Denis Gratton
Juste une autre tentative de meurtre à Ottawa. «Rien à voir ici, circulez».
Juste une autre tentative de meurtre à Ottawa. «Rien à voir ici, circulez».

D’hier à aujourd’hui

CHRONIQUE / Il n’y a pas si longtemps, la nouvelle aurait semé la consternation dans la ville.

Aujourd’hui, elle est accueillie d’un «bof !» collectif. Juste une autre tentative de meurtre à Ottawa. «Rien à voir ici, circulez».

L’incident s’est produit en fin de semaine dans le secteur Vanier. Lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, vers l’heure du souper, ils ont trouvé une victime avec de sérieuses blessures qui mettaient sa vie en danger. Cette victime - un adolescent - était si jeune qu’on l’a transférée au Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO).

Pas à l’Hôpital Montfort, qui se trouve à cinq minutes de la scène du crime. Mais bien au CHEO. Là où l’on soigne les enfants.

Cinq adolescents, dont une fille, ont été arrêtés près de la scène et accusés de tentative de meurtre, de voies de fait ainsi que de violation de l’ordonnance de mise en liberté.

Cinq enfants qui auraient tenté de tuer un autre enfant, en pleine rue, en pleine journée, en plein centre-ville. Bof. «Rien à voir ici, circulez».

Pourtant, il n’y a pas si longtemps disais-je, la nouvelle aurait semé la consternation dans la ville de Vanier.

Le crime est survenu sur la rue Ethel, pas loin derrière de ce qui était autrefois l’église Notre-Dame-du-Saint-Esprit et son presbytère. Là, en plein là, où mes amis camelots et moi allions chercher nos copies du Droit pour ensuite les distribuer aux portes de Vanier.

À deux pas de là - non, même pas deux pas, à un pas de là - se trouvait, à l’époque, l’école élémentaire Baribeau fréquentée par des centaines d’élèves du jardin d’enfants à la sixième année.

Vous imaginez la terreur et la consternation dans la communauté si un tel crime était survenu durant ces années-là ? Une tentative de meurtre sur un adolescent devant une école, derrière une église et où les jeunes camelots du Droit se rassemblent. Je crois que la ville de Vanier aurait été mise en confinement jusqu’à ce que les coupables soient emprisonnés.

Aujourd’hui… ce crime est résumé dans un entre-filet dans les journaux locaux. La Police d’Ottawa le classera parmi toutes les autres tentatives de meurtre survenues sur son territoire et, d’un haussement d’épaules, on passera à autre chose.

Parfois je me demande, bien naïvement, à quel moment la société a dérapé.

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BEAU CADEAU DE FÊTE…

Changement de sujet…

Un lecteur prénommé Luc m’a écrit la semaine dernière. Il est en beau fusil et voici pourquoi:

«D’après une conversation que j’ai eue avec le Bureau de pension de vieillesse du Canada, je ne suis pas admissible à l’aide financière COVID-19 de 300 $ pour les aînés, a-t-il écrit.

«J’aurai 65 ans le 8 juin 2020 et je recevrai mon premier chèque de pension de vieillesse le mois ensuite, soit à la fin juillet 2020. Pour être admissible aux 300 $, il aurait fallu que je commence à recevoir ma pension de vieillesse en juin. Justice ? Quelle justice ?

Dédain libéral pour les aînés ?

—Luc.»

Bien non, mon cher Luc. Les libéraux ne dédaignent pas les aînés. Enfin, je ne pense pas.

Ce que j’en comprends, c’est qu’une ligne doit être tracée quelque part entre les personnes éligibles à cette aide gouvernementale et celles qui ne le sont pas. Et vous tombez malheureusement du «mauvais côté» de cette ligne. Tout près de la ligne, mais du mauvais côté. C’est choquant et frustrant, je vous comprends, mais c’est comme ça.

Bonne fête quand même Luc.

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FÊTE DES PÈRES

Parlant de fête… Ce sera bientôt la fête des Pères. (Le 21 juin pour ceux qui se posent la question).

Votre père est le meilleur au monde ? Vous avez une anecdote à raconter à son sujet ? Il est un homme «ordinaire» qui a accompli l’extraordinaire ? Sans lui la Terre tournerait tout croche ? Il est un père inspirant ?

Écrivez-moi et racontez-moi ça. J’aurai peut-être la chance de m’entretenir avec lui et partager son histoire avec nos lecteurs dans une prochaine édition de votre Droit.

Je vous rappelle mon adresse courriel: dgratton@ledroit.com