Membre des Colocs pendant cinq ans, le bassiste Mononc’Serge s’est complètement dissocié du groupe par la suite. Il est content qu’un spectacle soit présenté en hommage au groupe mais ne compte pas y participer.

Les Colocs: de l’histoire ancienne

Trois-Rivières — Mononc’Serge était le bassiste de la première mouture du groupe Les Colocs au sein duquel il a évolué entre 1990 et 1995. Il est donc concerné par la présentation du spectacle du Cirque du Soleil qui sera consacré au groupe l’été prochain à l’Amphithéâtre COGECO. Cependant, le bassiste se montre indifférent devant cet hommage. «Honnêtement, je n’ai pas vraiment d’opinion sur cet événement. Les responsables du Cirque ont eu la délicatesse de me contacter pour me proposer de contribuer au spectacle et j’ai poliment refusé. Depuis mon départ des Colocs, je m’en suis tenu loin. En quittant, il était clair dans mon esprit que je devais me dissocier du groupe non pas parce que j’étais en conflit mais essentiellement parce que je ne voulais pas bâtir ma propre promotion sur le fait que j’étais un ancien des Colocs.»

«Je voulais me faire un nom par moi-même, que le public qui vient voir mes spectacles le fasse parce qu’il aime mon matériel et pas parce qu’il a une nostalgie des Colocs. J’ai été fidèle à cette ligne de pensée depuis de sorte que je ne m’associe jamais à ce qui concerne le groupe et ça a plutôt bien marché puisque le public ne m’en parle à peu près jamais.»

«Que le Cirque du Soleil veuille monter un spectacle en hommage aux Colocs, je trouve cela très bien et je leur souhaite sincèrement un gros succès. Je pense que les gens que ça concerne au premier chef, ce sont les ayants droit, les membres de la famille de Dédé. En autant que les ententes se font correctement avec eux, je n’ai aucun problème avec ça. Je comprends par ailleurs que Mike (Sawatzky, un confrère au sein du groupe) n’a pas très bien réagi parce que lui, il a fait partie des Colocs jusqu’à la fin.»

Pour illustrer à quel point Mononc’Serge est dissocié de ces cinq années de son parcours musical professionnel, qu’il suffise de dire qu’il n’a même jamais vu le film Dédé à travers les brumes, de Jean-Philippe Duval, sorti en 2009. «Je n’ai absolument rien contre le fait qu’on ait fait le film mais comme j’ai toujours pris mes distances, je n’y ai pas collaboré non plus. Je ne l’ai même pas vu. Je me doute bien qu’il y a un écart important entre la réalité que j’ai vécue et celle que le film présente. C’est normal: le film est une fiction avec un point de vu particulier. Et comme je me connais, je n’aurais pas été capable de ne pas le dire publiquement et je ne voyais pas ce que ça aurait apporté. Ça aurait provoqué une controverse complètement inutile.»

N’était-il même pas curieux de savoir comment on le dépeignait à l’écran, puisque son personnage y était bien présent? «Non, ça ne m’intéressait pas. Je n’ai pas la nostalgie des Colocs. À un moment donné, quelqu’un ayant vu le film m’a écrit que j’y étais dépeint comme une sorte de débile léger et j’ai compris que j’avais bien fait de ne pas le voir!, rigole le musicien. Tous ceux qui ont été associés au groupe m’ont unanimement fait des commentaires défavorables sur le film parce que nous le comparons forcément avec la réalité que nous avons vécue. J’ai pu constater par contre que le grand public a beaucoup aimé et c’est tant mieux.»

Est-ce à dire qu’il conserve de mauvais souvenirs de cette époque? «Non plus. J’en ai de bons comme de mauvais. Ce qui est sûr, c’est que de faire partie des Colocs m’a énormément aidé. Je me suis fait de nombreux contacts qui m’ont beaucoup servi par la suite. Ç’a été un passage déterminant dans ma carrière mais je suis passé à autre chose par la suite.»

Pour ce qui est du spectacle de l’été prochain, il n’entretient pas le projet de venir le voir, mais ne l’exclut pas non plus. 

«Je n’ai jamais vu ce que le Cirque présente à Trois-Rivières. En vérité, je n’ai vu mon tout premier spectacle du Cirque du Soleil que l’été dernier, à Montréal. Par contre, j’ai vu l’amphithéâtre trifluvien l’été dernier et j’ai été très impressionné. L’emplacement est magnifique. Si jamais l’occasion se présente, je ne dis pas que je n’irai pas assister au spectacle.»