Ludovick Bourgeois sera sur les planches du Cégep de Trois-Rivières le 9 février à 20 h pour présenter son premier album éponyme.

Ludovick Bourgeois: sans prétention

Trois-Rivières — C’est l’histoire d’un gars qui aime la musique, qui baigne dedans depuis son enfance et qui a eu, une fois adulte, la chance de remporter un populaire concours de talent. Le récit pourrait s’emballer et le jeune homme s’enfler la tête, mais ce n’est pas ainsi que semble se dessiner celui de Ludovick Bourgeois qui sait, au plus profond de ses gènes, qu’il ne faut rien tenir pour acquis.

«Pour le moment, ça n’a pas arrêté!», se réjouit-il. «Alors, je profite de ce high-là, mais je sais que ça va arriver. Je pense que, comme je ne tiens rien pour acquis, je suis conscient qu’un jour ça va arriver. Un moment donné tu as un down et c’est normal. Le fait d’avoir mon père comme modèle proche de moi ça m’aide à me préparer à ces downs-là. Les highs sont tellement le fun, que je pense que les downs en valent la peine... on verra quand ils vont arriver. Il faut que tu travailles pour que les gens t’aiment tout le temps car, au bout de la ligne, c’est grâce à eux que tu fais ce métier.»

Ludovick Bourgeois est très heureux et reconnaissant de ce qui lui arrive. Son nouveau boulot est d’ailleurs très différent du temps qu’il vendait des voitures. «Mon quotidien est différent mais ça n’a rien changé dans ma vie. Je joue toujours au hockey, je vois mes chums mais je ne vends plus de voitures», lance-t-il avec un petit sourire en coin tout en mentionnant qu’il ne considère pas son nouveau gagne-pain comme du travail.

«Honnêtement, je ne pense pas que ça va me changer. En tout cas mes amis n’ont pas l’air de trouver que j’ai changé!»
Terre à terre et investi à 100% dans ce qui lui arrive, Ludovick vit l’expérience à fond. «Je mets tout mon coeur dans ce que je fais. Si ça se poursuit, je serais le gars le plus heureux, mais si ça a à arrêter, ça arrêtera.»

Il a sûrement hérité d’un peu de sagesse de son père, Patrick, qui a aussi connu le succès dans les années 80-90. st-ce que c’est difficile de suivre les traces de son père? «Ça fait 30 ans qu’il fait de la musique alors c’est un peu normal que je me fasse parler de lui. En plus, je me fais parler de lui pour les bonnes raisons. Ça ne me dérange pas! Mes décisions ne sont pas prises pour m’éloigner de mon père, je vais avec c’est tout. Je ne peux rien changer.»

«Je fais ce que j’aime, je le fais parce que ça me ressemble, pas parce que je veux ressembler à quelqu’un.»

Éric Lapointe, le mentor
«Éric Lapointe c’est rendu mon ami», affirme Ludovick tout en devant se pincer pour être sûr qu’il ne rêve pas. Après avoir tourné tout l’été avec le monument du rock, il affirme que l’expérience a été très formatrice. «Son professionnalisme est impressionnant et qui peut surprendre pour quelqu’un qui ne le connaît pas», confie le jeune homme. «Sa tournée est tellement rôdé. Son show est écoeurant mais tout est calculé et bien fait. Il travaille tellement fort. Ce n’est pas une vedette, c’est un gars qui tripe sur la musique.»

Il a aussi été témoin du dévouement qu’Éric Lapointe a envers ses fans. «Je pense qu’il faut être proche de son monde. En spectacle, de faire 50 ou 60 photos après le show, c’est la façon de redonner aux gens qui se sont déplacés. Éric Lapointe, ou mon père, ne disent pas non à des photos, ça fait 30 ans qui font ça et ils prennent encore le temps de prendre des photos après les shows. C’est un peu la clé du succès.»

Ludovick Bourgeois

L’été de ses 24 ans

C’est entouré d’une équipe de feu que Ludovick Bourgeois a concocté son premier album éponyme. Dans cette équipe, son père était un incontournable. «C’était vraiment cool! Étant nouveau dans l’industrie, je voulais avoir un allié qui connaît ça depuis longtemps à qui je pouvais me confier et qui était proche du processus.» Que les remarques viennent de son père ou d’un autre membre de l’équipe, il ne prend rien personnel. «Tout le monde fait ça pour le bien de l’album. Les goûts ne se discutent pas, il n’y a pas de mauvais choix. Il faut réfléchir, on discute ensemble.»

C’est en effet un bel effort de collaboration qui a mené au produit final. C’est en tout respect de son côté très ancré dans la réalité que c’est fait le choix des pièces. «On a pris les chansons en fonction de l’album, de ce qui me ressemble et du spectacle qui s’en vient, sans regarder qui les avait écrites. C’était sans égo. Il y a des chansons à moi qui ont été coupées pour le bien de l’album et on s’est entendu sur la même chose assez facilement», raconte celui qui ne s’offusque pas le moins du monde de ce constat. Quand on lui demande si ces créations seront sur un autre album, il hausse les épaules. «...ou on en fera des meilleures!»

C’est Fred St-Gelais et Patrick Bourgeois qui se sont occupés de la réalisation. Ingrid St-Pierre, Patrick Bouchard, Carole Facal, Dave Thompson et Fred St-Gelais ont mis la main à la pâte pour les chansons.

Au bout du compte, toutes les pièces avaient une thématique commune: l’amour. Un constat qui n’était nullement prémédité.
«Vu qu’on a choisi les chansons à la pièce, il n’y a pas eu de ligne directrice. J’assume le sujet, qui est intemporel. Chaque fois c’est traité différemment. Tu ne peux pas réinventer le sujet mais on a essayé d’y aller d’angles différents», raconte simplement l’étudiant en administration à l’UQÀM.

Sur l’album, on retrouve deux chansons qui ont une version française et anglaise. Annonciateur de plans futurs? «Si ça peut aller à l’extérieur des frontières, c’est tant mieux! On se garde la porte ouverte mais il n’y a pas d’arrière-pensées.»

«Les chansons avaient été écrites au préalable en anglais. On fonctionne souvent de cette manière. On fait un genre de slam anglais pour enregistrer la mélodie. Puis deux des chansons (Desert song et Dreams on Hold) ont été complétées en anglais. Après les avoir traduites en français, on n’était pas capable de choisir laquelle on voulait garder alors on a simplement gardé les deux.»

Ludovick Bourgeois a grandi sur la Rive-Nord de Montréal et a beaucoup d’amis anglophones, ce qui explique la mixité linguistique qu’on retrouve dans quelques-unes de ses chansons. «Avant je faisais juste de l’anglais, et là je voulais faire un album francophone à l’exception des deux versions anglaises qui ont été conservées.»

Si l’album qu’il va présenter en tournée à partir du mois de janvier est de style pop rock, il ne souhaite surtout pas être étiqueté à un seul genre musical. «J’aime tous les styles de musique. Pour le premier album, le pop rock c’était ce qui me rejoignait le plus, ce qui est mon identité. C’est clair que j’aimerais toucher à plein d’autres affaires. Comme le country. Je tripe vraiment.»

La chanson Maryanne a d’ailleurs été écrite à Nashville, une expérience qu’il compte bien répéter éventuellement.

«C’est sûr que j’aimerais y retourner plus d’une semaine pour le prochain album. La ville est musique, tu n’as pas besoin d’aimer le country pour avoir un buzz. Tout tourne autour de la musique. C’est fou! Ç’a été le plus beau moment de mon été!»