Bears of Legend a fait connaissance avec l’Amphithéâtre Cogeco le 15 septembre dernier en première partie du groupe Kaleo.

Une voix pour A Million Lives

TROIS-RIVIÈRES — Elle n’est peut-être qu’un instrument parmi plusieurs autres qui font le son de Bears of Legend mais la voix de David Lavergne demeure un sceau d’identification du groupe. Elle demeure très présente dans le troisième opus des Mauriciens avec une richesse renouvelée.

«J’ai connu un épisode d’épuisement vocal, raconte pourtant le chanteur. Le rythme de nos concerts a été assez effréné à une certaine époque et j’ai eu des difficultés. J’ai appris à faire plus attention, en limitant un peu la fréquence de nos spectacles, notamment. J’ai aussi constaté que sur les chansons de Ghostwrritten Chronicles je forçais ma voix dans un registre aigu qui ne me convient pas naturellement. J’ai écrit les nouvelles chansons avec la préoccupation de rester à l’intérieur de mon registre.»

«Le plus étonnant, c’est que depuis, ma voix a rajeuni. Je retourne où était ma voix il y a quelques années. Elle a retrouvé quelque chose qui ressemble à de la naïveté et que j’avais complètement perdu avec le temps. Pour les enregistrements du dernier album, j’ai chanté sans m’en préoccuper, librement. C’était non seulement beaucoup plus facile mais également bien plus beau. J’avais retrouvé une espèce de fougue juvénile qui me plaît beaucoup.»

«Il faut dire que ma voix est faite bien davantage pour les chansons du nouvel album que pour les envolées héroïques du précédent. Elle colle aux nouveaux textes même si le registre vocal s’est rétréci.»

Par ailleurs, A Million Lives s’offre des envolées pop inhabituelles chez les Ours mais bien assumées. Au même titre que des sonorités plus rock à l’occasion. Le résultat, c’est qu’il ne serait pas surprenant qu’une de leurs chansons trouve sa place dans les rotations musicales des radios commerciales. Au moment de la sortie de l’album vendredi dernier, on a aussi lancé un simple, la chanson Only You «Probablement notre effort le plus commercial à ce jour», convient l’auteur à propos de cette chanson pimpante, plutôt dansante avec son rythme bien scandé.

La première édition comprend pas moins de 10 000 copies CD du nouvel album, un chiffre impressionnant pour un format en perte de vitesse. «C’est vrai que ça peut sembler beaucoup; en tout cas, c’est impressionnant quand tu vois les caisses s’empiler dans le garage, blague David Lavergne. Mais il n’y a aucun doute qu’on va tous les vendre. C’est un peu moins que ce qu’on a vendu de chacun de nos deux albums précédents, toujours en version physique. On vend surtout nos CD lors des spectacles et tu n’as pas idée à quel point la demande est grande en Europe. Les gens veulent conserver un souvenir tangible du spectacle et ils sont très nombreux à insister pour qu’on les signe.»

La version en ligne devrait aussi connaître de belles ventes bien qu’elles soient moins lucratives pour le groupe que les CD. Mais l’une et l’autre sont infiniment plus payants que les faméliques retours sur les écoutes en continu. Et ce, même si Ghostwritten Chronicles en a suscité plus d’un million. Des chiffres affolants qui ne veulent pourtant rien dire.