Denis Gratton
Avez-vous besoin de vêtements? Des robes, des pantalons, des t-shirts et le reste? Si oui, Ginette en a à profusion. Ces vêtements ne sont pas à donner, mais presque.
Avez-vous besoin de vêtements? Des robes, des pantalons, des t-shirts et le reste? Si oui, Ginette en a à profusion. Ces vêtements ne sont pas à donner, mais presque.

De mon ami Louis à la friperie

J’ai reçu des nouvelles de Louis Gohourou. Vous le connaissez? Non? Moi non plus.

Mais il m’a écrit — ou il m’a réécrit, devrais-je dire —- hier matin. J’avoue que j’étais un peu mal à l’aise puisque je ne me souvenais pas du tout de son premier courriel. Mais il m’a vite pardonné en m’écrivant «qu’avec tout ce qui se passe aujourd’hui sur internet, il y a de quoi à avoir des doutes».

Il est bien fin, M. Gohourou. Voici un extrait de son plus récent courriel:

« J’espère que vous allez très bien et que vous vous souvenez toujours de moi.Juste pour vous informer que la proposition de transaction bancaire que je vous avais proposée auparavant a été un succès avec l’aide d’un partenaire chinois résident en Inde.»

(Ichhh… Un Chinois résident en Inde. En ces temps de pandémie, c’est ce qu’on appelle avoir deux prises contre soi avant même d’aller au «batte». Mais bon. Je reprends le courriel de mon ami Louis.)

« Je vous ai proposé 10 % du montant après la transaction si vous gardiez le secret de cette affaire. Pour avoir gardé le secret de cette transaction jusqu’à son aboutissement et aussi pour honorer ma promesse, je vous ai laissé un chèque de trois cent cinquante milles euros auprès d’un citoyen français, employé à la chambre d’industrie et du commerce de France en Côte d’Ivoire.»

Je suis tombé en-bas de ma chaise. Je n’ai absolument rien fait, je n’ai pas bougé le petit doigt, et voilà que j’hérite de 350 000 euros! Je devais simplement garder un secret, c’est tout. Et je l’ai si bien gardé ce secret que je l’avais oublié! Heureusement que Louis me l’a rappelé dans son courriel.

Qu’il est honnête, mon ami Gohourou.

Son courriel a changé ma vie. J’en tremble. J’en ai les yeux plein d’eau.

Mais je dois me calmer. Parce qu’avant de pouvoir toucher ce magot, je dois d’abord communiquer avec un Français en Côte d’Ivoire. Voici ce que l’ami Gohourou m’a écrit:

«Je vous prie d’entrer en contact avec ce dernier (le Français) pour récupérer votre chèque bancaire le plus tôt possible. Dites-lui que vous venez de ma part. Son nom est Pierre Pellenard et voici son adresse courriel.»

Donc un petit courriel à ce M. Pellenard et le tour sera joué. Je serai riche. Je serai «gras dur». Je serai libre!

Maintenant vous m’excuserez, je vais répondre à mon ami Louis Gohourou pour le remercier du fond du coeur. Vous le connaissez? Non? Moi non plus. Mais je lui parlerai de vous, si jamais je le rencontre. Qui sai ? Vous serez peut-être les prochains à devoir garder un secret.

Et Dieu sait où cela vous mènera…

Les masques

Je suis passé à l’épicerie hier. Au Loblaws de Vanier, pour tout vous dire. Ça faisait drôle de voir tout le monde porter le masque.

Avant que le port du couvre-visage devienne obligatoire, c’était 50-50. La moitié des clients en portaient, l’autre moitié, non. Et la majorité des employés n’en portaient pas.

Mais hier, tout le monde était masqué et dans le même bateau. Et si vous aviez oublié votre masque, ou que vous ignoriez qu’il est maintenant obligatoire de le porter dans les lieux publics intérieurs d’Ottawa et de l’Est ontarien, on en vendait à la porte du commerce à 1 $ l’unité. Un masque jetable, non-réutilisable. Et une affiche indiquait que tous les profits de la vente de ces masques allaient être versés à la Fondation pour les enfants le Choix du Président. Une bonne cause, bref. Et une maudite bonne idée comme campagne de financement.

Je regardais tous ces gens masqués et je me suis dit qu’une bonne chose sortira de tout ça. Une belle chose. Avec cette obligation de se masquer, on apprendra tous à se sourire avec les yeux. Enfin, c’est ce que je me disais jusqu’à ce que…

«Un peu tannants ces masques, n’est-ce pas ?», me lance la caissière d’un ton irrité.

Bof… on va finir par s’y habituer, que je lui réponds d’un haussement d’épaules et avec un sourire dans les yeux.

«Ah oui!? Essayez de travailler huit heures consécutives avec ça sur le visage, vous. Vous m’en donnerez des nouvelles.»

Ouais… vu d’même. Disons que je me suis fermé le sourire.

FRIPERIE DE HULL À VIDER

En terminant…

Avez-vous besoin de vêtements? Des robes, des pantalons, des t-shirts et le reste?

Si oui, Ginette en a à profusion. Ces vêtements ne sont pas à donner, mais presque.

Ginette Boyer est la présidente de la Conférence de l’Île de la Saint-Vincent-de-Paul. Voici ce qu’elle m’a écrit:

«Nous avons une friperie qui déborde de bons vêtements. Il semble que toutes les femmes ont nettoyé leurs garde-robes lors de leur confinement. Il y aura donc une grande vente afin de libérer ce petit local. Nous avons des vêtements pour hommes, femmes, ados, enfants et bébés. Saisons été, automne, hiver. (Mais cette vente ne s’applique pas aux manteaux d’hiver).»

La friperie de la Conférence de l’Île se trouve au 109, rue Wright, dans le Vieux-Hull. Et cette vente se déroulera les samedis 11, 18 et 25 juillet, de 8 h à 16 h.

«Remplissez un sac de plastique blanc genre épicerie, fournis à notre caisse, et ne payez que la modique somme de 10 $ pour un sac », a écrit Mme Boyer.

Alors voilà. Si vous avez besoin de «linge», vous savez maintenant où aller.

Mais attention! Il y a un virus qui court depuis quelques mois. Et bien que Mme Boyer demande aux gens de porter un masque lors de leur visite à la friperie, il y a d’autres consignes à respecter, comme le lavage des mains et, dans ce cas-ci surtout, la distanciation physique.

N’entrez pas là comme si le coronavirus n’avait jamais existé.

C’est bien le fun de beaux vêtements (presque) neufs, mais on ne peut pas les porter couché dans un lit d’hôpital. Là, à l’hôpital, c’est la petite jaquette bleue qui vous découvre les fesses qui est de mise. Et ça, c’est moins beau…

Donc bon magasinage masqué, à deux mètres de l’autre, et avec un sourire dans les yeux.