Déjà présent à Gatineau, un tout nouveau marché Adonis ouvre ses portes ce matin, sur le boulevard St-Laurent, à Ottawa.

Adonis chez les Francos

CHRONIQUE / Un tout nouveau marché Adonis ouvre ses portes ce matin à Ottawa. Situé sur le boulevard St-Laurent, à deux pas du centre commercial du même nom, il s’agit du tout premier Adonis dans la capitale nationale.

Fondé en 1978 à Montréal et acquis par le géant Metro en 2011, Adonis compte 10 succursales au Québec, dont une à Gatineau, et trois autres dans la grande région de Toronto.

Je n’ai jamais visité ce « marché de distribution alimentaire ethnique d’origine libanaise », comme nous le présente Wikipédia. Ça manque à ma culture. Mais on me dit que c’est bien bon et que les prix sont raisonnables. Et puisque ce premier magasin d’Ottawa se trouvera à un jet de pierre de chez moi, j’ai bien l’intention d’aller y jeter un coup d’oeil au cours des prochains jours.

Sauf que…

Des clients du magasin Adonis de Gatineau ont remarqué au cours des dernières semaines que certains employés sont unilingues anglophones. Ce qui est évidemment inacceptable en territoire québécois.

Mais pour rassurer ses clients, la direction d’Adonis, voire de Metro, a placé des affiches dans le magasin gatinois expliquant que ces employés anglophones quitteront bientôt car ils sont simplement en formation pour le nouveau magasin... d’Ottawa.

Ayoye, ma francophonie ontarienne, me suis-je dit. Doit-on conclure que les employés du nouvel Adonis d’Ottawa seront pratiquement tous unilingues anglophones ? Parce que si c’est le cas, c’est un coup de pied en plein dans le trille.

Ce nouveau magasin Adonis s’établit dans l’est d’Ottawa. Or, selon Statistiques Canada, six des 23 quartiers d’Ottawa où habitent le plus grand nombre de francophones se trouvent dans... l’est. En fait, la moitié des quelque 132 000 Francos de la capitale habitent dans un rayon de 25 kilomètres de ce nouvel Adonis. On parle ici de plus de 65 000 clients potentiels qui aiment bien être servis dans leur langue maternelle dans les commerces de leur patelin.

Et c’est sans parler des quelques 50 000 Francos du comté de Prescott-Russell dans l’Est ontarien, pas très loin d’Ottawa, soit le seul comté à majorité francophone de l’Ontario où ils forment les deux tiers de la population.

Ça commence à faire pas mal de Franco-Ontariens à la messe, tout ça. Mais Adonis, voire Metro, aurait tout de même choisi d’ignorer cette forte présence francophone ?

Pas si vite le Franco, me répondra la direction de ce nouvel Adonis. Metro a fait ses devoirs.

« Au Adonis d’Ottawa, c’est un petit pourcentage d’employés qui auront de la difficulté ou qui seront incapables de s’exprimer en français, a dit la chef des communications de Metro, Geneviève Grégoire. La bonne nouvelle, c’est qu’il y aura des cours de français qui leur seront offerts après les Fêtes. Aussi, toute la publicité, les circulaires et l’affichage en magasin seront bilingues. Les francophones seront très bien servis. Ce sera une belle expérience client pour eux, comme c’est le cas dans les autres magasins Adonis », a-t-elle ajouté.

Vous avez bien lu, amis franco-ontariens. Une entreprise privée qui ouvre un magasin à Ottawa offrira des cours de français aux employés unilingues anglophones de son nouveau magasin. Je suis content que la chaise de mon bureau ne soit pas trop haute parce que la chute m’aurait grièvement blessé.

Chapeau Metro. Comme on dit : « on n’en demandait pas tant ». Mais croyez-moi, on va le prendre ! Un chaleureux « bienvenue chez nous » à vous. En espérant entendre les mêmes mots de votre part ce matin dans votre nouvelle succursale ottavienne.

Et en passant Mme Grégoire, si jamais il reste quelques places dans la classe de français en question, je connais quelques cadres et hauts fonctionnaires à la Ville d’Ottawa qui pourraient les occuper...