Claude Villeneuve
Le Quotidien
Claude Villeneuve

Cinq résolutions pour 2020

CHRONIQUE / On a tourné encore une page du calendrier. L’entrée dans un nouveau cycle astronomique est un moment favorable pour se projeter dans un avenir proche. Nos ancêtres en profitaient traditionnellement pour prendre les célèbres résolutions du jour de l’An. Pourquoi ne pas regarder ce qu’on pourrait faire différemment en 2020 ? On n’en aura pas trop de 366 jours pour tout réaliser !

Première résolution ? Élargir ses horizons. C’est la mère de tous les changements. Nul besoin de faire un pèlerinage à Katmandou ! Lire un livre par mois sur un sujet, un pays, une période historique ou une culture différente de la sienne peut très bien faire l’affaire. La bibliothèque municipale et le libraire vous attendent ! Mais cela peut aussi se réaliser en s’informant à de nouvelles sources, plutôt que de se confiner dans le même cercle d’influence, lequel ne fait qu’enraciner ses préjugés. S’ouvrir l’esprit à des façons différentes de concevoir le monde peut nous aider à mieux mettre en perspective les « évidences » qui nous sont imposées par le conformisme. La liberté n’est certes pas limitée à « faire comme tout le monde » parce que tout le monde le fait. Vous êtes écologiste ? Allez lire ce qu’on discute au Forum économique de Davos… Vous verrez peut-être la décroissance et la mondialisation d’un œil nouveau. Et vice versa.

Parlant de décroissance, il faudra, cette année, apprendre à calculer les externalités de sa consommation. Les externalités sont les impacts négatifs que nous cache le prix des produits. Apprendre à calculer son empreinte carbone, c’est facile, par exemple en visitant le site http://carboneboreal.uqac.ca, où on trouve un calculateur fondé sur les meilleures données scientifiques. Nul ne peut gérer ce qu’il ne sait pas mesurer. Comment savoir si un changement de comportement peut faire la différence, si on n’a pas de référence quantifiée ? Vous voulez la décroissance ? Apprenez à compter ! L’empreinte carbone constitue la plus grande partie de l’empreinte écologique. Elle ne dit pas tout, mais si l’on regarde aussi les informations sur le lieu de production, les certifications et autres, on peut faire des choix plus éclairés. Personne ne doit se plaindre de la pollution produite par les Chinois s’il achète des produits chinois.

Ma troisième résolution serait de contribuer à quelque chose de constructif à long terme. Investir dans des activités qui peuvent améliorer le futur dans un horizon qui dépasse l’année en cours permet de voir au-delà de la satisfaction de ses besoins immédiats. S’engager dans la recherche scientifique n’est pas à la portée de tout le monde. Contribuer au régime d’épargne-études des enfants est une bonne idée, pas mal plus démocratique. Et qui sait si ça ne fera pas avancer la recherche scientifique un jour !

Découvrir un site naturel serait une résolution à mettre en oeuvre au plus vite. Avec les technologies de l’information, on a l’impression de voir la nature dans toute sa grandeur dans son salon. Mais cela n’a rien à voir avec l’émotion de découvrir, par tous ses sens, la richesse de « la vie qui bat » près de chez soi. Dans les parcs municipaux comme dans les parcs nationaux, ou simplement dans un boisé de ferme, la nature mérite d’être découverte. L’émerveillement appelle à l’attachement et au partage. Comme le disait le Renard au Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le coeur. » Si on ne fréquente pas la nature, on ne s’inquiète pas de la voir disparaître. Une marche en forêt ? Un après-midi de raquettes ? Une nuit sous la tente ? Votre choix sera le bon.

Ma dernière résolution serait d’adopter de saines habitudes de vie. Bouger plus, manger mieux, consommer des produits locaux et biologiques, s’occuper de sa santé de manière préventive. Tout cela contribue à la santé de la planète. Des humains plus heureux sont moins destructeurs pour l’environnement.

Sur ce, bon courage. La vie est belle, la neige est blanche et les enfants ont les joues rouges !