Denis Gratton

Prier pour un miracle

CHRONIQUE / Les prévisions météorologiques sont sombres. Mercredi soir, Environnement Canada émettait un avertissement de pluie abondante pour l’Outaouais et la grande région d’Ottawa. Cet avertissement a été haussé à une alerte jeudi matin.

« De 25 à 50 mm de pluie pourraient tomber d’ici vendredi soir, pouvait-on lire sur le site de ce ministère fédéral. La pluie passagère pourrait persister jusqu’à samedi et une quantité supplémentaire est possible », prévenait-on.

Denis Gratton

Alerte aux alertes

CHRONIQUE / « De la pluie parfois forte se propagera sur la région ce soir et cette nuit et persistera jeudi. D’importantes quantités généralisées de pluie, soit de 20 à 30 mm, sont probables d’ici tard jeudi et on prévoit une quantité de pluie additionnelle vendredi….».

Le paragraphe précédent a été publié sur le site d’Environnement Canada il y a deux ans. Jeudi 6 avril 2017, pour être exact. Ce ministère fédéral lançait ainsi une alerte. Une alerte de pluie abondante et des conséquences possibles de ces importantes précipitations.

Denis Gratton

«Notre place» sur la plaque

Je détestais cette chansonnette. Peut-être parce que je ne comprenais pas ses paroles qui étaient en anglais. J’étais enfant. À une époque où l’anglais était du chinois pour moi.

Mais à chaque sortie scolaire, en rentrant à la maison à bord du gros autobus jaune, il y avait toujours un ou une collègue de classe qui entonnait cette chanson pour entraîner les autres. Puis presque tout le monde chantait en chœur. Pas moi.

Ça voulait dire quoi « give us a place to stand, give us a place to grow, and call this land Ontario » ? Et pourquoi chantions-nous en anglais ?

Faut dire que cette chanson était populaire à l’époque. Elle se voulait l’hymne non officiel de l’Ontario et on la faisait tourner en boucle dans le pavillon de cette province à l’Expo 67 à Montréal. Elle était catchy, comme dirait l’autre langue officielle.

Mais moi, je la détestais. Et voilà qu’elle revient « par la bande ».

On apprenait la semaine dernière que les nouvelles plaques d’immatriculation de l’Ontario ne porteront plus le slogan Yours to discover, ou Tant à découvrir dans sa version française. Elle sera remplacée par A place to grow. Comme dans la vieille chanson fatigante de 1967.

Et la version française de ces nouvelles plaques ontariennes ne sera guère mieux. En plein essor, pourra-t-on dorénavant lire sur les plaques des Franco-Ontariens qui en feront la demande. (Parce qu’il faut en faire la demande.)

En plein essor ? Vraiment ? Mais ça veut dire quoi au juste ?

Le Larousse définit le mot « essor » comme suit : « Mouvement par lequel une entreprise, une activité, etc. se développe rapidement, progresse. » Et on offre l’exemple : « L’Industrie électronique est en plein essor. »

Pas très représentatif des Francos, si vous me demandez mon avis. S’il y a une chose que les Franco-Ontariens ne sont pas depuis l’élection de Doug Ford, c’est bien « en plein essor ». Je dirais plutôt que nous sommes en plein déclin. Redonnez-nous notre université et notre commissariat et on pourra alors commencer à parler d’un « essor ». Mais pas avant.

Alors on inscrit quoi en français sur les plaques d’immatriculation ?

Nous sommes, nous serons ? Peut-être.

L’avenir est à ceux qui luttent ? Peut-être aussi.

Mais simplifions les choses. Allons-y avec deux mots. Deux mots qui résument tout : « Notre place ».

Car si A place to grow est l’hymne non officiel de l’Ontario, Notre place est certes l’hymne des Francos.

Et contrairement à l’hymne des anglos, le nôtre est OFFICIEL ! Le 2 mars 2017, les députés à Queen’s Park adoptaient presque à l’unanimité une motion qui reconnaissait ce qui suit :

« Que de l’avis de l’Assemblée (législative de l’Ontario), la chanson Notre place écrite par Paul Demers et François Dubé soit reconnue comme l’hymne officiel des francophones de l’Ontario ; et que cet hymne devienne une célébration de la contribution des Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens de tous horizons à la province. »

Alors oublions le slogan En plein essor et allons-y plutôt avec nos mots, nos paroles, notre hymne, Notre place.

Ce sont des mots qui sont les nôtres. Nous sommes ici, chez nous, en Ontario. Et en prime, c’est une chanson qui s’entonne très bien dans un autobus scolaire…

Denis Gratton

Retour en arrière ?

CHRONIQUE / Je l’ai dit et je le redis, les tenanciers de bars du secteur Hull s’attirent des ennuis. Ou comme dirait le Franco-Ontarien en moi capable des meilleurs anglicismes : ils « cherchent le trouble ».

Une proposition de projet pilote pour que les bars du secteur Hull puissent demeurer ouverts jusqu’à 3 h sera présentée au conseil municipal mardi. 

On dit que ce projet pilote sera d’une durée de neuf mois et qu’il débutera le jeudi 16 mai prochain. Et paraît-il que la majorité des élus municipaux sont en faveur de ce changement.

Denis Gratton

À en perdre la boussole

CHRONIQUE / L’idée n’est pas bête. Mais Dieu que ce serait mélangeant !

La députée provinciale d’Orléans, Marie-France Lalonde – celle qui sera candidate dans la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario dans quelques mois – a déposé un projet de loi privé à Queen’s Park, mercredi, par lequel elle demande que l’Ontario passe à l’heure avancée en mars 2020 et que la province y reste à tout jamais.

Denis gratton

Le chemin parcouru

CHRONIQUE / Peut-on se fier à une épinglette ?

C’est le jour J, aujourd’hui. Le dépôt du premier budget de Doug Ford depuis que celui-ci est à la tête de l’Ontario.

Denis Gratton

À faire rougir de peur

CHRONIQUE / C’est ce qu’on appelle «avaler son café de travers».

Je lisais mon Droit lundi matin, comme tous les matins. Les yeux encore à moitié fermés, la tête encore un peu embrouillée, le corps encore un peu ankylosé. Pas drôle, vieillir. Mais un peu de café et tout rentrera dans l’ordre.

Denis Gratton

«The Pot Shop» (2)

Mettons que vous vendez du pot. Que vous avez gagné la « loterie ontarienne », que vous avez obtenu une licence d’exploitation pour un magasin de cannabis et que votre boutique se trouve à Ottawa.

Vous étudiez votre marché et vous vous rendez compte qu’un grand nombre de francophones habitent Ottawa et la grande région de la capitale nationale. La gang de Francos de l’Est ontarien, c’est à Ottawa qu’ils se rendront pour se procurer du cannabis. Il n’y a pas de boutique de pot à Casselman, à Embrun, à Clarence-Rockland, à Plantagenet ou ailleurs dans cette immense région majoritairement francophone que sont les Comtés unis de Prescott et Russell.

Denis Gratton

«The Pot Shop»

CHRONIQUE / William avait l’air heureux. Comme un poisson dans l’eau.

Je devine qu’il est âgé de 22 ou 23 ans. Peut-être un peu moins. Il est « conseiller » à la nouvelle boutique de cannabis Fire & Flower qui a ouvert ses portes hier matin sur la rue York, dans le marché By à Ottawa. Et William semblait comme une enfant au matin de Noël en jasant avec les dizaines de clients qui se sont succédés toute la journée dans ce nouveau commerce de pot ontarien.

On a jasé quelques minutes, William et moi. Au terme de notre conversation, il m’a suggéré d’acheter du cannabis du nom de Pink Kush. Je ne sais trop ce que je lui ai dit pour qu’il arrive à cette conclusion. Je ne sais trop ce qu’il a vu en moi. Mais semble-t-il que je fais Pink Kush. Et que cette variété de cannabis me fera passer une belle soirée relaxante et sans souci. J’ai tout de même refusé. Le Pink Kush en moi attendra.

À LIRE AUSSI: «Un moment historique»

En le quittant, je lui ai lancé à la blague : « C’est un bel emploi que t’as décroché, William. T’es maintenant un pusher professionnel. » Et lui de me répliquer en riant : « Oui ! Mais sans les risques cette fois-ci ! »

Drôle et sympathique, ce jeune homme. Et bilingue. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle c’est lui qui m’a « servi », hier matin. Et j’ai dû patienter un peu jusqu’à ce qu’il se libère. Parce que tous les autres jeunes « conseillers » sur place – une dizaine – n’étaient pas bilingues. À l’image de l’endroit, quoi.

Avis aux Franco-Ontariens, aux Québécois et aux touristes francophones qui visiteront cette boutique au cours des prochains jours : aiguisez votre anglais. Parce qu’à l’instar de son site web qui est uniquement en anglais, le magasin Fire & Flower a « comme » oublié que l’on compte un grand nombre de francophones dans la région de la capitale nationale. Et on me dit que la situation est la même dans les deux autres boutiques de cannabis d’Ottawa qui ont ouvert leurs portes, hier.

Vrai, vous trouverez quelques mots en français ici et là dans la boutique de la rue York. Comme l’avertissement sur les emballages qui vous prévient qu’« une personne sur 11 qui consomme du cannabis développe une dépendance ». Et sur le tableau derrière la caisse, on peut lire les mots « huile de cannabis » et « pré-roulé » sous leurs versions anglaises. Mais ça s’arrête pas mal à ces quelques mots.

Sur une grande table dans l’une des pièces de ce commerce, on a placé cinq tablettes numériques que les clients peuvent consulter gratuitement pour en savoir plus sur le cannabis. Vous avez des questions ? Ces tablettes ont la réponse. Le problème, c’est qu’elles sont uniquement en anglais.

« C’est sûr que nous avons des améliorations à apporter à ce niveau, a dit le propriétaire de la boutique Fire & Flower, Éric Lavoie. (Oui, un francophone…)Certaines de nos affiches devraient être bilingues, c’est vrai, mais il faut comprendre qu’on vient d’ouvrir ce matin et que nous avons juste obtenu notre permis en janvier dernier. On va s’améliorer. On va travailler là-dessus », a-t-il promis.

Plaintes à part, l’expérience chez Fire & Flower est agréable pour les « shoppeux de pot ». Je dirais même « relaxante et sans souci ». 

Et si le fait que les francophones aient encore été oubliés vous déplaît ou vous enrage, Éric Lavoie promet d’y voir sans faute.

D’ici là, je vous suggère le Pink Kush.

Autre observation à la boutique Fire & Flower de la rue York : l’endroit n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite. Ce qui a déplu à Kyle Humphrey, un jeune homme d’Ottawa qui se déplace en fauteuil roulant et qui voulait se procurer du cannabis hier matin.  

« Je vais revenir vers 14 h, a-t-il dit. Les employés m’ont dit qu’ils pourront alors m’aider à entrer puisque ce sera moins achalandé. On n’a pas pensé à nous [les personnes handicapées] avant d’ouvrir ce commerce. Mais c’est typique d’Ottawa où près de 95 % des commerces ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite. Ça fait des années que je tente de sensibiliser les élus et les autorités à ce problème, mais sans succès », a-t-il ajouté en secouant la tête.

Denis Gratton

J’ai un secret d’État pour vous

CHRONIQUE / Ainsi, Jos Montferrand passera un autre été avec les Gatinois. Mais où ?

C’est un secret bien gardé à l’hôtel de ville de Gatineau. « Presque un secret d’État », écrivait avec justesse le collègue Mathieu Bélanger dans notre édition de jeudi dernier.