Reste qu’un partage des lieux entre les Patriotes et la ECHL serait de nature à réconcilier l’humeur des Trifluviens.

Colisée: faudrait convaincre Daniel

CHRONIQUE / Il ne restera peut-être plus que Daniel à convaincre. Daniel Lamarre, le pdg du Cirque du Soleil qui s’est fermement opposé à l’idée de devoir avec ses Patriotes partager l’occupation du nouveau colisée de Trois-Rivières.

Pour Daniel Lamarre, qui est à la tête du comité des aviseurs des Patriotes, la perspective d’une cohabitation avec un club de la East Coast Hockey League serait inconciliable avec l’ensemble des projets qu’il compte réaliser dans le nouveau complexe sportif.

On verra bien, mardi, la proposition que soumettra Dean MacDonald pour amener un club de la ECHL qui serait affilié au Canadien de Montréal, mais comme genre club-école du club-école du Canadien.

Dans l’entrevue qu’il a accordée cette semaine à ma collègue Paule Vermot-Desroches, MacDonald a semblé plus conciliant qu’il ne l’était apparu jusque-là.

Il a évité toute confrontation en attribuant certains malentendus à un manque de communication et à des délais serrés et en insistant pour dire qu’il respecterait la décision que rendra la Ville.

Un ton relativement feutré qui détonnait des propos rapportés à peine quelques jours plus tôt sur le réseau web américain SBNATION où il se vidait le cœur à propos du maire Jean Lamarche qu’il accusait presque d’avoir délibérément manœuvré pour éliminer son projet en faveur de celui des Patriotes de l’UQTR.

Si l’organisation du Canadien doit être associée à ce club de la ECHL, ne serait-ce que sur le bout des patins avec quelques joueurs qui ne dépasseront probablement jamais le niveau de prospect, on a sans doute fait comprendre à MacDonald qu’on n’entre pas dans une ville comme Trois-Rivières avec des gros sabots. C’est pas bon pour l’image.

MacDonald a surtout concédé deux choses importantes. D’abord qu’il ne réclamait pas la gestion du Colisée et qu’il accepterait une cohabitation des lieux avec les Patriotes.

L’UQTR non plus ne réclamait pas la gestion du colisée que la Ville, d’ailleurs, tient à conserver. On présume que cela signifie que MacDonald comme l’UQTR renoncent aux revenus des concessions et des locations comme à celui d’une commandite pour le nom commercial du colisée, comme le fait Cogeco pour l’amphithéâtre. On imagine que ce sera la même chose pour les revenus publicitaires des bandes de la patinoire.

Il y a donc consensus sur la question de la gestion de l’équipement. Et il y en a presque un sur le partage des lieux entre une équipe de hockey universitaire et une équipe professionnelle de la ECHL, puisque Daniel McMahon, le recteur de l’université, n’y voyait pas non plus de problème... du moins, dans sa position officielle.

Derrière, est-ce que McMahon comme MacDonald préférait ne pas être encombré de l’autre, on peut le penser.

Reste à convaincre Daniel Lamarre de la faisabilité d’une occupation double ou qu’il explique davantage en quoi celle-ci rendrait vraiment impossible la réalisation des nombreux projets qu’il caresse pour dynamiser l’ambiance autour des Patriotes, du colisée et même dans toute la ville.

Parce qu’il voit grand et que quand le PDG du Cirque du Soleil veut voir grand pour sa région, il faut lui prêter une grande considération.

Générer pour le colisée tout le rayonnement et le glamour dont a pu bénéficier l’amphithéâtre avec son Cirque du Soleil, ce serait quelque chose.

Reste qu’un partage des lieux entre les Patriotes et la ECHL serait de nature à réconcilier l’humeur des Trifluviens, divisés en deux camps très opposés, l’un en faveur des Patriotes et l’autre de MacDonald et qu’ils ont de chaque côté, de très bons arguments à faire valoir.

Mais les gens qui pensent que les intérêts de la ville seraient mieux servis avec la présence des deux clubs sont aussi très nombreux.

Dans l’état actuel des choses, il faudra prévoir beaucoup d’efforts et de temps pour que les Patriotes parviennent à remplir les 4500 sièges du colisée. Un club de la ECHL pourrait faire mieux plus rapidement en termes d’assistance, mais ça restera mineur.

Alors que si le hockey universitaire et le hockey professionnel y étaient réunis, on pourrait atteindre un niveau plus convenable d’utilisation du complexe sportif.

Tout le monde convient que les deux offres sont loin d’être concurrentielles, qu’au contraire, elles sont complémentaires.

L’UQTR apporte cependant une dimension particulière en ce sens qu’on y développerait des centres de recherche et d’enseignement en matières sportives.

Cependant, même si ça ne se fait plus, on pourrait donner quelques coups de règle sur les doigts de l’université.

Il faudrait sans doute rappeler qu’une partie de la communauté universitaire, profs en tête, s’était opposée à la construction du colisée sur le campus. Un colisée qui lui aurait appartenu et qui aurait profité de la subvention de 26,8 millions $ promise à la ville de Trois-Rivières.

Pour développer sur le campus un sentiment d’appartenance envers les Patriotes, ç’aurait été imbattable.

Cela faisait d’autant l’affaire de la ville que la Fondation de l’UQTR y aurait versé 6 millions $ et qu’elle aurait perçu des en-lieux de taxes.

Au District 55, la ville a perdu la contribution de la Fondation, a dû acheter le terrain, assumer les frais de l’emprunt et les coûts de gestion du colisée et ne peut se taxer elle-même.

Quand la Ville a dû se résigner à construire son colisée au District 55, ce qui était devenu son plan D, l’Université a fait savoir haut et fort qu’il était dès lors hors de question qu’elle y implante ce qu’elle avait appelé son Centre d’excellence régional académique et sportif.

En termes de hockey, voudrait-on maintenant le faire par la bande?

Voyons ce que MacDonald a à nous proposer.

Coup de cœur: à notre grande championne olympique, Laurence Vincent Lapointe et à la belle médaille d’or qu’elle va nous rapporter des Jeux de Tokyo.

Coup de griffe: à un innocent président américain qui n’est pas innocent parce que le Sénat l’aurait innocenté.