Brillamment appuyé par l’Orchestre du Conservatoire de Trois-Rivières, Sylvain Cossette a ramené quelque 4000 spectateurs trente ans en arrière en présentant les plus grands succès des années 80 dans le cadre de sa toute nouvelle tournée de spectacle 80’s.

Une soirée grandiose avec Sylvain Cossette

Trois-Rivières — Le public de l’Amphithéâtre Cogeco a pris part à une soirée grandiose samedi soir alors que Sylvain Cossette et l’Orchestre symphonique du Conservatoire de Trois-Rivières l’ont fait rajeunir de trente ans grâce à une mégadose de chansons à succès des années 80.

On peut dire que le public y a pris part parce qu’avec son enthousiasme, il a été un élément majeur du succès de la soirée. Il devait y avoir environ 4000 personnes, essentiellement des gens qui ont vécu les folles années 80. Des gens qui s’y sont replongés avec une délectation souvent dansante. Comment faire autrement? Sylvain Cossette ne leur a offert que de très gros tubes, des chansons qui ont marqué la décennie, fait danser les discothèques et inondé les ondes radios. Des musiques gravées dans l’esprit de ceux qui les ont connues mais magnifiées non seulement par le souvenir mais par les arrangements de Sébastien Lépine et l’interprétation des musiciens trifluviens.

La soirée s’est ouverte sur un pot-pourri de sept chansons offrant un aperçu de ce qui s’en venait : du Bowie (Let’s Dance), INXS (Never Tear Us Apart), Frankie Goes to Hollywood (Relax), The Police (Every Breathe You Take), INXS (What You Need), Simple Minds (Don’t You Forget About Me) et Tears For Fears (Everybody Wants to Rule The World). Vous voyez le genre? Ça partait assez fort.

J’ai craint au départ que l’orchestre prenne un peu trop de place au détriment de la voix de Sylvain Cossette. Craint aussi que celui-ci soit un petit peu empêtré par la lourdeur de l’ensemble qui l’accompagnait. Tout cela s’est rapidement dissipé. L’orchestre du Conservatoire a été absolument remarquable de finesse par son dosage, appuyant savamment les quatre musiciens habituels du chanteur. Souple, précis, discret quand cela s’imposait, l’orchestre n’a rien dénaturé, se mettant entièrement au service du répertoire choisi par Sylvain Cossette.

Il ne s’agissait ni de transformer les chansons ni de les reproduire à l’identique mais de leur donner une texture supplémentaire ce qui a été magistralement réalisé. C’est quand même assez drôle de penser qu’on était fascinés, il y a trente ans, de reproduire des sons d’orchestre avec un appareil électronique alors que samedi, on l’était tout autant d’entendre un orchestre remplacer des synthétiseurs.

Quand il a fallu donner de l’ampleur à la musique, jamais même les versions originales n’ont eu autant de souffle. On pense à Africa ou Sledgehammer mais surtout à Purple Rain extraordinairement grandiloquente, hommage très appuyé à son grand compositeur disparu. On a pu entendre l’avantage d’une infrastructure comme l’Amphithéâtre où le son peut prendre toute son amplitude. Un son encore une fois impeccable, superbement équilibré, qu’on soit tout près de la scène ou dans l’espace gazonné.

À l’autre bout du spectre, quand il s’est agi de donner du tonus à LA chanson la plus populaire des années 80 selon les recherches de Sylvain Cossette, la pétillante Never gonna give you up de Rick Astley, on a pu constater la souplesse d’un orchestre pimpant et sans le moindre indice de lourdeur. C’est là un hommage tant aux musiciens et à leur chef qu’au talent d’arrangeur de Sébastien Lépine qui s’est totalement mis totalement au service du répertoire.

J’ai eu l’impression qu’après quelques chansons, Sylvain Cossette a pris non pas de l’assurance mais qu’il s’est laissé davantage aller. Ça tenait peut-être à la première réaction du public au terme du pot-pourri initial quand les gens se sont levés pour l’applaudir. 4000 personnes debout qui vous acclament en début de spectacle, ça fait toujours plaisir.

On l’a senti en pleine possession de ses redoutables moyens. Il n’en est toujours qu’aux toutes premières représentations de cette tournée et l’enthousiasme était palpable. Sa voix est toujours très impressionnante et devant les exigences de certaines mélodies joyeusement juchées dans les hauteurs, on ne l’a jamais entendu peiner. Il était dans sa zone de confort, de retour à la maison, manifestement ravi par l’ampleur de l’événement.

La soirée a été marquée par un épisode très émouvant quand François Cossette est venu rejoindre son frère sur la scène sous les cris de la foule étonnée et touchée. Guitare dans les bras, il a accompagné Sylvain sur Don’t Dream it’s Over de Crowded House. François Cossette qui a brillé dans Showtime à Trois-Rivières et qui faisait partie du groupe Paradox dont Sylvain était le chanteur, a affronté une grave leucémie il y a un an. Hospitalisé au moment où Sylvain a su qu’il ferait ce spectacle, ils ont conclu un pacte à l’effet que si François se portait mieux, il viendrait jouer sur scène. Le frangin avait l’air en grande forme. Pendant la chanson, les deux frangins se regardaient en jouant et on a pu voir sur l’écran géant Sylvain signifier à François de regarder plutôt la foule qui l’acclamait. François a été très ému, le public également.

Le spectacle avec sa quarantaine de chansons prend maintenant la route pour un long et sans aucun doute fructueux tour de la province. Aucun autre public n’aura cependant l’occasion de savourer ce que les Trifluviens ont entendu samedi soir, un spectacle mémorable.