Vincent Desjardins est chorégraphe du spectacle Joyeux Calvaire – Hommage aux Cowboys Fringants à l’Amphithéâtre Cogeco pour la toute première fois.

Vincent Desjardins et le Cirque du Soleil: du rêve à la réalité

TROIS-RIVIÈRES — Créer des chorégraphies dans le cadre d’un spectacle pour le Cirque du Soleil, c’est un rêve que caresse un bon nombre de chorégraphes québécois. À sa grande surprise, le Trifluvien Vincent Desjardins a été approché pour endosser ce rôle. Il a plongé dans cette aventure avec beaucoup d’enthousiasme, flatté de pouvoir rendre hommage, à sa façon, à l’univers des Cowboys Fringants.

«La journée que j’ai vu l’annonce du spectacle avec les Cowboys Fringants, j’ai eu un appel en après-midi d’Yves St-Pierre, l’assistant metteur en scène, pour le spectacle de Trois-Rivières. Il voulait me rencontrer cette semaine-là, à Montréal. J’ai tout de suite dit oui. Pendant la rencontre, l’équipe m’a parlé du concept et j’ai trouvé ça tripant. Je suis parti de là très énervé», se remémore Vincent Desjardins, avec un brin d’excitation.

Le chorégraphe était honoré de faire partie de l’équipe de concepteurs du spectacle Joyeux Calvaire – Hommage aux Cowboys Fringants. Il était conscient que cette opportunité allait lui donner un rayonnement à grande échelle. «Dans le domaine de la danse, il y a plusieurs plateformes. Il y a des plateformes commerciales, mais aussi celles qui sont plus underground. Le Cirque du Soleil, c’est une plateforme extrêmement grosse», explique-t-il.

Dès l’hiver, le Trifluvien a commencé à écouter les morceaux tout en travaillant avec son équipe pour monter les chorégraphies. La majorité des numéros a été conçue à même l’école de danse de Vincent Desjardins à Trois-Rivières. «Le choix des danseurs était évident pour moi. J’ai bâti le studio de danse District 5 il y a huit ans et c’est avec cette gang-là que j’évolue depuis le début. Ce sont des danseurs professionnels et je suis habitué de travailler avec eux», affirme-t-il avec conviction.

Les chorégraphies ont été élaborées en fonction de concepts précis qui ont été imaginés par Jean-Guy Legault, le metteur en scène. Vincent Desjardins avait pour mandat de créer des numéros rythmés et dynamiques, tout en insérant de danse contemporaine. Le défi était d’amener une touche cowboy aux chorégraphies et conserver le style urbain de la troupe, supporte Vincent Desjardins.

Le Trifluvien a toujours apprécié la musique des Cowboys Fringants. Les textes, la rapidité des paroles et l’instrumental ont grandement inspiré le chorégraphe. Vincent Desjardins s’est surpris à redécouvrir les paroles des chansons en les écoutant avec une attention particulière. D’ailleurs, les morceaux ont été remixés par le directeur musical Jean-Phi Goncalves, comme ce fut le cas dans les années précédentes.

«Dans un des numéros de danse, il [Jean-Phi Goncalves] a refait toute une pièce et c’était malade de travailler là-dessus. C’était juste incroyable. J’ai hâte que les gens puissent entendre la transformation qu’il a faite sur cette trame des Cowboys Fringants, pour lui donner une image réinventée», s’exclame le chorégraphe. Évidemment, l’essence de chaque morceau est conservée pour ne pas dénaturer la chanson originale.

Les danseurs se sont approprié les pièces musicales pour livrer une performance forte en intensité. «Dans chacun des numéros, il y a des moments qu’on appelle des textures où l’on va chercher des parties plus touchantes. Les remixages musicaux sont adaptés pour créer ces émotions-là», amène le chorégraphe. Par les chorégraphies, le public doit s’attendre à être ébloui. «Avec le Cirque du Soleil, il faut toujours s’attendre à des surprises. Dans le côté danse, le but est d’émerveiller», prononce le chorégraphe, d’un ton intrigant.

Grâce à son aventure, le Trifluvien a vécu plusieurs moments forts. Or, l’épisode le plus marquant reste son arrivée à l’Amphithéâtre Cogeco lors des répétitions, assure-t-il. Vincent Desjardins a immédiatement ressenti l’effervescence qui se trouvait sur le site, ce qui eut comme effet de le stimuler davantage : «Ce que j’aime le plus de l’équipe de Trois-Rivières, c’est son côté humain. La gang est super le fun. Toute l’équipe se pousse à son maximum pour trouver les meilleures idées. Ce n’est pas seulement un travail, c’est enrichissant et c’est de l’acquisition personnelle.»

Avec du recul, Vincent Desjardins constate qu’il a grandi à travers cette expérience, qui se déroulait dans un tout nouvel environnement. «Pour ma part, j’étais toujours en train d’apprendre. À ce moment-là, c’est ce qui est le plus gratifiant à la fin du travail, ce n’est pas seulement avoir accompli le côté chorégraphique, mais c’est d’avoir partagé et appris dans tout ça et de grandir en prenant cette inspiration-là», conclut-il