Le comédien et désormais scénariste Frédéric Boudreault est à l’origine de la série web Appelle-moi Alice dont la bande-annonce a été tournée à Saint-Alexis-des-Monts et qui pourrait y être tournée l’été prochain.

Une série web à Saint-Alexis-des-Monts?

Trois-Rivières — La multiplication des plateformes de diffusion permet aussi la multiplication des formes dans le monde de la vidéo et les séries web prennent de plus en plus de place. Une de celles-ci porte le nom d’Appelle-moi Alice et sa bande-annonce, présentement disponible sur la page Facebook Appelle-moi Alice, a été tournée à Saint-Alexis-des-Monts le 20 février dernier.

Le projet est né de la plume du comédien et scénariste montréalais Frédéric Boudreault qui, en compagnie d’Émilie Leclerc-Côté, a conçu cette histoire au sujet aussi audacieux que sensible. C’est au réalisateur Jimmy Larouche «qui possède la sensibilité et le savoir-faire qu’on recherchait», dit Boudreault, qu’on a confié les rênes du projet.

Il y est question d’Alice, une femme transgenre de 65 ans qui revient dans son village d’origine pour y retrouver sa fille qu’elle n’a pas vue depuis sa transformation il y a plusieurs années.

Si la bande-annonce ne fait que mettre la table, on comprend aisément tout ce que pareil sujet peut receler de filons scénaristiques plus qu’intéressants sur la base des notions d’identité, du regard des autres, de la redéfinition tant de soi-même que de la relation parent-enfant, etc.

Tout cela reste de l’ordre du conditionnel puisque la série n’a pas encore obtenu un financement permettant de réaliser les cinq épisodes de huit minutes prévus, le tout avec une facture visuelle pouvant se comparer aux longs métrages commerciaux. Le projet a été déposé devant diverses instances pour obtenir du financement et le succès de la bande-annonce sur le web devrait constituer un élément important dans la prise de décision d’éventuels subventionneurs. Outre le sujet et la présence derrière la caméra de Jimmy Larouche qui a deux longs métrages à son actif (Antoine et Marie et La cicatrice) la distribution ne devrait pas manquer d’influencer positivement les preneurs de décision. Le rôle d’Alice a été confié à Marc Béland alors qu’on retrouve aussi au générique Emmanuel Bilodeau, Louise Portal, la Trifluvienne d’origine Claire Jacques de même qu’Émilie Leclerc-Côté.

Le choix de Saint-Alexis-des-Monts comme lieu de tournage tient autant à des considérations purement pratiques qu’à d’autres de nature artistique. «C’est le village où habite ma belle-famille, explique Frédéric Boudreault. On y a été accueillis de façon vraiment extraordinaire pour le tournage par la famille Martel, notamment. Pour une scène où on avait besoin de figurants, Mélanie Saint-Onge nous en a trouvé une trentaine et la direction de la résidence funéraire St-Louis nous a ouvert les portes pour qu’on puisse y tourner une scène. La qualité d’accueil des gens en région est toujours extraordinaire et là, on a vraiment été choyés.»

«Par ailleurs, il était impératif que l’histoire se déroule en région. Il y est question d’un retour aux origines pour le personnage principal et je voulais que ce soit dans une petite communauté où les gens se connaissent. Les lieux de l’action ne sont pas anecdotiques, ils font partie de l’enjeu dramatique. De plus, j’ai prévu qu’il y ait un camp de pêche qui vient rappeler une activité que Frédérique, la fille, partageait avec son père dans sa jeunesse. Pour ça, Saint-Alexis-des-Monts est l’endroit idéal.»

Par contre, il n’est pas garanti que la série se tourne à Saint-Alexis-des-Monts pour des raisons financières. «Si le financement est assez important, c’est sûr qu’on veut y retourner, clame Frédéric Boudreault, mais il y a certains coûts qui y seraient associés. Par ailleurs, l’extraordinaire collaboration qu’on a eue de la population du village a permis d’économiser sur certains coûts alors, il faudra voir.»

Si le financement est au rendez-vous, on pourrait tourner au cours de l’été prochain ou, au plus tard, à l’automne. «J’ai confiance que notre projet soit retenu, affirme le scénariste. Le sujet est dans l’air du temps et nous le traitons de façon originale en ciblant une femme plus âgée qui a effectué la transformation tard dans sa vie alors que quand il en est question habituellement, on s’arrête le plus souvent aux jeunes.»