Le président de la Corporation Mobilis et du Salon international de l’auto de Québec, Mathieu Laplante, et le chef de la direction, Charles Drouin

Le 38e Salon de l'auto de Québec: un rendez-vous d’acheteurs

Pour Charles Drouin, chef de la direction de la Corporation Mobilis, ce que peuvent vivre d’autres salons de l’auto dans le monde ne l’inquiète pas outre mesure. Il considère que la capitale est privilégiée.

On se souvient que certains salons de l’auto connaissent un certain déclin, comme celui de Detroit qui a perdu plusieurs constructeurs préférant le salon Consumers Electronics Show de Las Vegas. Le phénomène a forcé les promoteurs à changer la date du salon de janvier à juin dès l’an prochain.

«C’est sûr que Detroit est un salon de constructeurs, ce que nous ne sommes pas. Mais, nous avons le plus important nombre de visiteurs au prorata de la population [de la région]. Nous arrivons avec une proportion de 1 personne sur 10 habitants de la région qui vient au Salon», ajoute celui qui dirige l’organisation chapeautant le 38e Salon international de l’auto de Québec (SIAQ).

«De plus, nous sommes un salon d’acheteurs. Les gens des constructeurs qui viennent de Toronto nous disent souvent que Québec est un salon d’acheteurs», ajoute-t-il.

Selon les chiffres fournis par la Corporation Mobilis, 30 % des visiteurs sont en processus actif d’achat. À cela, il faut aussi ajouter que 42 % ont l’intention d’acheter dans les années à venir et 18 % de ceux-ci changent d’idée après être venus au Salon. «Ce qui donne un 60 % avec l’intention d’acheter», calcule M. Drouin.

«On en parle de l’essoufflement des autres salons. On ne joue pas à l’autruche. C’est ce qui nous pousse à réfléchir pour nous renouveler et à proposer une expérience plus immersive. L’industrie est en évolution. On a le privilège d’être dans un marché d’acheteurs et de passionnés de l’automobile.»

Il ne faut pas oublier que le SIAQ couvre un large territoire, incluant l’Est-du-Québec, la Côte-Nord et bien d’autres régions. «Selon nos sondages, on a reçu des gens d’Asbestos, de Sherbrooke, du Centre du Québec et du Saguenay.»

Cela dit, les chiffres compilés par la Corporation Mobilis quant aux motifs qui amènent les gens à visiter le SIAQ révèlent que 35 % des visiteurs viennent pour les nouveautés. Un autre 21 % vient pour voir les voitures de grand luxe et 37 % le font par pur plaisir ou pour l’activité familiale de la semaine de relâche.

Par ailleurs, le virage familial amorcé depuis quelques années déjà semble avoir porté fruit, selon M. Drouin. «Avant la clientèle était très, très masculine. Notre virage familial a évidemment fait augmenter le nombre de familles complètes avec les enfants qui viennent au Salon», avance-t-il.

Cela explique le retour du pavillon Familial Toyota entre le Centre de foires et le Pavillon de la jeunesse (pavillon Silverwax). Cette zone propose plus de 20 000 pieds carrés de jeux gonflables afin de divertir les enfants.

Main-d’œuvre

Au-delà de la tenue du Salon de l’auto, la Corporation Mobilis livre un autre cheval de bataille : celui de doter son industrie d’une main-d’œuvre stable et compétente, en plus de travailler à la renouveler.

Dans un contexte où on parle souvent de pénurie de main-d’œuvre, la Corporation Mobilis a diffusé au cours des trois derniers mois 177 affichages, qui ont mené à 60 embauches. Elle a reçu durant cette période 976 curriculum vitæ. Au cours de 2018, le nombre de postes affichés était de plus de 600 et la Corporation a aidé à combler 220 postes.

Moteur économique

Il n’en demeure pas moins que les 130 concessions membres de la Corporation Mobilis ont réalisé un chiffre d’affaires de 4,6 milliards $ en 2018, en excluant les ventes de camions lourds.

Ces membres embauchent jusqu’à 5500 personnes qui représentent une masse salariale de 328 millions $.