Le personnage d'Anne O'Hara, qu'incarne la Trifluvienne Laurence Deschênes, vit des moments difficiles dans la sixième saison de la télésérie O'.

Laurence Deschênes: vivre son rêve

On a tous des séries qui ont marqué notre jeunesse et avec lesquelles ont a grandi. On se reconnaît et on prend plaisir à se projeter dans leur univers fictif. Pour Laurence Deschênes, elle grandit littéralement dans la peau du personnage qu'elle incarne dans la série O' depuis six ans. Pour elle, le fictif est bien réel.
Elle avoue candidement qu'elle a toujours voulu être comédienne, d'aussi loin qu'elle se souvienne. Un rêve qui s'est matérialisé dès l'âge de 7 ans et qui l'a amenée à incarner Anne O'Hara dans la série O' diffusée sur les ondes de TVA. Une opportunité qui fait grandir l'adolescente autant professionnellement que personnellement.
«J'aime vraiment ça. Même si l'équipe technique change, avec les comédiens, ils sont comme ma deuxième famille», affirme Laurence Deschênes. Évoluer autour de Guy Nadon, Marie Tifo, Noémie Godin-Vigneau, Louis-David Morasse, Lynda Johnson, pour n'en nommer que quelques-uns, est un privilège qui l'a happée à retardement, lui amenant un certain vertige. Au départ, elle ne réalisait pas trop l'ampleur du projet. En vieillissant, elle a réalisé que ce n'était pas banal.
«Un jour, j'ai eu un choc. J'ai réalisé que c'était quand même gros!», lance la Trifluvienne qui avait un défi de taille dans la 6e saison puisque son personnage traversait plusieurs épreuves. Des scènes émotives s'annonçaient et, avec ça, un peu de nervosité et de doute. «Je me demandais si j'allais être capable de pleurer. Je me disais qu'au pire j'allais verser une larmette. Mais finalement, sur le plateau, on a pris les émotions de tout le monde. Je n'ai pas tellement forcé, c'est venu tout seul», raconte Laurence Deschênes.
En plus des scènes empreintes d'une grande émotivité, son personnage a également découvert l'amour. Si elle rigole quand on aborde le sujet, elle assure que le malaise du départ a été vite circonscrit par le réalisateur. «On en a parlé avec Thomas [Trudel alias Émile, son amoureux dans la série]. On se connaît, alors on n'était pas gêné l'un envers l'autre. On a été très à l'aise sur le plateau», confie-t-elle avec aplomb.
Même si elle n'a pas réécouté aussi aisément ces épisodes, elle n'a pas l'impression que le regard de ses amis et collègues de classe avait changé à son égard. «Je n'ai rien senti de différent. Ma classe est super avec moi, ils sont avec moi depuis le début, alors ils sont habitués. Je sais qu'ils ne me jugeront pas.»
«La clé, c'est l'organisation»
Âgée maintenant de 14 ans (presque 15), elle jongle naturellement avec sa carrière de comédienne, ses études secondaires avec concentration en langues et sa passion pour la nage synchronisée. Difficile de tout concilier? «Pas vraiment. Je me concentre sur ce qui est important», affirme Laurence Deschênes qui ne néglige surtout pas ses amis et qui se garde aussi du temps pour regarder des séries sur Netflix. Le tournage de la série O' l'oblige à s'absenter de l'école mais la jeune fille n'hésite pas à mettre les bouchées doubles pour que rien n'y paraisse. Elle peut aussi compter sur la collaboration de l'école qui lui offre la possibilité de le faire. Elle apprécie également cette flexibilité de la part de son équipe de nage synchronisée, les Maralga, avec qui elle pratique environ 10 heures par semaine quand elle ne s'absente pas pour le travail. Elle fait d'ailleurs bonne figure dans les compétitions de cette discipline qui l'amène à parcourir la province.
Ses parents veillent d'ailleurs à ce que sa carrière ne nuise pas à sa réussite scolaire. «Elle est à l'âge où l'école passe en premier. C'est important pour nous que ses résultats se maintiennent», confie sa mère Lyne Poisson. La jeune femme a la chance d'être épaulée par ses parents qui l'accompagnent régulièrement dans ses engagements. «On ne la pousse pas, mais on ne la décourage pas non plus comme plusieurs pourraient le faire. C'est certain que c'est une fille unique, c'est plus facile pour nous», mentionne Mme Poisson qui ajoute qu'en tant que travailleurs autonomes, elle et son conjoint parviennent à jongler avec leur horaire. «La clé, c'est l'organisation.»
Laurence Deschênes était grandement reconnaissante qu'on lui confie le rôle de la jeune Denise dans le film <em>La Bolduc</em>.
La Bolduc tel un cadeau
Dans les sorties attendues de 2018, on compte La Bolduc, qui revivra sur grand écran sous les traits de Debbie Lynch-White dans un film réalisé par François Bouvier. Il y aura beaucoup de Trois-Rivières dans ce long métrage puisqu'en plus d'avoir recruté Laurence Deschênes, la production a retenu les services de Rose-Marie Perreault, qu'on a vu dans mes Petits malheurs, et Julie Ringuette, qui a joué dans Rupture.
Laurence Deschênes parle avec beaucoup d'enthousiasme de son plus récent projet qui lui a permis d'incarner la fille aînée de La Bolduc, Denise. Elle partage le rôle avec Rose-Marie Perreault, qui incarne Denise plus vieille.
Denise accompagnait sa mère au piano et pour bien rendre les scènes, Laurence a dû apprendre à jouer de cet instrument. «Mon père joue du piano alors il m'a appris à jouer les pièces pour l'audition.» Dès le début, elle a eu une petite étincelle, même si généralement, elle se force à ne pas penser aux auditions qu'elle passe, cette fois, c'était plus ardu. «J'ai vraiment senti la belle connexion. C'était tellement un beau projet. J'ai essayé de l'oublier mais heureusement, tout s'est aligné», se réjouit la jeune fille qui tenait à remercier les producteurs de lui avoir offert cette chance. «La première journée, j'étais intimidée mais il s'est vraiment développé une belle chimie.»
Le tournage s'est terminé dernièrement et Laurence a bien hâte de voir le résultat. «On m'a dit que j'étais très crédible en pianiste, alors je suis satisfaite de ce que j'ai fait.» 
Plan B... au besoin
Apprivoiser les «au revoir» devient une nécessité dans un métier constitué de multiples commencements et d'autant de fins. La fin de son passage dans La Bolduc lui a d'ailleurs tiré quelques larmes. «C'est sûr que c'est un deuil, même si ç'a passé tellement vite.»
Pour la grande majorité de comédiens, la carrière est constituée d'une série de contrats qui s'enchaînent. La jeune comédienne avoue être choyée de jouer dans O' depuis autant d'années mais reste consciente qu'il y aura une fin. «Je vais être triste mais je sais que ça va arriver un jour. Je vais en garder de très beaux souvenirs. Si je n'ai rien après, je prendrai une pause. J'ai la chance de commencer jeune. Et si je n'ai plus de travail devant la caméra, je songe à passer derrière. C'est mon plan B», planifie l'élève de 4e secondaire de l'Académie des Estacades qui n'envisage pas d'autre carrière pour le moment. «Je ne sais toujours pas ce que je vais faire après mon secondaire. Peut-être le Conservatoire...», lance-t-elle.