Thomas Grégoire

FestiVoix: les coups de coeur de Thomas Grégoire

Au tour de Thomas Grégoire, directeur général du FestiVoix, de subir la torture de dénicher dans sa programmation cinq coups de coeur qu'il considère incontournables. Cinq éléments, dans une programmation qui compte plus de cent spectacles différents, c'est plus qu'un casse-tête, c'est un dilemme moral.
«C'est d'autant plus difficile, soutient le grand manitou de l'événement, qu'on est forcément amoureux de notre programmation. Nous avons un comité qui fait un travail extraordinaire pour mettre sur pied cette programmation dont chaque élément a été voulu, étudié dans une volonté de faire des choix artistiques forts. Pour nous, tous les choix comptent, que la salle ait une capacité de 60 places ou de 17 000. Le FestiVoix est un événement culturel avant tout et on veut de la diversité.»
Seul allègement qu'on lui accorde, c'est qu'il n'a pas à classer ses coups de coeur par ordre d'importance. Le coeur ne calcule pas.
Billy Talent
Billy Talent
Cela dit, à tout seigneur tout honneur: on commence par le spectacle de Billy Talent, invité spécial de l'édition 2017. «C'est un énorme groupe. Il y a bien sûr la qualité de leur musique qui a propulsé le groupe au rang de star mondiale mais ne serait-ce que pour l'énergie qu'ils déploient sur scène, c'est certainement à ne pas manquer. Ça fait très longtemps qu'on n'a pas eu un gros groupe rock de cette envergure au FestiVoix. Ça va déménager!»
Autre motif qui n'est pas pour déplaire à Thomas Grégoire, c'est la qualité du propos véhiculé par cet immense groupe canadien dans ses chansons. «Non seulement ils offrent de l'excellente musique mais ils véhiculent un propos politique qui n'est pas banal, loin de là. Ils se sont souvent positionnés par rapport à des enjeux importants et quand la musique peut être un véhicule pour des propos bien marqués je trouve que c'est d'autant plus intéressant.»
Cet aspect constitue certes une plus-value dans un choix élaboré, il faut bien le dire, sur d'autres bases. «Au moment de la sélection, ce qui nous a guidé, c'est le fait que c'est un groupe qui marche super fort et que ce serait un événement majeur que de le présenter à Trois-Rivières. Pour nous, il importait qu'on soit en mesure de l'inscrire dans le cadre de la programmation régulière, donc accessible avec le passeport général. Tout cela était possible alors, on a foncé tête baissée et, évidemment, les réactions ont été extraordinaires.»
«Réussir à programmer un groupe de ce niveau, ça démontre le professionnalisme de l'organisation et de ses partenaires parce que ne serait-ce qu'au niveau du montage technique et logistique, c'est très imposant. On est allé chercher un groupe exceptionnel pour lequel on assure une accessibilité tout aussi exceptionnelle: quand ils viennent au Centre Bell ou au Centre Vidéotron, les billets ne se vendent pas sous forme d'un passeport à 43 $! C'est la preuve que notre mission de prioriser l'accessibilité n'empêche pas de présenter les meilleurs artistes possible.»
Michel Fugain
Michel Fugain
Autre gros coup de l'édition 2017: la présence du grand Michel Fugain, résultat de trois ans de négociations.
«Ça, c'est un élément dont nous sommes très fiers. On veut que le public soit surpris par la programmation à l'occasion et là, je pense que les gens ont été étonnés qu'on puisse mettre la main sur un nom pareil. En plus, il va faire des chansons du Big Bazar accompagné par une troupe du nom de Pluribus qui compte une douzaine de membres. Il va y avoir des cuivres, ça va danser, chanter... C'est quand même un événement! On cherche à ce que les gens viennent s'amuser au FestiVoix. Cette fois, il ne fait aucun doute que tout le monde va chanter et danser sur ces immenses succès et les festivaliers vont passer une excellente soirée.»
L'événement vient avec un ajout qui est tout sauf anecdotique: la première partie sera assurée par le festif groupe Valaire. «Certains pourraient penser que ça n'a pas de rapport, argue le directeur général, mais justement, oui, ça en a un: Valaire ce sont des gars qui mettent le feu sur la scène. C'est super festif, coloré et ça constitue un excellent mélange avec Fugain. Nous aimons croiser des univers en élaborant la programmation et voilà un croisement particulièrement réussi. Ça va être le fun
Qui plus est, il s'agit presque d'une exclusivité puisqu'au moment de signer le contrat, Fugain ne devait chanter qu'à un seul autre endroit au Québec: au Festival d'été de Québec.
La scène Bell Fibe
La scène Bell Fibe
Incapable de limiter son choix à un spectacle en particulier, Thomas Grégoire parle de la scène située du côté du couvent des Ursulines comme d'un seul et même coup de coeur d'une durée d'une dizaine de jours. «Avec les années, on a défini la personnalité de cette scène emblématique du FestiVoix. C'est un endroit incroyable parce qu'on y accueille plus de 4000 personnes chaque soir en conservant l'atmosphère d'un concert intime. On ne remerciera jamais assez les Ursulines de rendre cela possible et d'ailleurs, cette année, c'est leur 320e anniversaire et on va le souligner lors du spectacle de Fabiola, une ancienne du CMI, le 1er juillet.»
«C'est une scène où on crée des moments magiques. Les gens adorent l'endroit et les artistes également. On y accueillera notamment des gens comme Mario Pelchat, Louis-Jean Cormier ou Richard Séguin cette année. Ils auraient tout très bien pu être sur la grande scène mais ils préféraient celle-là parce qu'ils la considèrent comme une grande scène. En plus, elle permet une programmation éclatée qui nous fait présenter Cindy Bédard, Yann Perreau, The Franklin Electric, Les soeurs Boulay ou Marie-Josée Lord avec Quartango. Tous ces spectacles très différents vont parfaitement s'inscrire dans ce cadre. C'est un trésor, cette scène-là.»
Quand on lui demande de définir sa magie unique, trois mots viennent à l'esprit de Thomas Grégoire: «Excellence, intimité et émotion.» Rien à rajouter.
Catherine Leduc
Catherine Leduc
Sur une autre scène, coup de coeur en devenir, on présentera Catherine Leduc, une bécancouroise d'origine. «On a changé le décor de la scène des Voix libres l'an dernier et on est en train de définir sa personnalité dans le décor exceptionnel du Manoir Boucher de Niverville. Or, je trouve que Catherine Leduc s'inscrit merveilleusement dans ce contexte. Elle vient de sortir son deuxième album solo qui est, de mon point de vue, exceptionnel. Sa poésie, son univers musical, c'est riche, intense, vraiment superbe.»
«En plus, c'est une fille de la région. On a insisté pour la programmer avant même que son album ne sorte. On aimait beaucoup ce qu'elle faisait avant et on avait entendu deux ou trois de ses nouvelles chansons et c'était déjà des coups de coeur. Ce sera la première fois qu'on la présentera en extérieur, je crois. Comme on aime que les gens fassent des découvertes, on invite fortement le public à aller voir ce spectacle le dimanche 2 juillet. Il y a là un bijou encore trop peu connu.»
«Par ailleurs, ça démontre aussi la place qu'on fait aux artistes de la région. Pas simplement parce qu'ils sont d'ici mais parce qu'on a parmi nous de nombreux artistes très talentueux qui méritent une occasion de se mettre en valeur. On est chanceux d'avoir ici des gens de ce calibre comme Cindy Bédard, Bartula ou Misses Satchmo qu'on va tous présenter cette année.»
Les scènes des bars
Les scènes des bars
Autre coup de coeur global pour un volet peut-être plus méconnu de l'événement estival: les cinq scènes situées dans des bars du centre-ville.
«Pour moi, illustre Thomas Grégoire, c'est un peu le festival la nuit. C'est majeur, d'abord parce qu'on a beaucoup de partenaires dans ce volet-là et deuxièmement parce qu'on y découvre une programmation plus éclatée encore. Cette année, on va recevoir des gens comme Geoffroy ou Antoine Corriveau, des artistes qui ont vraiment un style marqué, au même titre que Kroy, Jason Bajada et tous les autres. C'est vraiment un côté le fun de notre événement.»
«Ces spectacles sont toujours programmés pour venir à la suite du spectacle de la grande scène. Alors, c'est l'été, les vacances, c'est l'occasion pour les festivaliers de terminer la soirée en faisant des découvertes dans des endroits uniques. On peut passer d'un bar à l'autre tranquillement en occupant les rues devenues piétonnes, en rencontrant des gens. Quelle sensation de liberté! C'est ça, un festival l'été. Dans un cadre exceptionnel avec le centre-ville, le vieux Trois-Rivières, sur le bord du fleuve, écouter de la musique un peu partout, rencontrer des gens dans une ambiance festive, que peut-on demander de mieux? C'est ça la magie que nous cherchons à créer au FestiVoix.»
Chaque bar ayant son propre horaire, il peut être judicieux de vérifier qui présente quoi et quand. Ou encore, partir à la découverte.