Le leader de la formation Bears of Legend, David Lavergne, s’offrira, à l’instar du groupe, un été de création pour compléter la réalisation du troisième album.

Une saison de création

TROIS-RIVIÈRES — Vous avez l’impression qu’on n’entend plus tellement parler du groupe Bears of Legend depuis un bon moment? Vous n’avez pas tort. Le groupe mauricien a été moins présent au Québec pour se concentrer sur le marché européen au cours des quinze derniers mois mais il est présentement à élaborer un nouvel album, son troisième, qui sortira en octobre sous le titre de A Million Lives.

Le groupe demeure fidèle à une approche maintenue depuis sa création: il fait les choses à son rythme propre. Chacun des sept membres de la formation a sa vie, son emploi et concilie les impératifs de la musique à celles d’une vie personnelle riche et remplie. Ça n’a pas empêché les musiciens de beaucoup voyager au cours de la dernière année et demie pour faire connaître leur musique outre-Atlantique.

«Le dernier concert qu’on a donné au Québec, c’était en avril 2017 à Trois-Rivières, se remémore David Lavergne, leader du groupe. Par la suite, on est parti en tournée en Allemagne et, plus tard au cours de l’été, en France et en Belgique. À l’automne dernier, on retournait en France et en Belgique et finalement, nous revenons d’Italie où nous sommes allés pendant le mois de mai.» Pas mal pour un groupe qui s’est fait discret...

«De fois en fois, les choses deviennent plus faciles là-bas. On a maintenant une équipe pour nous aider en Europe. On y fait beaucoup de gros festivals où on nous classe dans la musique du monde. L’accueil est très bon et on a vendu beaucoup d’albums dans ces festivals. D’ailleurs, on a joué en Allemagne au Rudolstadt Festival, un des plus gros festivals de musique du monde. On devait jouer sur une scène secondaire mais finalement, à cause d’un désistement, on s’est retrouvé sur la grande scène devant 30 000 personnes. Le spectacle a été télédiffusé sur ARTV concert dans la francophonie européenne. Ç’a été un des grands moments de cette tournée. C’est ce qui nous a permis de dénicher un agent là-bas.»

La réception des Européens à la musique mauricienne des Ours a apparemment été excellente. «On a réussi à créer une proximité avec les publics comme celle qu’on a avec les gens d’ici, clame David Lavergne. On a senti leur ouverture à ce qu’ils considéraient comme de la musique canadienne et ça a fait de beaux spectacles. Je craignais Paris, par exemple, où le public risquait d’être froid et distant mais on a fait trois spectacles devant 300 à 400 personnes et malgré toute l’effervescence de cette grande capitale, dans la salle, on obtenait un silence et une écoute extraordinaires. On s’est aperçu que ce partage qu’on vit au Québec peut s’exporter ailleurs dans le monde.»

Cette tournée européenne ne sera pas sans conséquences sur la suite des choses pour Bears of Legend et on ne parle pas que de spectacles mais bien du troisième album. «Dans ces festivals, on a eu l’occasion de côtoyer des musiciens de partout dans le monde, on a beaucoup écouté leur musique et ça nous a beaucoup inspiré pour notre prochain album. D’autant qu’en tournée, le groupe était bien soudé, on voyageait beaucoup en avion ou en train alors ç’a été l’occasion idéale d’écrire de nouvelles chansons.»

Principal compositeur, David avertit déjà son public que le groupe prendra une tangente un peu inattendue. «J’avoue qu’on prend vraiment une nouvelle avenue et nous-même, ça nous a surpris. On modernise le son du groupe. On va introduire des synthétiseurs pour la première fois et certaines chansons vont avoir un son plus pop-rock avec des harmonies vocales et des arrangements plus actuels. Ça reste foncièrement la musique des Ours mais le son folklorique va être moins à l’avant-plan. Je laisse tomber la mandoline ou le ukulele pour offrir un son plus épuré, plus cinématographique, je dirais. Ça va donner un album plus aérien et moins rustique que les deux premiers. On pourrait même avoir des chansons qui auront le format pour passer à la radio.»

Rassurons les fans: ça ne tient pas à une volonté consciente d’être plus commercial. «C’est vraiment arrivé de façon organique. C’est comme ça que la musique s’impose à nous présentement. On va s’éclater un peu plus et franchement, on trippe énormément à travailler là-dessus.»

Le groupe enregistre présentement au Studio Radicart de Francis Perron à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. On prévoit une sortie vers la première semaine d’octobre. Il n’est pas exclus que le public ait droit à la sortie d’un simple dès la fin août en avant-goût. David Lavergne et ses acolytes se donnent un mois pour compléter le tout avant d’aborder la mise en marché. Entre temps, ils profiteront tous d’un été plus tranquille, loin des scènes, pour une pause bien méritée après quelques années d’effervescence. Les dates de la tournée qui va suivre la sortie de l’album commencent à s’accumuler et même si, sur leur site on ne voit rien de prévu pour Trois-Rivières, David assure que lui et sa bande d’ours seront parmi nous dans le cadre de cette tournée.