Véronic Dicaire est beaucoup plus qu’une très bonne imitatrice: elle est une bête de scène comme en témoigne brillamment son spectacle qu’elle présentera de nouveau vendredi soir à la salle Thompson.

Véronic Dicaire: un festin visuel et vocal

CRITIQUE / On savait à quoi s’attendre du spectacle de Véronic Dicaire puisqu’on sait qu’elle est une imitatrice remarquable et qu’elle a une voix extraordinaire. Il n’en fallait pas plus pour attirer environ 850 personnes à la salle Thompson jeudi soir. Personne ne pouvait cependant s’attendre au feu d’artifice visuel et vocal qu’elle a offert.

La p’tite fille d’Embrun foulera de nouveau les planches de la salle vendredi soir devant une salle qui sera probablement comble et franchement, ce n’est que justice parce que l’imitatrice ne laissera personne sur sa faim.

La grande surprise de ce spectacle n’est évidemment pas Véronic Dicaire elle-même. On sait qu’elle a un immense talent, qu’elle adore la scène autant que la scène l’aime, qu’elle réussit certaines imitations comme probablement personne d’autre. Il faut cependant la voir danser en plus pour comprendre à quel point elle a une nature de star de la scène.

La vraie surprise, c’est tout l’enrobage de cet excellent spectacle qui en met littéralement plein la vue. Dicaire est allée à la bonne école, celle qui dit qu’il faut en donner aux spectateurs pour leur argent. Coûte que coûte. La dame s’est super bien entourée et comme cadeau de Noël aux Trifluviens, elle leur a présenté une sorte de festin visuel et sonore que personnellement, je ne suis pas près d’oublier.

Au départ, elle avertit son public que la soirée en sera une de simple divertissement et de plaisir. C’est très juste. Pas de message ici, le contenu est tout dans le contenant. Mais quel contenant!

D’abord, la chanteuse fait son entrée en descendant l’allée depuis le fond de la salle accompagnée de ses six danseurs. Rapidement, elle se retrouve seule sur scène à discuter tranquillement avec le public pour présenter une série d’imitations accompagnée de ses quatre musiciens. C’est bien fait, elle donne une bonne idée de l’étendue de son talent. En toute franchise, après une quinzaine de minutes peut-être, on commence à se dire qu’elle a beau avoir un dispositif scénique absolument brillant et original et une tonne de talent, la formule va vite devenir lassante.

C’est à ce moment-là que ses danseurs entrent en scène et là, le spectacle passe en seconde vitesse. Dicaire nous présente un tableau consacré à Jeunesse d’aujourd’hui et aux années 60. Le numéro met non seulement la chanteuse en valeur mais tout le dispositif visuel qui transforme la scène en plateau de télévision des années 60 avec des danseurs à gogo dont on découvre qu’ils sont vraiment excellents. Le Douliou douliou St-Tropez de Jenny Rock ramène les baby-boomers loin en arrière. Ginette Reno, Shirley Théroux y passent aussi.

Ce tableau complété, les imitations, généralement très réussies se succèdent, plusieurs reçues par des soupirs d’approbation. Dicaire fait Diana Krall avec la même habileté que Dolores O’Riordan, la chanteuse des Cranberries. On est pourtant aux extrémités du spectre.

Les textes de présentation des imitations ne sont pas particulièrement drôles ou brillants mais conviennent bien à la chanteuse qui les livre avec naturel. Le plus souvent, elle chante les chansons avec leurs paroles originales sauf pour quelques exceptions plutôt rigolotes.

À plusieurs moments, particulièrement quand les danseurs se mettent de la partie, c’est l’enrobage visuel qui vole littéralement la vedette. Non pas que Véronic Dicaire soit ordinaire, c’est simplement la mise en scène qui est, pour certains numéros, renversante. Un medley regroupant notamment de grands succès des années 80 et 90 à mi-chemin du spectacle est rien de moins que fabuleux.

La suite de ce spectacle sans interruption prévu pour 90 minutes mais qui en a fait 120 maintient le niveau avec des tableaux très dynamiques et d’autres basés sur de bonnes idées pour mettre en valeur le talent de Véronic Dicaire. L’idée de faire des mélanges imparfaits entre des chansons et des artistes permet quelques bijoux. On ne vous dit pas ce que Safia Nolin y chante, mais c’est aussi drôle que réussi. L’autre tableau où l’imitatrice place une chanteuse dans le corps d’une autre permet aussi quelques prouesses. Lara Fabian dans le corps de Tina Turner, c’est assez gratiné.

Bien sûr, Dicaire fait une belle place à certaines de ses meilleures imitations. Édith Piaf, notamment, qu’elle rend comme nulle autre. Dans certains cas, on souhaiterait qu’elle chante la chanson au complet plutôt qu’un court extrait. En Lady Gaga, en Barbra Streisand ou en Cindy Lauper, on la laisserait volontiers aller jusqu’au bout.

La chanteuse présente en fin de spectacle une redoutable combinaison de deux numéros: des thèmes de comédies musicales qui se terminent dans une autre, plus grande, plus spectaculaire: Celine, the Musical.

C’est le numéro de la soirée qui se déploie comme un feu d’artifice de toutes les ressources de ce spectacle qui n’en manque pas. La mise en scène est rien de moins que brillante, Dicaire retrouve sa Céline comme une autre elle-même et le visuel est fantastique. C’est un très grand numéro, tous genres confondus. L’apothéose d’un spectacle exceptionnel. Un spectacle qui donne toute la place à la bête de scène qu’est Véronic Dicaire tout en lui offrant un emballage digne des plus grands. C’est du grand divertissement.

Des supplémentaires sont déjà annoncées pour les 22 et 23 mai 2020. Oui, oui, 2020. Les billets sont en vente dès vendredi 14 décembre. Ça peut faire d’excellents cadeaux de Noël. Vous donnez un billet cette année et vous mettez l’autre au congélateur pour le donner à Noël 2019.