Avec Deux coups de pied de trop, l’écrivain trifluvien Guillaume Morrissette présente son cinquième roman et son quatrième polar mettant en vedette son inspecteur Héroux du corps de police de Trois-Rivières.

Vraiment légitime, la défense?

TROIS-RIVIÈRES — À peine Guillaume Morrissette venait-il de lancer son tout dernier roman policier dans le cadre du Salon du Livre de Trois-Rivières, fin avril, qu’il remportait le Prix de littérature Gérald-Godin dans le cadre des Grands Prix culturels de Trois-Rivières pour son précédent. L’écrivain est non seulement prolifique mais la qualité de son travail ne semble pas se démentir.

Et sa popularité en témoigne. Ainsi, environ un mois après sa sortie, Deux coups de pied de trop, son quatrième polar mais son cinquième roman, en est déjà à une seconde impression. C’est celui de ses romans qui s’est vendu le plus dans le premier mois de sa mise en vente.

L’homme a une imagination hyperactive, nourrie par chaque petit incident banal que lui soumet son quotidien. Ces petits détails qu’on ne remarque guère mais qui titillent une imagination d’écrivain, observateur maniaque de surcroît. Il commence aussi à bénéficier d’une notoriété qui fait que des gens vont l’aborder au restaurant pour lui raconter des histoires scabreuses et vraies susceptibles de nourrir ses romans.

Il reste qu’à la base, ce qui justifie de se lancer dans 350 pages d’enquête policière, ce sont certaines notions ou principes qui lui posent question. Dans le cas de ce roman, c’est l’idée de la légitime défense. Tout part d’un homme retrouvé mort sur le seuil d’une maison. 

Quand les policiers arrivent, avertis par le propriétaire de la demeure, celui-ci leur avoue d’emblée que c’est lui qui a assommé à mort cet intrus nocturne pour se protéger. Légitime défense, donc. Mais quand on fouille le moindrement, comme le fait l’inspecteur Héroux de la police de Trois-Rivières, ça ne l’est plus du tout. Et l’affaire s’embrouille sérieusement au point où on ne reconnaît plus trop les coupables et les victimes.

Mine de rien, avec trois romans policiers derrière la cravate, l’écrivain trifluvien a pris de l’expérience mais continue d’apprendre. 

«La courbe d’apprentissage de l’écriture grâce à mon éditrice est impressionnante, admet-il. J’ai développé différents types de narration, notamment, ce qui fait que je peux adapter la narration au type d’intrigue que j’ai en tête. Avec Deux coups de pied de trop, c’est la première fois que j’adopte une narration linéaire alors que le lecteur découvre les informations en même temps que les policiers. C’est la première fois où on ne connaît pas d’emblée le coupable. C’est l’approche qui était la plus efficace pour bien raconter cette histoire.»

Morrissette le dit volontiers: si, en se relisant, il n’est pas lui-même captivé par son récit, il sait pertinemment que les lecteurs ne le seront pas non plus. Il reprend donc le tout, autrement, jusqu’à ce que ça marche.

«Ici, je fais entrer une information en cours d’enquête qui déroute aussi bien les policiers que le lecteur et qui crée un suspense que je trouve vraiment efficace. Je n’ai jamais fait ça dans mes romans précédents mais je suis vraiment très heureux du résultat.»

«Ce que j’offre, c’est du divertissement. Il faut que le lecteur y prenne plaisir. Je ne défends pas de thèse mais je m’assure que le rythme est bon et que l’histoire se tient parfaitement. Le travail avec mon éditrice m’a notamment appris à développer de nombreuses façons de dire une même chose de façon à ne pas me répéter et à ne pas ennuyer mon lecteur.»

Avec les prix du meilleur premier polar et le Coup de cœur du public de la Société du roman policier de Saint-Pacôme, le prix des enseignants AQPF-ANEL, le prix de littérature Gérald-Godin à son actif, force est de constater qu’il n’a pas ennuyé ses lecteurs avec ses trois premiers polars et qu’il a le flair pour la bonne histoire.

À preuve, son tout premier roman policier, L’affaire Mélodie Cormier s’est écoulé à plus de 16 000 copies depuis sa sortie en 2015 et il est désormais offert en format de poche.

 «C’est une excellente nouvelle parce que la réédition dans un format de poche fait que le bouquin va être disponible dans les bibliothèques de nombreuses écoles et que ça va donner une seconde vie commerciale au livre en le rendant plus accessible.»

La percée en Europe est entreprise depuis un peu plus d’un an et Guillaume Morrissette vient de signer une entente avec une éditrice à Paris pour une éventuelle distribution de ses romans à la grandeur du continent.

Comme écrire est devenu chez lui quelque chose comme un besoin ou une seconde nature, l’écrivain verra son prochain roman, une dystopie allégorique, prendre sa place sur les tablettes des libraires en septembre sous le titre de L’oracle et le revolver. Il planche présentement sur un cinquième roman policier qui devrait sortir dès mars prochain.

Ses bouquins, incluant Deux coups de pied de trop sont par ailleurs disponibles dans toutes les librairies et même certains grands magasins et certaines pharmacies.