Une sculpture monumentale de Dany Laferrière signée Roger Langevin installée à la Grande Bibliothèque de Montréal
Une sculpture monumentale de Dany Laferrière signée Roger Langevin installée à la Grande Bibliothèque de Montréal

Une sculpture monumentale de Dany Laferrière installée à la Grande Bibliothèque de Montréal

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Une œuvre monumentale en hommage à Dany Laferrière a quitté l’atelier du sculpteur Roger Langevin de Rimouski pour prendre la route vers la métropole, où elle a été installée, mardi, dans le jardin d’art de la Grande Bibliothèque de Montréal. 

Façonnée dans un matériau composite appelé la résilice, la sculpture représente l’illustre écrivain et membre de l’Académie française assis sur la plus haute marche d’un escalier, sur les parois duquel est transcrit un extrait de son roman «L’exil vaut le voyage», qui donne le titre à la pièce pesant plus de 544 kg (1 200 livres). Pour créer l’œuvre, Roger Langevin s’est inspiré d’une photo du collègue Ian Doublet parue dans Le Soleil du 9 novembre 2019. Frappé par la force qui s’en dégage, l’artiste a, pour la première fois en soixante ans de carrière, puisé son élan créateur à partir d’une photo. Celle-ci accompagnait un article qui soulignait le cinquième anniversaire de l’intronisation de Laferrière à l’Académie française.

Rencontre entre le sculpteur et l’écrivain

Avant que l’énorme pièce soit transportée sur une distance de 550 km, Roger Langevin a fait parvenir plusieurs courriels à la secrétaire de Dany Laferrière, alors qu’il était en Haïti. «Petit à petit, ça a fait son chemin, raconte le sculpteur. Je l’ai rencontré en compagnie de mon fils Jérôme, il y a deux mois environ, à Montréal.» 

Selon M. Langevin, Dany Laferrière a exprimé une certaine gêne relative à l’existence d’un monument à son effigie de son vivant, «de se voir magnifier de la sorte en plus grand que nature». «C’est un homme humble, en réalité. Je lui ai dit qu’il était l’honoré et que moi, j’étais l’honorant. Donc, on n’a pas le même point de vue.» L’écrivain d’origine haïtienne aurait préféré que l’œuvre soit d’abord installée à Petit-Goâve, là où il est né. 

Laferrière et la Grande Bibliothèque

Le fils de Roger Langevin a ensuite rencontré le président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Jean-Louis Roy. «Il a été très impressionné et il tenait mordicus à avoir la sculpture à la Grande Bibliothèque. Alors, j’ai proposé, pour couper court à tout problème, de la prêter pendant un an à la Grande Bibliothèque. Là, il n’y a personne qui peut dire quoi que ce soit. Il n’y a pas eu de concours. On simplifie. Il n’y a personne qui peut empêcher un artiste de prêter quoi que ce soit quelque part.»

«L’œuvre est là temporairement et elle ira peut-être à Petit-Goâve en Haïti dans un an, poursuit M. Langevin. La Grande Bibliothèque pourrait aussi en faire l’acquisition. On pourrait faire un bronze sur l’œuvre, la mouler pour Montréal et que l’original aille à Petit-Goâve. C’est dans les possibilités, mais ce sont toujours des conditionnels. Je ne peux rien affirmer.» 

Selon le sculpteur, Dany Laferrière a été très important quand est venu le temps de construire la Grande Bibliothèque. «Voilà pourquoi Jean-Louis Roy était tellement intéressé à ce que la sculpture aille là, en remerciement pour Dany Laferrière.»

Des réactions de partout

Depuis l’installation de son Dany Laferrière à Montréal, Roger Langevin reçoit des messages de partout. «C’est incroyable, commente l’artiste qui se dit surexcité et exalté devant autant de réactions positives. Ça fait un effet que je n’aurais jamais imaginé. Il y a comme un engouement. Quelqu’un a dit que ça réveillait le jardin de la Grande Bibliothèque. Elle est vue de partout!»

Selon le sculpteur, cette œuvre monumentale de l’écrivain suscite beaucoup plus de réactions que pour celle de Félix Leclerc au parc Lafontaine à Montréal, qui est également l’une de ses créations.