Dans la série Théâtre-Enfance-Jeunesse, le théâtre Tout à trac présente Alice au pays des merveilles, le 17 décembre à 15h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.

Vingt ans de grand théâtre pour les petits

Trois-Rivières — La série Théâtre-Enfance-Jeunesse fête ses 20 ans! Ça fait beaucoup des petits visiteurs qui se sont trémoussés, les yeux écarquillés sur les sièges de la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture, où se déroule principalement la programmation.

On parle de 66 600 spectateurs en deux décennies qui ont pu s’initier au théâtre et vivre une expérience unique. 

Unique notamment par les sujets qui y sont traités. 

«Les auteurs au Québec ont toujours été extrêmement audacieux dans les thématiques. Dans les débuts, on avait fait un spectacle qui traitait des enfants qui travaillent dans des usines. Ça racontait que, dans une usine en Asie, pour s’assurer que les enfants ne s’enfuient pas, ils barraient les portes de l’usine. Par la suite, il y a eu un feu dans cette usine et les enfants sont presque tous décédés parce qu’ils ne pouvaient pas sortir», expose Mélanie Brisebois, responsable de la médiation culturelle et de la diffusion jeune public à la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières. 

«Dans le fond, il s’agit simplement de trouver le bon angle pour raconter ces histoires. Ça permet aussi de sensibiliser les gens à ce que vit un enfant ou un adulte dans la société.»

Ce n’est pas parce que le public est jeune que les sujets sont systématiquement légers. 

«L’an dernier, j’ai fait un spectacle sur la mort d’un enfant par accident. Une fois que tu as perdu, ta sœur, ta fille, comment tu vis le deuil. C’était traité d’une façon tellement imagée et sensible, que ça passait très bien. Les enfants sont extrêmement intelligents et sensibles. Souvent, c’est nous qui voulons les protéger mais dans le fond, ils sont très ouverts à entendre ces histoires-là», mentionne Mme Brisebois qui est derrière la programmation destinée au jeune public depuis 15 ans.

La façon d’aborder les différents sujets passe aussi par la scénographie, l’utilisation plus fréquente de la multidisciplinarité et du multimédia.

À l’heure où les enfants ont une relation quasi fusionnelle avec les différents écrans qui se multiplient dans notre quotidien, il est tout à fait actuel d’utiliser la technologie dans le théâtre, mais est-ce un prérequis pour capter l’attention des petits clients? 

«Disons que c’est un beau levier. Par exemple, pour parler du passé, les projections vidéo peuvent être très utiles pour appuyer le texte et le propos à moindre coût. »

Autre changement au fil du temps, la cadence des productions s’est accélérée. «Pour un spectacle de 50 minutes, l’action est beaucoup plus rapide qu’avant. Les enfants sont habitués à un rythme plus rapide.»

Les chiffres de fréquentation se maintiennent aux dires de Mélanie Brisebois qui s’en réjouit, d’ailleurs. 

«Il est certain que notre jauge demeure la même. La salle Anaïs-Allard-Rousseau avec ses 250 places est parfaite pour ça. Ce qu’on remarque c’est que les grands-parents viennent de plus en plus avec les grands-parents. Ça démontre comment la famille est impliquée dans la vie des jeunes aujourd’hui.»

Parmi les œuvres qui ont marqué Mme Brisebois dans les dernières années, elle mentionne Au pays des genoux. Cette pièce fait l’éloge du temps qu’on passe sur les genoux de nos parents et du fait qu’on peut profiter de ce parent-là. 

«Dans la rapidité, de nos vies, juste de s’asseoir, d’être collé et de profiter du bon temps. On ne le fait plus si souvent que ça.» Le théâtre est un bon prétexte.