Sur les véhicules équipés de systèmes d’aide avancés à la conduite, une calibration de la caméra est nécessaire pour préserver l’efficacité de ces dispositifs. Cette opération doit être minutieusement réalisée avec des cibles dans un environnement clos dont le plancher est parfaitement au niveau.

Systèmes d’aide à la conduite: attention aux caméras non calibrées

CHRONIQUE / Les systèmes avancés d’aide à la conduite (SAAC) sont de plus en plus présents dans les véhicules neufs. Cependant, ceux-ci requièrent une caméra et des capteurs pour bien fonctionner.

Cette caméra doit être bien calibrée afin de bien calculer la distance entre l’objet ou le véhicule qui se trouvent devant notre pare-chocs. Il en avait été question dans une chronique parue en avril dernier, dans laquelle on voyait comment une telle opération se déroule.

Cependant, selon la division canadienne de Belron International, Belron Canada, qui possède notamment les bannières Speedy Glass, Lebeau Vitres d’auto, DURO, entre autres, le Canada serait à la traîne quant à l’obligation de calibrer les caméras des SAAC lors du remplacement d’un pare-brise. 

Lors de la démonstration en avril dernier, il a été possible de constater que la calibration de la caméra, qui se trouve tout près du rétroviseur central, est nécessaire après le changement du pare-brise. Car il est impossible de replacer celui-ci exactement au millimètre près à la même place qu’en usine. 

«Jusqu’à présent, les assureurs n’ont pas porté beaucoup d’attention sur les caméras des SAAC. On en a même vu certaines [arrivées dans nos ateliers ou chez des concessionnaires] qui ont été débranchées par des installateurs de pare-brise qui ne les calibrent pas», commente Sylvie Leduc, vice-présidente à la gestion de marques et la promesse client, chez Belron Canada. 

La multinationale a par ailleurs publié en 2019 un livre blanc intitulé Le lien caché entre les pare-brise et la sécurité routière. On y apprenait notamment que «seulement 28 % des conducteurs canadiens savent que leur caméra numérique doit être calibrée lors d’un remplacement de pare-brise». Étonnant pour des systèmes qui peuvent se trouver dans déjà 3,7 millions de véhicules qui circulent sur nos routes. «Et d’ici cinq ans, 80 % des nouveaux véhicules seront munis de la caméra digitale avant et 50 % du parc automobile canadien en sera également muni», indique Belron Canada dans un communiqué envoyé récemment.

Être bien équipé

Pour calibrer adéquatement ces caméras, il faut que les ateliers soient bien équipés. En avril dernier, on a été en mesure de constater que chaque constructeur automobile a son propre protocole de calibration. «On dépend des constructeurs pour la technologie de calibration. Chez certains, on doit acheter des cibles et chez d’autres, c’est du pay per use [payable à l’utilisation]», ajoute la vice-présidente.

«Les garages indépendants n’ont pas de système de calibration. Et les concessionnaires automobiles renvoient les clients dans les ateliers comme les nôtres lorsque vient le temps de remplacer un pare-brise», explique Mme Leduc. Elle ajoute que Belron Canada a investi plus de 8 millions $ afin d’équiper ses ateliers de remplacement de pare-brise au cours des 24 derniers mois. 

Belron avance que les assureurs pourraient économiser jusqu’à 1000 $ par réclamation si le taux de pénétration des SAAC continue de suivre les tendances actuelles et bien sûr si ces systèmes sont bien calibrés. La firme tente de sensibiliser le nouveau gouvernement fédéral de légiférer afin de rendre obligatoire les calibrations de caméras lors des changements de pare-brise. 

«Et pourtant, une calibration coûte 225 $. Les assureurs au Canada ne voient pas les bénéfices de bien calibrer ces systèmes. En Europe, ils sont beaucoup plus en avance que nous. Des études faites là-bas, entre autres par GM et l’assureur Allianz, ont démontré que le freinage automatique d’urgence a réduit de la moitié les accidents de la route. Et d’autres dispositifs comme l’alerte de franchissement involontaire de ligne ou le système anticollision réduisaient du quart chacun les accidents», conclut Mme Leduc.