Des voitures Nissan alignées dans la cour de l’usine de Sunderland, au Royaume-Uni, qui compte 7000 employés.
Des voitures Nissan alignées dans la cour de l’usine de Sunderland, au Royaume-Uni, qui compte 7000 employés.

L’usine britannique de Nissan toujours menacée par une absence d’entente

LONDRES — L’usine Nissan de Sunderland au Royaume-Uni reste menacée de fermeture en cas d’échec d’un accord commercial post-Brexit entre le pays et l’Union européenne, a mis en garde mercredi le directeur des opérations du constructeur automobile japonais.

La plus grande usine de voitures du Royaume-Uni, installée dans une ville qui avait fortement voté en faveur du Brexit en 2016, n’est pas «viable» si le pays ne parvient pas à un accord de libre-échange excluant l’imposition de droits de douane sur les voitures à l’issue de la période de transition fin 2020, affirme Ashwani Gupta dans un entretien à la BBC.

Il souligne que la majorité des acheteurs des voitures fabriquées à Sunderland, qui compte 7000 employés, viennent de l’UE.

Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne fin janvier pour entrer dans une période de transition pendant laquelle les deux parties négocient un accord qui devra déterminer leur relation commerciale future. Cette période doit s’achever fin décembre et, malgré l’absence de progrès, Londres refuse de prolonger les négociations au-delà de la fin de l’année, au risque d’une absence d’entente potentiellement dévastatrice pour l’économie.

Les commentaires de M. Gupta interviennent quelques jours après l’annonce d’un vaste plan de restructuration de Renault, qui envisage la suppression d’environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4600 en France, tandis que son partenaire Nissan prévoit de fermer une usine en Espagne, pour surmonter la crise sanitaire du coronavirus.

Nissan martèle depuis l’automne que son usine de Sunderland, où le constructeur avait décidé de produire le multisegment Qashqai en partant de l’hypothèse qu’un accord aurait lieu, pourrait fermer en cas d’absence entente, une éventualité qui devient de plus en plus probable à mesure que l’échéance approche sans progrès notable dans les négociations.