La voiture e6, construite par BYD, en Chine, a été conçue il y a plus de 10 ans spécifiquement pour le transport de personnes. L’autonomie de ces véhicules dépasse les 400 kilomètres.

L’électrification des taxis en péril

Yung Cuong ne mâche pas ses mots. «Le projet de loi 17 freine la mobilité durable», dit le cofondateur d’E-Taxi, visiblement déçu par la tournure des événements dans l’industrie du taxi, notamment en ce qui concerne la perte de valeur des permis.

M. Cuong, rencontré lors de l’ouverture du Salon EV2019VÉ, profite du moment pour interpeller le gouvernement du Québec sur le sujet. «Comment voulez-vous que les institutions financières prêtent aux chauffeurs de taxi quand la valeur du permis est rendue quasi nulle?» interroge-t-il. Par le passé, le permis de taxi servait de garantie auprès des banques et caisses populaires.

L’an dernier, Le Soleil avait rencontré M. Cuong lors du 2Salon du véhicule électrique de Mont­réal. Il présentait alors au public la voiture e6, construite par BYD, en Chine. Lundi, il a été possible d’en savoir un peu plus sur ce véhicule, conçu il y a plus de 10 ans spécifiquement pour le transport de personnes. L’autonomie de ces véhicules dépasse les 400 kilomètres.

M. Cuong a révélé que le coût d’achat de la e6, avec compteur et porte-tablette, serait de 63 000 $. Bien sûr que l’acheteur bénéficierait du rabais du gouvernement du Québec de 8000 $. Il ne pourrait toutefois pas obtenir le rabais fédéral de 5000 $, car le véhicule coûte plus de 45 000 $.

Cependant, une mesure fiscale incluse dans le dernier budget fédéral permettrait au chauffeur d’amortir la totalité de la valeur du véhicule électrique dès la première année. Ce qui pourrait donner un remboursement d’impôt substantiel. De plus, le propriétaire pourrait obtenir un remboursement de la TPS ou la TVH (hors du Québec) payée.

Sur la glace

E-Taxi comptait commander 50 e6 de BYD pour commencer. «Et tout ça a été mis sur la glace, comme le financement en raison de l’incertitude sur les permis de taxi», commente M. Cuong. Il proposait notamment de remplacer de 2000 à 3000 taxis par des BYD e6. 

Il avait été même question que les e6 soient assemblées au Québec, ou à tout le moins au Canada. «Ça aussi, c’est suspendu», dit M. Cuong.

L’entreprise se solidarise donc avec l’industrie du taxi quant à ses revendications auprès du gouvernement du Québec. Celles-ci incluent entre autres que la notion de «mobilité durable» soit introduite dans la législation sur le taxi. Que Québec «s’engage à adopter les mesures pertinentes afin que l’industrie du transport rémunéré de personnes maintienne à son niveau actuel ses émissions de gaz à effet de serre ou les diminue, mais ne les augmente pas dans le futur». 

Et finalement, «que la législation ou la réglementation prévoie que toute voiture berline faisant du transport rémunéré de personnes, incluant donc autant le taxi professionnel que les nouveaux joueurs, devra être hybride, hybride rechargeable ou entièrement électrique au plus tard dans les 24 mois ou à la prochaine date de renouvellement des véhicules».

Yung Cuong et son fils Fabien ont fondé E-Taxi à Montréal en 2017. Ils se sont données pour mission «de prendre part activement à l’électrification des transports au Canada».

Jusqu’à jeudi

Le Salon EV2019VÉ se tient à l’Hôtel Le Concorde de Québec jusqu’à jeudi. Mobilité électrique Canada en est le maître-d’œuvre. L’événement attire des membres de l’industrie de l’électromobilité venant de partout au monde qui viennent entendre des conférences, participer à des tables rondes et visiter des kiosques d’exposition.

Des essais routiers étaient d’ailleurs proposés au grand public lundi au Manège militaire de Québec. C’est alors que Le Soleil a pu essayer la BYD e6 d’E-Taxi, dont le compte-rendu sera dévoilé dans la section Auto de lundi prochain.