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Denis Gratton

Une réaction humaine

CHRONIQUE / À sa place, auriez-vous fait la même chose ?

On le surnomme BoroCop. Son vrai nom : Mark Borowiecki, défenseur chez les Sénateurs d’Ottawa.

Denis Gratton

«L’épicentre de la drogue»

CHRONIQUE / Les jours, pour ne pas dire les heures, sont comptés pour les « campeurs de Bayview ».

Ils sont une douzaine de sans-abri qui, depuis avril, vivent sous des tentes montées dans un boisé situé près de la station de train Bayview, au centre-ville d’Ottawa, à deux pas des plaines LeBreton. Avant, certains d’entre eux habitaient une maison de chambres de la rue LeBreton. Mais un incendie a ravagé cet immeuble en avril dernier et, faute de logements abordables, les sinistrés n’auraient eu d’autre choix que de se tourner vers le « camping urbain ». Et la plupart des résidents de ce campement improvisé s’étaient installés pour l’hiver en se maintenant au chaud par des chauffages au kérosène alimenté par des batteries de voiture.

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Mais triste ironie du sort – ce qui devait arriver arriva – un incendie s’est déclaré dans l’une des tentes la semaine dernière. Et les « campeurs » font maintenant face à un avis d’éviction, tant pour leur sécurité que pour celle du public.

Mais où les loger ? Où les diriger ?

La réponse évidente : l’Armée du salut ou les Bergers de l’espoir, dans le marché By. Ou encore tout autre endroit à Ottawa qui offre de l’hébergement d’urgence.

Le hic, c’est que ces « campeurs » ne veulent rien entendre de ces centres de refuge déjà débordés. Ils luttent déjà contre une dépendance, ils ne veulent pas être replongés là où les drogues de rue sont facilement accessibles. Leur chez-soi, leurs points de repère et les centres où ils reçoivent les traitements, les services et l’aide nécessaire à leur survie se trouvent tous à proximité de leur camping de fortune.

Le propriétaire de la tente incendiée, Justin Bolger, a déclaré à Radio-Canada, dimanche, que la Ville d’Ottawa leur aurait offert des chambres d’hôtel temporaires à Vanier. Il n’y a pas de Hilton à Vanier, même pas de Holiday Inn. Mais une chambre dans un petit hôtel de quartier coté d’une ou de deux étoiles est tout de même mieux que la rue. Mieux aussi qu’une tente de camping par nuit glaciale.

Mais lorsque la Ville aurait proposé ces chambres d’hôtel temporaires aux « campeurs de Bayview », Justin Bolger a répliqué :

« Nous sommes tous à différentes étapes de traitement de nos dépendances, et nous envoyer à l’épicentre de la drogue, ça ne va pas aider. […] La plupart d’entre nous font du bénévolat ici, au Centre de santé communautaire Somerset West. Pourquoi voudrions-nous aller à Vanier ? »

Ces gens tentent de se reprendre en main, de refaire un peu leur vie. La tâche est ardue. Les défis sont nombreux. Ils sont fragiles, vulnérables.

Et là, on voudrait les retirer de leur milieu, loin de leurs points de repère, loin de tout ce qui leur est familier et loin des gens qui leur ont tendu la main pour les aider, pour les parker dans ce qu’ils qualifient « l’épicentre de la drogue », là où tout pourrait vite basculer.

Ça en dit long, je trouve, lorsque les sans-abri eux-mêmes refusent de « séjourner » à Vanier.

Et dire que l’Armée du salut veut quitter le marché By pour s’installer dans un tout nouveau centre de refuge à… Vanier, et y aménager 140 lits de court séjour comme hébergement d’urgence.

Cherchez l’erreur.

Denis Gratton

Amanda Simard, la résistante (2e partie)

CHRONIQUE / La députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, est vite devenue une héroïne de la communauté franco-ontarienne, il y a un an, lorsqu’elle a tourné le dos au Parti conservateur de Doug Ford pour siéger comme députée indépendante à l’Assemblée législative de l’Ontario. Comme francophone de souche de l’Est ontarien, Mme Simard ne pouvait accepter que son parti impose à sa communauté des coupures qu’elle qualifie depuis d’injustes et d’injustifiables.

Son geste a été applaudi, tout comme son courage, sa détermination et son audace. Mais au cours de la dernière année, son étoile semble avoir un peu pâli aux yeux de certains élus municipaux de sa circonscription alors que ceux-ci n’ont pas raté une occasion de souligner l’absence de leur députée à certains événements tels le Banquet de la francophonie de Prescott-Russell, l’assemblée générale annuelle de l’Union des cultivateurs franco-ontariens et — surtout diront certains — aux inondations du printemps dernier qui ont fortement touché ce comté.

Denis Gratton

Les chansons de Noël

CHRONIQUE / Grande question existentielle pour vous ce matin, amis lecteurs : pourquoi aime-t-on les chansons et la musique de Noël ?

Pensez-y. Année après année, la radio et les centres commerciaux font tourner ces chansons pendant deux, trois et même quatre semaines consécutives, et pratiquement personne ne semble s’en lasser. Toujours les mêmes chansons, toujours les mêmes tounes. Oui, les interprètes varient. Le petit renne au nez rouge a sûrement été chanté et endisqué par au moins 500 artistes au fil des décennies. Mais ça demeure tout de même la même maudite chanson. Le petit renne que personne n’aime et au nez écarlate plus gros que sa tête, à la fin, il guide le chariot du père Noël. Désolé de vous vendre le punch…

Denis Gratton

L’inébranlable Michel Thibodeau

CHRONIQUE / Pour prendre une gorgée d’eau d’une fontaine de l’édifice de l’Est de la colline parlementaire, vous devez appuyer sur un bouton sur lequel est inscrit le mot « PUSH », sans équivalent français.

En ce qui me concerne, le mot « push » sur ces fontaines pourrait bien être inscrit en japonais ou en swahili, je suis pas mal certain que j’arriverais tout de même à comprendre qu’il faut peser sur ce bouton pour que l’eau surgisse.

Mais Michel Thibodeau ne voit pas les choses du même œil. Selon lui, ces fontaines d’eau du Parlement devraient aussi indiquer le mot « appuyez » ou « pesez ». Il a donc décidé de porter cette cause devant la Cour fédérale. Et il a eu de gain de cause.

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Quand une collègue m’a parlé de cette nouvelle avant même qu’elle soit diffusée, ma toute première réaction a été de dire : « pousse, mais pousse égal », sans même réaliser que j’y allais d’un jeu de mots.

Mais en me renseignant un peu plus sur cette cause, j’ai réalisé que M. Thibodeau a tout à fait raison. Oui, sa lutte est mineure si on la compare à d’autres luttes des communautés francophones du Canada. Il n’a pas sauvé un hôpital. Une université non plus. Il s’est toutefois assuré que notre langue et nos droits soient respectés partout, toujours et en tout temps au sein de l’appareil fédéral. Et ça, c’est un gain aussi important que tout autre gain réalisé par les francophones au cours des dernières décennies.

Voici ce que M. Thibodeau avait à dire lundi au collègue Jean-Simon Milette :

« Je me disais que c’était inconcevable qu’on puisse avoir un affichage unilingue anglais dans un édifice gouvernemental sur la colline du Parlement. C’est le berceau de la législature du pays, ça ne faisait aucun sens et il fallait que ça change. Des fois, on n’a pas le choix de le faire nous-mêmes sinon les choses ne changent pas. Les autres institutions fédérales devraient regarder ça et se dire : «il faut se réveiller et appliquer la Loi sur les langues officielles partout».

Il a raison. Si le gouvernement fédéral ne respecte pas une loi qu’il a lui-même adoptée, qui le fera !? Oui, c’est un peu banal, un «push» sur une fontaine d’eau. Ce n’est pas la lutte du siècle. Mais comme on dit : donnez-leur un pouce et ils prendront un mille.

Mais ce que je retiens surtout de la citation de ci-haut de M. Thibodeau, c’est la phrase : «Des fois, on n’a pas le choix de le faire nous-même sinon les choses ne changent pas».

Michel Thibodeau n’en était pas à sa première présence devant les tribunaux. On le connaît pour ses luttes acharnées contre Air Canada qu’il a accusée à deux reprises de violations répétées de ses droits linguistiques. Et ces deux causes se sont retrouvées en justice.

Le gars ne recule devant rien et il est armé d’une patience et d’une résilience hors du commun.

Je vous pose la question, amis Franco-Ontariens : auriez-vous la patience, vous, de lutter pendant trois ans pour qu’on ajoute le mot «appuyez» sur une fontaine d’eau qui n’affiche que le mot «push» ? Honnêtement, là. Livreriez-vous cette bataille ?

Moi, non. Je n’aurais ni la patience, ni la détermination, ni le temps et ni d’argent à risquer dans une telle aventure. Michel Thibodeau, lui, croit fermement que s’il ne le fait pas, que les choses ne changeront pas. Et on ne peut que lui donner raison.

Voici en terminant un extrait d’une entrevue que j’ai réalisée avec lui en octobre 2012 :

«J’aimerais qu’il y ait beaucoup plus de francophones qui fassent comme moi. Si beaucoup plus de francophones se tenaient debout et revendiquaient plus souvent leurs droits, je pense que les choses changeraient beaucoup plus vite. »

Puis en parlant de ses deux luttes contre Air Canada et de toutes les insultes, les lettres haineuses et les menaces qu’il a reçues simplement pour avoir revendiqué ses droits, il a répondu :

«J’avais deux choix. Défendre mes droits ou baisser les bras. Et cette dernière option n’existe pas dans mon livre. Parce que si je baisse les bras, ce seront tous les francophones du Canada qui perdront leurs droits. Et je ne pourrais pas vivre avec ça.»

Denis Gratton

Des passagers de deuxième classe

CHRONIQUE / On apprenait dans notre édition de lundi qu’il est pratiquement impossible d’être servi en français dans les concessions de l’aéroport international Macdonald-Cartier d’Ottawa.

Que ce soit dans les Tim Hortons des lieux, dans les dépanneurs Relay, au restaurant Harvey’s ou au bureau de change, c’est partout pareil, les francophones se butent au sempiternel « sorry, I don’t speak French ».

Denis Gratton

L’immense défi de Mona Fortier

CHRONIQUE / Ainsi, les gens d’Ottawa-Vanier peuvent maintenant compter sur une ministre pour les représenter à la Chambre des communes. Chapeau Mme Mona Fortier.

Certains observateurs de la scène politique ont qualifié cette nomination de « surprenante ». Elle l’est un peu, en effet, étant donné que la députée d’Ottawa-Vanier a été plutôt discrète depuis son entrée au Parlement canadien au printemps 2017. Oui, elle est de toutes les causes et de toutes les activités qui se déroulent dans sa circonscription. Préparez un spaghetti pour 200 personnes ou brandissez un drapeau franco-ontarien et elle y sera. Mais politiquement et médiatiquement parlant, c’est vrai qu’elle a rarement été sous les réflecteurs.

Denis Gratton

Adonis chez les Francos

CHRONIQUE / Un tout nouveau marché Adonis ouvre ses portes ce matin à Ottawa. Situé sur le boulevard St-Laurent, à deux pas du centre commercial du même nom, il s’agit du tout premier Adonis dans la capitale nationale.

Fondé en 1978 à Montréal et acquis par le géant Metro en 2011, Adonis compte 10 succursales au Québec, dont une à Gatineau, et trois autres dans la grande région de Toronto.

Denis Gratton

Détester la lune

CHRONIQUE / Comment aborder ce sujet sans tomber dans l’humour facile ? Ou pire, dans la scatologie, voire le pipi-caca.

Demain, 19 novembre, est la Journée mondiale des toilettes. Oui, des toilettes. Le bol blanc. Le trône.

Denis Gratton

Un combat de tous les instants

CHRONIQUE / Il y a un an, jour pour jour, le ciel tombait sur la tête des Franco-Ontariens.

Adieu Commissariat aux services en français. Adieu ministère des Affaires francophones. Adieu Université de l’Ontario français. Le nouveau premier ministre conservateur de l’Ontario, Doug Ford, avait tranché.

Denis Gratton

Mon premier Noël sans toi

CHRONIQUE / Nathalie Gaudet et sa sœur Chantal s’aimaient pour la vie.

« Chantal et moi avons grandi ensemble, nous avons dormi ensemble pendant 18 ans avant de partir pour l’université, dit Nathalie. Chantal s’amusait à dire à mon copain : «J’ai dormi plus longtemps avec Nathalie que toi», ajoute-t-elle en riant.

«Puis on a élevé nos familles, reprend-elle. Chantal a eu une fille, j’en ai eu trois. On ne se voyait plus aussi souvent qu’on le voulait. Mais au cours des dernières années, on chantait ensemble dans la chorale Mirage, ça nous avait beaucoup rapprochées puisqu’on se voyait chaque semaine. L’amour d’une sœur, je pense que c’est inconditionnel. Et je l’ai toujours senti avec ma sœur.»

Puis Chantal est partie. Presque sans avertissement. Les médecins lui ont diagnostiqué un cancer en mai 2016. 

Elle a rendu l’âme deux mois plus tard, le 6 juillet, deux jours après avoir souligné ses 53 ans.

«On lui a découvert un cancer de stade 1 à l’utérus, explique Nathalie. Ce n’était pas si grave, le stade 1. Le cancer est parti, tout allait bien. Mais les médecins ont fait un scan de son abdomen et ils ont découvert que Chantal était atteinte d’un cancer de stade 4 aux poumons. On ne s’attendait vraiment pas à ça, elle qui n’avait jamais fumé une cigarette de sa vie.»

Nathalie était désemparée. Sa grande sœur, sa meilleure amie, sa confidente était partie à tout jamais.

«Après le départ de Chantal, dit-elle, j’allais à des funérailles un peu partout à Hull à Aylmer, même si je ne connaissais pas le défunt. J’y allais parce que je trouvais que les paroles du prêtre ou du célébrant m’aidaient et me réconfortaient.»

Le premier Noël

Décembre approchait. Les Fêtes, les partys, les réunions de famille… la joie. Nathalie appréhendait ces moments. Comment allait-elle pouvoir passer ce premier Noël sans sa sœur ? Chantal et Noël allaient de pair. «Ma sœur préparait des super beaux soupers de Noël, se souvient-elle. Elle adorait Noël.»

Nathalie a décidé de se joindre au groupe d’entraide et de soutien «Mon premier Noël sans toi», d’Entraide-Deuil de l’Outaouais. 

Il s’agit d’une occasion pour les personnes endeuillées de vivre un rassemblement de Noël (le premier samedi de décembre), encadrées par des animateurs, afin de mieux se préparer aux rencontres familiales et d’amis du temps des Fêtes.

«J’avoue que j’étais un peu gênée au début, dit Nathalie. Mais les gens présents étaient tellement allumés. Ils étaient une cinquantaine d’hommes et de femmes qui vivaient les mêmes choses que moi. Finalement, c’était comme une thérapie de groupe. Au début, je ne parlais pas beaucoup. Puis je me suis dit que si je voulais que ça m’apporte quelque chose, qu’il fallait que je participe. Et je me suis vite rendu compte que je pouvais aider les autres avec mes commentaires, comme eux m’aidaient. J’ai vite compris que le partage était important.

«J’ai découvert la sagesse des autres, poursuit-elle. Certains témoignages étaient très émouvants et très touchants. «Mon premier Noël sans toi» m’a aidée à préparer comment je voulais vivre Noël. Où je voulais aller, qu’est-ce qui était important, à quel moment Chantal allait entrer dans ce moment de fin d’année. J’ai pris le temps de réfléchir. Et ça m’a permis de mettre tout ça en place.

—Et comment s’est passé ce premier Noël sans votre sœur, Nathalie ?

—C’était bien. C’est sûr que le focus ne pouvait plus rester sur Chantal. Il y avait du monde, il y avait de la vie. La vie est forte et elle reprend le dessus. Ce n’est pas en groupe que c’est difficile, parce que là, c’est plaisant. Tu manges, tu ris, les enfants et les petits-enfants sont là, ça bouge. C’est quand on est seul que c’est plus difficile. Alors je pleurais avant et après, laisse-t-elle tomber en souriant.

«J’ai trois filles, deux petits-enfants, la vie est pleine de belles choses, ajoute-t-elle. Mais il me manquera toujours une grosse partie en moi.»

Denis Gratton

Patrick Lormand ne sera jamais oublié

CHRONIQUE / Le village de Chute-à-Blondeau s’est souvenu dimanche.

L’église était bondée. Une exposition de milliers de coquelicots de laine fabriqués par les membres du Cercle des Fermières de ce village de l’Est ontarien décorait magnifiquement et dignement les lieux. Et les gens se sont souvenus. De leur fils. De leur ami. De leur frère d’armes. De l’un des leurs décédé il y a 10 ans.

Denis Gratton

Quand Phénix ne répond plus

CHRONIQUE / Après 35 années de services à la fonction publique fédérale, le Gatinois Jacques Desrosiers comptait bien profiter d’une douce retraite bien méritée.

Traducteur de profession, il a été embauché au gouvernement fédéral à l’âge de 35 ans. « J’ai étudié, j’ai été à droite puis à gauche et, à un moment donné, je suis devenu un bon petit garçon au milieu de la trentaine et j’ai débuté ma carrière au gouvernement, dit-il en souriant. C’est la raison pour laquelle j’ai pris ma retraite à l’âge de 70 ans. Mais j’ai donné 35 ans au gouvernement, c’est un gros morceau de ma vie. »

Denis Gratton

Là où il fait bon vivre

CHRONIQUE / J’aurais peut-être dû choisir Cantley…

Il y a une vingtaine d’années, ma conjointe et moi avons décidé de vivre l’aventure de la campagne. De s’établir loin de la ville, au grand air frais, en pleine nature et vivre au rythme des saisons.

Denis Gratton

Plumer le pauvre monde

CHRONIQUE / On en compte dix sur un tronçon d’un kilomètre du chemin de Montréal, en plein cœur du secteur Vanier. Si on ratisse un peu plus large, ce serait 33 de ces endroits qu’on retrouve dans un rayon de cinq kilomètres dans l’est d’Ottawa.

Je vous parle des sociétés de services financiers qui offrent des prêts sur salaire, l’encaissement de chèques, la préparation des déclarations d’impôts et des transferts de fonds « aux personnes vulnérables qui ont peu de moyens financiers », comme les a déjà décrites le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury.

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La maison hantée des Sauvé

CHRONIQUE / Il y a des maisons décorées pour l’Halloween, et il y a des maisons DÉCORÉES pour l’Halloween.

La maison du Gatinois Gilles Sauvé Jr tombe dans la deuxième catégorie. Ou plutôt elle trône dans la deuxième catégorie. Complètement « ca-po-té » comme endroit. Hallucinant.

Denis Gratton

Ma rencontre avec Valérie

CHRONIQUE / Je ne sais pas si beaucoup de gars de Hull voulaient être à sa place ce matin-là, mais je devine que oui…

C’était à l’automne 1969, il y a 50 ans. Philippe Racine, alors âgé de 19 ans, était étudiant au Cégep de Hull et gérant adjoint à temps partiel au Cinéma Cartier de la rue Principale, renommée depuis la promenade du Portage.

Denis Gratton

Sabryna Mongeon bientôt maman

CHRONIQUE / La Gatinoise Sabryna Mongeon s’est courageusement accrochée à la vie dans la nuit de Noël de 2017. Le 5 novembre prochain, elle donnera la vie. « Le miracle de Noël », comme l’ont surnommée les médecins, deviendra maman d’un garçon.

« La date prévue était le 8 novembre, a dit sa mère, Sophie Robertson. Mais le 8 tombe la fin de semaine (un vendredi). Alors ils ont devancé l’accouchement au (mardi) 5 novembre afin que tous les médecins et les spécialistes y soient pour Sabryna, au cas où. Mais Sabryna va bien. Ça 'regarde' bien », a-t-elle ajouté d’un ton confiant.

Denis Gratton

Les «soirées Bistro»

CHRONIQUE / Je suis de la génération disco des années 1970. De ces jeunes qui s’entassaient dans les discothèques et les sous-sols d’églises pour danser sous les boules miroirs au rythme des Bee Gees, KC and the Sunshine Band, Diana Ross et tant d’autres.

Dans mon coin de Vanier, c’était au sous-sol de l’église Marie-Médiatrice qu’on se donnait rendez-vous, là où une discothèque du nom de Mystery Ship assurait la musique. (Je parie que certains d’entre vous n’avaient pas entendu ce nom — Mystery Ship — depuis des décennies… On ne rajeunit pas la gang).

Denis Gratton

«Bravo mon gars»

« Je ne pensais jamais avoir les larmes aux yeux en regardant une soirée électorale », m’a lancé ma conjointe lundi soir.

C’était effectivement un moment touchant et émouvant. Un moment d’amour père-fils qui nous a rappelé que derrière la politique, il y a des humains, des hommes, des femmes, des familles.

Denis Gratton

La famille Gadouas: le secret de la longévité

CHRONIQUE / Dans la famille Gadouas de Saint-Isidore dans l’Est ontarien, toutes les raisons sont bonnes pour se rassembler entre frères et sœurs.

Lundi, c’était dans un restaurant d’Ottawa qu’ils se sont donné rendez-vous pour fêter Lucienne qui célébrera bientôt ses 91 ans. Lucienne n’est pas l’aînée de cette famille de neuf enfants. Cet honneur revient à son frère, Conrad, qui lui a 93 ans. « Et j’ai toujours mon permis de conduire », souligne-t-il fièrement.

Denis Gratton

La Journée de l’affaire « personne »

CHRONIQUE / « Manon.

— Oui Denis ?

— T’es chanceuse.

— Ah bon. Et pourquoi dis-tu ça ?

— Si nous vivions 90 années dans le passé, en 1929, tu ne serais rien. Tu ne serais même pas reconnue comme une personne.

— Mais de quoi parles-tu encore ?

— Aujourd’hui, en ce 18 octobre, on célèbre la Journée de l’affaire «personne» au Canada. 

— Devrais-je allumer des chandelles ? Décorer le salon ? Aller acheter un gâteau ?

— Ce n’est pas bête. Le fait que tu sois maintenant reconnue comme une personne mérite bien une petite célébration. T’arrêteras au LCBO pour une bouteille de champagne en allant chercher le gâteau.

— T’as hâte que je te le demande, n’est-ce pas ?

— Que tu me demandes quoi, Manon ?

— Que je te demande où tu vas avec tes niaiseries.

— Mais je ne niaise pas ! Il y a 90 ans, les femmes n’étaient même pas reconnues comme des personnes. Le mot «personne» ne s’appliquait qu’aux hommes. Vous, les femmes, étiez des… des…

— Des quoi, Denis Gratton ?

— Mais je ne sais pas moi ! Des moins que rien, je devine.

— Tu la veux devant ou derrière la tête, ma claque ?

— Mais ce n’est pas moi qui le dis ! Écoute bien. Je te lis un passage sur cette Journée de l’affaire «personne» au Canada : «Ce jour-là, le 18 octobre 1929, le plus haut tribunal d’appel au Canada a rendu une décision historique : les femmes seraient incluses dans la définition du mot «personne» au sens de la loi. C’est ainsi que les femmes ont eu le droit de siéger au Sénat, ce qui a mené à une participation féminine grandissante à la vie publique et politique». Incroyable, n’est-ce pas ? Et aujourd’hui, chaque 18 octobre, on décerne à cinq Canadiennes les Prix du Gouverneur général en commémoration de l’affaire «personne».

— Donc tout ça tournait autour du droit des femmes de siéger au Sénat, si je comprends bien ?

— C’est à peu près ça, oui. Les gouvernements disaient que si le mot «personne» ne s’appliquait qu’aux hommes et que seules des «personnes qualifiées» pouvaient être nommées au Sénat, alors seuls les hommes pouvaient y siéger. Et les tribunaux leur donnaient raison. C’était d’un mépris scandaleux. Justin Trudeau devrait s’en excuser.

— En quelle année les femmes ont-elles obtenu le droit de vote au Canada ?

— Attends, je vais demander à Google. Voilà. En 1917 en Ontario et en 1940 au Québec.

— Donc certaines femmes avaient le droit de voter dans les années 1920, même si elles n’étaient pas reconnues comme des personnes au sens de la loi ?

– Pourvu qu’elles votaient pour un homme, j’imagine. C’est-à-dire pour une personne. Une VRAIE personne. Donc un homme.

— Tu la veux vraiment ma claque, hein Denis ?

— Mais pourquoi te choques-tu contre moi Manon ? Je n’y étais pas en 1929. Je trouve ça aussi barbare que toi. Ça n’avait pas de maudit bon sens.

— En effet. Et il n’y a pas si longtemps que ça, quand on y pense. Il y a à peine 90 ans. Cela veut donc dire que nos grands-mères n’étaient pas reconnues comme des personnes.

— C’est bien vrai. Et ma mère est née en 1927, elle est donc venue au monde une «non-personne». Mais je n’aurais pas voulu être celui choisi pour lui annoncer. Ichhh… Cette PERSONNE aurait passé un mauvais quart d’heure.

— Heureusement que les choses ont changé.

— Ouais… Alors Manon, tu y vas ?

— Où ça ?

– Acheter du champagne et un gâteau qu’on célèbre cette journée spéciale.

— Idiot.

— (Non-personne).

— Pardon ? Qu’as-tu dit là, Denis Gratton ? À qui parles-tu ?

— À… À… À personne. »

Denis Gratton

Bonjour Welcome

CHRONIQUE / Alors que la chicane est pognée au Québec sur la question « Bonjour Hi », les Franco-Ontariens renouvellent leur campagne « Bonjour Welcome ». Comme quoi nous sommes parfois deux solitudes entre francophones du même pays…

La situation est cependant bien différente entre ces deux provinces, je ne vous apprends rien. Au Québec, les francophones sont majoritaires et, selon plusieurs, la seule langue d’accueil devrait être le français. En d’autres mots, le « Hi » n’a pas sa place dans les commerces de la Belle Province.

Denis Gratton

Le jour de la marmotte

CHRONIQUE / La Ville d’Ottawa embauche tellement de gens unilingues anglophones dans des postes de cadre que ce n’est plus une classe de français qu’elle aura besoin, mais bien d’une école !

On apprenait la semaine dernière que le conseil municipal d’Ottawa a accepté de faire exemption à sa politique de bilinguisme — une cinquième fois en moins de quatre ans — afin d’embaucher deux membres de sa haute direction. Ces deux personnes devront suivre une formation linguistique obligatoire offerte par la Ville, comme le stipule la politique sur le bilinguisme de la Ville.

Denis Gratton

Tout le monde en parle...

CHRONIQUE / Il n’y a pas à dire, Denise Bombardier ne laisse personne indifférent…

J’ai rédigé une chronique lundi dernier (publiée mardi) à la suite du deuxième passage de Mme Bombardier à l’émission Tout le monde en parle (TLMEP). Le titre de ce papier: «Restez chez vous, Mme Bombardier». Ce titre résume assez bien mes propos…

Vous avez été nombreux à réagir à cette chronique. Très nombreux. En fait, j’ai rarement reçu un si grand nombre de courriels pour une seule chronique. Des courriels provenant d’un peu partout au Québec et en Ontario. Approximativement trois quarts des lecteurs et lectrices qui m’ont écrit se sont dits d’accord avec moi. Les autres, non. Et c’est bien correct. On a tous droit à notre opinion. Et quand notre métier consiste à publier notre opinion dans un quotidien, il faut s’attendre à parfois recevoir des fleurs, parfois recevoir les pots.

Je partage aujourd’hui avec vous des extraits de certains courriels reçus au cours des derniers jours. 

Allons-y d’abord avec « les fleurs »:

—«Merci beaucoup de mettre sur papier le fond de nos pensées. Elle (Mme Bombardier) devrait se tenir loin des studios de télévision. Partout où elle passe dernièrement, elle fait des ravages.»

Manon L.

—«Merci pour votre article qui m’a fait sourire d’un bout à l’autre. Je n’ai aucune prétention de connaître les francophones hors-Québec, mais ils me semblent bien plus courageux et engagés envers leur langue et leur culture que ne le sera sans doute jamais Mme Bombardier. Nous la reverrons sans doute à TLMEP nous dire à quel point elle n’a pas été comprise.»

Carmen R.


—«Je trouve que vous avez une bonne réponse à tout ce cirque. Quand j’ai vécu dans l’Ouest canadien, j’évitais toujours de corriger ou reprendre les francophones. Ça les mettait en confiance et ils étaient plus portés à me parler en français. Bon travail.»

Michel S.


—«Que j’aime votre article vrai et sincère d’un authentique Franco-Ontarien. Je suis Québécois et j’appuie sans réserve les minorités francophones au pays. Que ces gens parlent leurs dialectes ou variantes de notre belle langue m’importe peu, car il s’agit de l’épice qui différencie la recette de matante Thérèse et celle de grand-maman. Le tout forme une langue vivante. Merci M. Gratton et keep up votre bon travail.»

Denis P.


—«Tu as dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. J’ai grandi dans le petit village de Earlton, dans le Nord de l’Ontario, un petit village pratiquement 100 % francophone et fier de l’être. Comme bien des endroits dans le Nord de l’Ontario, des Québécois venus de partout se sont installés à Earlton pour bâtir leur vie et ils y sont restés pour toujours. Ils sont aujourd’hui de fiers Franco-Ontariens. Ce que Mme Bombardier a dit, je l’ai souvent entendu, et c’est désolant.»

Roch G.


Et pour ma préférée dans ces petits échantillons des « fleurs », ce courriel de mon ami Zachary Richard:

— «Cher Denis, J’ai lu avec beaucoup de plaisir ta pièce sur notre Denise infernale. D’accord avec toi sur toute la ligne. Tout ce remous a l’avantage de nous obliger à se questionner sur le pourquoi et nous même. Lâche pas la patate, bien qu’elle devient chaude. Amitiés.»

Zachary


Passons maintenant aux pots:

—«C’est peut-être vous, M. Gratton qui dites n’importe quoi. Si Mme Bombardier vous a laissé complètement indifférent, vous n’auriez pas écrit votre article. Pensez-y deux fois avant de dire que cette madame ne connaît rien. Je serais bien curieux de mettre vos connaissances à côté de celles de Denise Bombardier. Pas sûr que vous feriez bonne figure. Respectueusement, respectez les autres s’il vous plaît.»

Paul H.


—«Comment pouvez-vous affirmer que le documentaire (Denise au pays des Francos) est bidon si vous ne l’avez pas vu, pauvre bonhomme ! Elle ne serait pas allée, vous auriez dit qu’elle parle au travers son chapeau; elle prend la peine d’y aller, vous n’aimez pas le portrait qu’elle dépeint de votre communauté, appuyé par Statistiques Canada. Lorsqu’on est aveugle, on n’aime pas se le faire dire.»

Jean-Eudes B.


—«M. Gratton, arrêtez de jouer les vierges offensées et n’essayez pas de nous faire croire que le français se porte bien à l’extérieur du Québec, votre jupon dépasse, on sent les effluves de la jalousie dans vos remarques.»

Michel T.


Je termine avec mon «pot» favori:

— «Seriez-vous victime des effluves de drogues et/ou des produits enivrants pour écrire pareil article ? Votre état second vous fait-il divaguer ? Je le crois ! Étant né et ayant grandi dans l’Est de l’Ontario, j’ai compris, très jeune, que les Francos ne seraient jamais considérés à leur juste valeur et qu’ils vivaient sous une tente d’oxygène, mourant à petit feu. J’ai choisi de m’établir au Québec pour y pratiquer ma profession et ne pas souffrir de la discrimination et de l’absence de considération des Ford de ce monde. Un conseil gratuit: sortez de chez vous à jeun, Monsieur Gratton !»

Me Alain V.

Merci Maître. Je prendrai votre «conseil gratuit» en considération… hic !

Denis Gratton

Restez chez vous, Mme Bombardier

CHRONIQUE / «Puis… ? Qu’as-tu pensé du passage de Denise Bombardier à Tout le monde en parle (TLMEP), hier soir ? », me demande un collègue lundi matin.

Ce que j’en ai pensé ? J’en ai pensé la même chose que la dernière fois qu’elle a été invitée à TLMEP et qu’elle a dit que toutes les communautés francophones hors Québec ont à peu près disparu. Elle parle à travers son chapeau et c’est du n’importe quoi. Denise Bombardier ne m’a pas choqué. Elle ne m’a pas amusé. Elle m’a laissé complètement indifférent. Comme la dernière fois.

En fait, il n’y a qu’une seule différence entre ses deux apparitions à TLMEP. La première fois, en octobre 2018, elle a provoqué pour vendre son autobiographie. Et cette fois-ci, elle a provoqué pour « vendre » le documentaire Denise au pays des francos. Provoquer et faire parler d’elle, c’était sa mission. Comme disait ma grand-mère : « parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en !».

Et aujourd’hui, bien… tout le monde en parle. Mission accomplie, Madame.

Je reviens à ce documentaire Denise au pays des francos. Après sa déclaration-choc à TLMEP, à l’automne 2018, Mme Bombardier a été conviée par la firme Manito Média à un voyage à travers la francophonie hors Québec. Une invitation qu’elle a acceptée.

Sauf que son petit voyage estival « au pays des Francos » s’est résumé à de très brèves rencontres dans des cuisines et des cafés du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et du Manitoba. Point. Et elle en est revenue en disant que son opinion sur la présence du français hors Québec n’a pas vraiment changé.

Évidemment qu’elle n’a pas changé d’opinion. On ne peut pas saisir la réalité de ces communautés en quelques minutes ou en quelques heures tout en étant constamment devant l’œil d’une caméra. Il faut s’y imprégner. Il faut s’y attarder. Il faut la vivre, cette réalité.

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Tout le monde en parle...

Si je peux affirmer aujourd’hui que les Acadiens de la Nouvelle-Écosse (oui, de la Nouvelle-Écosse, Mme Bombardier) forment une communauté vibrante et dynamique, c’est parce que j’ai séjourné trois semaines dans leur magnifique coin de pays. Trois semaines à rencontrer les Acadiens du coin, à casser la croûte avec eux, à rire avec eux, à discuter. À apprendre, par exemple, qu’ils ont leur propre conseil scolaire francophone, leur réseau de caisses populaires, leur hebdomadaire Le Courrier de la Nouvelle-Écosse qui a été fondé il y a 82 ans, leur université (!) et leurs entreprises dirigées par des francophones qui embauchent majoritairement des francophones.

Si je peux affirmer aujourd’hui que les Fransaskois sont de fiers francophones, c’est parce que j’ai passé une semaine avec eux, il y a trois ans. Et c’est la même chose pour les Franco-Ontariens du Nord, du Sud et de partout ailleurs en province que j’ai eu la chance de visiter à maintes reprises. Allez dire à ces gens qu’ils sont en voie de disparition et vous serez à tout jamais la risée de leur communauté.

Mme Bombardier a rajouté une couche à ses propos insignifiants, dimanche, en disant que les Franco-Ontariens parlent une langue inintelligible pour les Québécois. 

Misère… Quand je disais que c’est du n’importe quoi pour simplement provoquer, en voici l’exemple parfait. Mais c’est vrai que je ne comprends rien lorsque j’entends Véronic DiCaire en entrevue. Même chose pour Katherine Levac, je ne comprends absolument rien de ce qu’elle dit sur scène. Roy Dupuis ? Du chinois. Denise Robert ? Inintelligible. Jean-Marc Dalpé et Daniel Poliquin ? Illisible.

(Soupir…) Faites-nous une faveur, Mme Bombardier et, la prochaine fois, restez donc chez vous. Et sachez que je ne regarderai pas votre documentaire bidon. Des gens qui viennent nous visiter dans l’unique but de nous ridiculiser, de nous insulter, de nous provoquer et de nous dénigrer sans même nous connaître, nous en avons soupé.

Restez chez vous, Madame, et tout le monde s’en portera mieux. 

Denis Gratton

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Denis Gratton

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Récipiendaire de l’Ordre du Canada, M. Bergeron, 73 ans, est retraité depuis quelques années. Il a cependant repris le collier en avril dernier. Pas comme journaliste, ni comme éditeur, mais bien comme célébrant de funérailles.