Selon Simon-Pierre Rioux, président de l’Association des véhicules électriques du Québec, les VUS et les camions électrifiés sont très attendus, comme le R1T de la jeune pousse américaine Rivian. Cette dernière a reçu des investissements majeurs de gros joueurs comme Amazon et Ford.

2020, une année charnière pour les véhicules électriques et rechargeables?

CHRONIQUE / Avec presque une dizaine de modèles attendus au cours de la prochaine année, 2020 sera-t-elle une année charnière pour les véhicules électriques et rechargeables?

«En fait, chaque année après 2020 sera une année charnière», répond Simon-Pierre Rioux, président de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ). «On peut s’attendre à une explosion des ventes de véhicules électriques au cours des 10 prochaines années.»

Il évoque notamment l’arrivée de la deuxième génération de véhicules électriques, avec des batteries de plus de 60 kWh à des prix relativement abordables. «Cette augmentation de capacité des batteries répond beaucoup plus aux besoins des électromobilistes et contribue à atténuer l’anxiété de l’autonomie, surtout en raison de nos rudes hivers qui ont un impact direct sur l’autonomie des batteries. Aussi, avec la deuxième génération de véhicules électriques, les transports entre les villes et les virées de fin de semaine sont dorénavant réalisables», ajoute-t-il.

«De plus, pour certains, il n’est pas toujours possible de recharger leur véhicule chez soi ou sur la rue près de leur domicile. Aussi, ce n’est pas toujours possible de se recharger sur les lieux du travail. Or, pour ceux-là, les véhicules électriques de deuxième génération leur permettent de faire une charge complète qui pourra combler leurs besoins de déplacements pour la semaine. Peut-être que les enjeux de recharge sur rue ou dans les immeubles multiples ou locatifs seront réglés dans 5 à 10 ans, mais en attendant, les voitures avec des grandes autonomies sont pratiques pour ces gens», affirme le président de l’AVEQ.

«On a toujours présenté les véhicules électriques comme des téléphones intelligents que l’on branche la nuit. Mais cette réalité est vraie pour les banlieues, mais ceux qui demeurent en ville, ce n’est pas la même chose.»

Des modèles attendus

En ce moment, selon une recension de la liste des véhicules admissibles au rabais gouvernemental du site de Transition énergétique Québec, il y a au moins 38 modèles offerts sur le marché, dont 22 modèles de véhicules hybrides rechargeables et 16 voitures à batterie. Il faut s’attendre à voir apparaître près d’une dizaine de nouveaux modèles ou d’actuels ayant été électrifiés.

À lui seul, le constructeur Kia en a au moins deux, le Soul EV — lire l’essai-éclair — et le Niro EV (qui était déjà offert en hybride branchable).

«Par contre, les gens attendent les VUS et les camions électriques, comme ceux de Rivian [la jeune pousse américaine Rivian ayant reçu des investissements majeurs de gros joueurs comme Amazon et Ford]. Nissan promet un VUS électrifié d’ici la fin de 2020. Ford a présenté très brièvement, pendant 15 minutes, à ses concessionnaires une version multisegment électrifiée de la Mustang. Il est prévu de pouvoir parcourir 485 km avec une charge et coûter aux alentours de 50 000 $. L’allocation prévue pour le Québec serait de 2000 unités, dans le courant de l’année 2020», énumère M. Rioux.

Plus de 60 000 unités?

Dans la chronique du 3 septembre dernier, on faisait état des statistiques compilées par l’AVEQ qui rapportait un total de 52 556 véhicules en date du 30 juin dernier.

«Les prochains chiffres de la Société de l’assurance automobile en date du 30 septembre devraient sortir bientôt. À mon avis, on serait pas loin du 57 000 à la fin août», estime M. Rioux.

Si on fait un calcul rapide : à un rythme variant entre 2500 et 3000 véhicules immatriculés par mois, on devrait dépasser le chiffre de 60 000 véhicules au 30 septembre. À suivre…