans avant sa disparition et ça l’avait un peu ébranlée. Mais elle allait mieux. Elle travaillait, elle était en santé et en bonne forme physique. On ne sait pas ce qui lui est arrivée. Elle n’a pas quitté le pays, son passeport n’était plus valide. On ne sait pas.

«Je regarde sa photo tous les matins et tous les soirs. C’est toujours difficile pour Cynthia et moi. On essaie d’être heureux, mais ce n’est pas toujours évident. Toutes les fois qu’on entend qu’un corps a été retrouvé, Christine nous revient en mémoire. Elle est toujours dans notre tête. On essaie d’aller de l’avant, mais elle est toujours dans nos pensées. À Noël c’est difficile. À sa fête aussi. Cette journée-là, Cynthia, son mari et moi allons souper au restaurant. Un peu pour garder l’espoir.

«On ne veut pas de pitié, laisse-t-il tomber. Ce n’est pas pour ça que je vous ai écrit, M. Gratton. Je veux juste rappeler aux gens que nos recherches se poursuivent et qu’ils peuvent nous aider en affichant la photo de Christine. Je veux leur rappeler que ce n’est pas fini pour nous.»

Christine Thibault serait aujourd’hui âgée de 68 ans. Elle conduisait une Ford Focus 2001 de couleur verte au numéro de plaque 099MSL et décorée d’une plaque de style européen à l’avant.