Encore peu connue chez nous, Chloé Lacan offrira son spectacle plein de fantaisie, d’humour et d’émotion au public québécois dans le cadre d’une tournée qui l’amènera à Trois-Rivières le 3 mars.

Une rencontre unique

Trois-Rivières — En France, elle a fait sa place dans un créneau plus ou moins définissable mais surtout dans le cœur d’un public fidèle. Cela n’empêche pas Chloé Lacan de s’abandonner à des aventures, à des conquêtes de nouveaux territoires. Elle effectuera dès le 27 février une tournée au Québec qui lui permettra de s’arrêter à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture le 3 mars.

Cette auteure, compositrice et interprète n’est pas, en vérité, à la recherche de nouveaux marchés. Elle serait plutôt intéressée à de nouvelles rencontres. Et si elle effectue une tournée québécoise, c’est qu’elle a remporté le prix franco-européen du dernier Festival international de la chanson de Granby. «C’est le directeur du festival Pierre Fortier qui m’a demandé de revenir après avoir participé à son événement dans le passé, indiquait la chanteuse depuis la France en début de semaine. L’idée de retourner au Québec m’a beaucoup plu et remporter le prix a été une très heureuse surprise. J’ai très hâte d’aller à la rencontre du public de chez vous.»

«J’avoue que je suis très curieuse de voir les réactions des Québécois mais quand j’ai chanté hors de la France, j’ai toujours reçu un très bel accueil. Comme mon spectacle est très théâtral, parce que je viens de ce monde-là, je pense que son attrait dépasse les frontières nationales et que c’est accessible à tous les publics.»

Chloé Lacan a deux albums à son actif et son plus récent spectacle, intitulé Ménage à trois, fait écho à son petit dernier construit autour du trio qu’elle forme avec Nicolas Cloche et Brice Perda. Si elle est irrémédiablement liée à l’accordéon, ses deux acolytes se veulent multi-instrumentistes, touchant aussi bien le piano que les percussions ou le ukulélé pour Cloche et le saxhorn basse, le Flugabone ou le glockenspiel pour Perda. Rien de très conventionnel pour une musique qui ne l’est guère davantage.

Elle voue à l’accordéon une passion viscérale. Elle le considère, oh surprise, comme excessivement charnel à cause du contact constant avec son ventre d’interprète et aussi par sa respiration quasiment animale. Elle aime l’entraîner dans toutes sortes de chemins de traverse et en tirer de multiples sonorités, une polyvalence qu’on n’associe pas si souvent à cet instrument méconnu. «C’est vrai qu’au départ, c’est un instrument dont la sonorité est exceptionnelle. Il est aussi multiple, étant joué de nombreuses façons très différentes par différents peuples à travers le monde. Moi, j’aime beaucoup le côté percussion que j’arrive à en tirer. Ménage à trois est un spectacle aussi joyeux qu’il peut être tendre et mélancolique et l’instrument me permet d’explorer toutes les zones émotionnelles.»

Chloé Lacan a été élevée dans l’amour de la chanson française traditionnelle que représentent Brel, Brassens ou Barbara mais d’autres influences, dont le jazz de Nougaro, sont venues, plus tard, modeler la musicienne.

Elle puise aujourd’hui dans la musique tsigane ou dans le séga avec la même impudeur. Libre chanteuse, l’interprète ne craint même pas d’emprunter à l’opéra ou à Gloria Gaynor selon ce que sa fantaisie lui dicte.

«Le spectacle que je vais présenter au Québec sera composé essentiellement de mes chansons, précise-t-elle, mais comme j’aime beaucoup interpréter les chansons d’autres artistes, je vais probablement y inclure un petit hommage à Nina Simone. Le spectacle repose sur un canevas assez précis mais en même temps, il inclut des échanges directs avec les spectateurs et nous serons donc ouverts aux petits accidents, aux imprévus.»

«Pour moi, c’est simplement un très beau cadeau que de faire pareille tournée. Je ne sens pas de défi à relever, seulement le plaisir de découvrir un nouveau public. Comme ça va se faire dans de petites salles, je suis encore plus heureuse parce que c’est de loin l’atmosphère que je préfère. Je redoute un peu les grandes salles noires où on ne voit pas les gens. J’aime sentir la présence des spectateurs. Lors de mon passage à Granby, j’ai senti quelque chose de fort avec le public québécois que j’espère retrouver dans les différentes salles à travers la province.»