Les scènes de hockey sur un étang comme celle-ci, Les pros du hockey, ont fait la renommée du peintre Robert Roy, de Sainte-Perpétue.

Formes et couleurs se marient au sport

Arts et sports, mariage impossible? Bien sûr que non. Dans la région, certains artistes en arts visuels le prouvent régulièrement.
<p>Le peintre Robert Roy de Sainte-Perpétue.</p>
Certains en ont même fait une marque de commerce. Le peintre professionnel Robert Roy, de Sainte-Perpétue, est reconnu pour ses scènes de hockey sur étang qu'il a multipliées au cours des dernières années.
«C'est une thématique extraordinaire, indiquait-il la semaine dernière depuis Charlevoix où il est allé puiser l'inspiration au retour d'un voyage à Banff où il expose. Le hockey, ça nous représente tellement. Ici, tout le monde ou presque a déjà patiné. Moi, je joue encore au hockey régulièrement avec des amis. C'est notre passion collective alors, ça nous représente en tant que gens qui le pratiquent mais aussi pour les spectateurs qui se retrouvent dans ces scènes-là.»
Roy affectionne aussi, bien que dans une moindre mesure, les scènes de ski. «En fait, j'aime beaucoup le mouvement dans la peinture. Or, au hockey, le mouvement des patineurs est magnifique. C'est le corps qui est confronté au déséquilibre et je trouve son observation toujours intéressante. Aussi, il y a l'idée de la vitesse du mouvement propre à ce sport et que j'aime bien reproduire sur la toile. Ça prend du temps pour en développer la technique et beaucoup de pratique. Mais là, le coup de pinceau est devenu plus souple. Ça reste un beau défi dont je ne me lasse pas.»
Le peintre est reconnu et apprécié pour les teintes vives de ses tableaux et il aime exploiter ces couleurs fortes qui contrastent avec la blancheur du paysage ambiant. «Les gens aiment la joie qui émane de mes toiles et le hockey pratiqué sur un lac gelé ou sur une patinoire extérieure représente tout à fait ça.»
<p>Le peintre trifluvien Marcel Dargis nous présente sa toile représentant une partie de baseball au parc Rochefort, dans le Cap-de-la-Madeleine de son enfance.</p>
Souvenirs naïfs
De nombreux peintres des paysages hivernaux québécois ont, à un moment donné ou à un autre, inclut des scènes de hockey extérieur. Parmi les plus connus dans la région, on pense à Serge Brunoni ou Normand Boisvert chez qui les hockeyeurs de rue apparaissent à l'occasion. Mais pour ce qui est de faire du sport le centre d'intérêt d'une toile, le peintre naïf Marcel Dargis vient en tête.
Chez lui, la partie de hockey à la patinoire locale ou la partie de baseball sur un terrain municipal trifluvien est l'évocation de souvenirs d'enfance.
«J'ai grandi un peu avec ça, raconte l'artiste de 85 ans. Dans les années 30, mon père possédait un restaurant et il commanditait des équipes de sport. Moi-même, j'ai joué au baseball et au hockey mais surtout, j'aimais suivre l'équipe de mon oncle quand il jouait. C'est ça que je retrouve dans mes toiles. Ça me rappelle mon enfance avec des jeunes qui jouent au hockey sur une patinoire au fond d'une cour.»
La peinture de Marcel Dargis s'attache aux événements quasiment rituels de notre tradition urbaine. Il représente aussi bien des spectacles musicaux au parc Champlain que des processions de la fête Dieu ou des scènes de veillées du bon vieux temps. «Ce sont mes souvenirs que j'évoque. Je me souviens avoir peint une scène de pêche sur une plage, au Cap-de-la-Madeleine, dans la paroisse Saint-Lazare où je demeurais.»
«J'ai dû réaliser environ 750 toiles depuis que je m'y suis mis sérieusement un peu avant ma retraite et je dirais qu'une bonne partie de ma production a porté sur le sport. Je suis encore amateur de sports à la télévision mais j'ai délaissé le hockey qui ne m'intéresse plus. Par contre, j'aime encore le peindre», indique cet amateur de baseball de la ligue rurale.
Dargis affirme qu'il est plus connu et populaire au Canada anglais que chez lui, ce qui le désole un peu. Robert Roy, lui, connaît beaucoup de succès tant au Québec que dans le reste du Canada et même du monde. «Chaque galerie a ses propres demandes, explique-t-il. Dans l'Ouest canadien, mes peintures de ski se vendent très bien. Mais partout, même hors du Canada, les scènes de hockey sont populaires. Surtout les grands formats qui attirent invariablement l'attention. Je commence à être connu pour ça et ça me fait plaisir.»
<p>Bob Bissonnette</p>
Trouver l'inspiration sur la glace
La carrière du chanteur Bob Bissonnette est probablement la plus complète fusion de l'art et du sport. L'auteur compositeur a joué au hockey pendant plusieurs années, notamment avec les Olympiques de Hull de la LHJMQ. On le connaît en Mauricie parce qu'il a également porté les couleurs des Patriotes de l'UQTR au cours de la saison 2002-2003. C'est à peu près à cette époque qu'il met l'emphase sur la musique alors qu'il compose des chansons ayant, le plus souvent, le sport comme thème.
Gérant lui-même sa carrière, il a vendu près de 15 000 copies de ses deux albums, Recrue de l'année et Les barbes des séries. Reconnu pour son esprit fêtard, il multiplie les prestations sur scène un peu partout au Québec et revendique un noyau de fans de plus en plus important.
Un quatuor de rock originaire du Lac-St-Jean a aussi fait sa marque en utilisant le hockey comme inspiration: les Dales Hawerchuk en référence, bien sûr à l'ancien joueur de la LNH pendant 16 saisons entre 1981 et 1997. Le groupe a réalisé trois albums: Les Dales Hawerchuk, en 2005, Les Dales Hawerchuk 2, en 2008 et Le tour du chapeau, sorti en 2011.