Avec dix-neuf interprètes dans une grande production classique, Anything Goes, la comédie musicale que proposent Les Productions de la 42e Rue, est la parfaite proposition pour un plaisir d’été rafraîchissant.

Une pure comédie musicale

TROIS-RIVIÈRES — Qui a envie de se casser la tête par les caniculaires temps qui courent? S’ils décident d’aller dans une salle de spectacle, la plupart des gens le font pour se détendre et rigoler. Les Productions de la 42e Rue ont compris cela et leur production de la comédie musicale Anything Goes va tout à fait dans ce sens.

Anything Goes fait partie des classiques du genre. Créée en 1934 avec les paroles et la musique de Cole Porter, la pièce a connu deux reprises majeures à Broadway en 1987 et en 2011 au moment desquelles on a redonné un coup de jeune à la production. En gros, l’action se déroule sur un bateau de croisière entre New York et Londres, bateau sur lequel un courtier de Wall Street s’est embarqué clandestinement pour rejoindre sa fiancée outre-Atlantique. À bord, il croise une multitude de personnages qui justifieront des intrigues et des histoires d’amour sur une trame musicale entraînante et les chorégraphies qui en découlent. Un divertissement de Broadway dans la plus pure tradition, en somme.

«Elle faisait partie de nos comédies musicales potentielles à chaque saison mais on l’écartait toujours sous prétexte qu’on avait l’impression qu’elle se concentrait trop sur un seul personnage, explique Manon Carrier, coordonnatrice de la production, traductrice du texte et interprète. En voyant une version en vidéo, on s’est aperçu qu’on l’avait très mal évaluée et qu’elle cadrait très bien dans nos normes à nous qui impliquent plusieurs interprètes avec des rôles consistants.»

La distribution compte pas moins de dix-neuf comédiens chanteurs qui seront accompagnés par six musiciens. Comme tous les interprètes endossent plusieurs rôles, Anything Goes constitue un tour de force dont les spectateurs ne seront pas témoins parce que c’est en coulisses que les interprètes doivent rivaliser d’efficacité pour assurer leurs nombreux changements de costumes. «Non seulement chaque interprète campe différents personnages mais en plus, certains des personnages se changent à plusieurs reprises au cours de la pièce. C’est vraiment tout un défi.»

Défi accentué par un autre aspect de la production qui vient empiéter sur l’espace vital des chanteurs: le décor. «On compte vraiment sur un décor extraordinaire, explique Manon Carrier. La reproduction du bateau est une vraie réussite qu’on doit à Lausanne Dubois et Carol Boulianne. En plus de la vision du pont du bateau, ils ont trouvé le moyen de reproduire des cabines qu’on arrive à déplacer sur scène à certains moments. C’est magnifique mais il faut comprendre que ces modules viennent occuper de l’espace normalement réservée aux comédiens dans les coulisses qui doivent donc effectuer leurs changements de costumes express dans un espace vraiment restreint. Ça devient une course folle dans les coulisses avec la complicité de tout un chacun et ça nous vaut plusieurs fous rires.»

La bonne nouvelle, c’est que cette bonne humeur déborde sur la scène et contribue au côté bon enfant de cette comédie qui n’a d’autre prétention que de faire passer un bon moment au public. «C’est léger, drôle, divertissant et la trame musicale est magnifique: les gens vont sortir de la salle avec un grand sourire dans le visage. C’est comme une grosse barbe à papa parfaite pour l’été!» Ceux qui veulent avoir une idée de ce que ça peut donner peuvent consulter la page Facebook des Productions de la 42e Rue où on présente des extraits captés lors de la première répétition générale et aussi lors des répétitions antérieures.

La légèreté n’exclut en rien la sophistication de la production. «À chaque nouveau spectacle qu’on présente, William (Lévesque, le metteur en scène) cherche de nouveaux défis créatifs. On n’a pas le choix de se surpasser à chaque fois et je pense que ça fait partie du plaisir qu’on a à jouer dans ces comédies musicales, estime la coordonnatrice. Le décor qu’on a cet été est probablement le plus élaboré avec lequel on ait travaillé avec celui d’Avenue Q et on en a exploré tous les passages et escaliers secrets lors des répétitions. Ça va vraiment être un plaisir à interpréter. Je sais aussi que ça va plaire à un très large public: mon fils de dix ans a adoré ça et je sais qu’il y a un niveau d’humour qui s’adresse davantage aux adultes qui vont aimer tout autant.»

La «barbe à papa» Anything Goes sera présentée cinq fois sur deux fins de semaine consécutives les 13, 14, 20, 21 juillet à 20 h de même que le 22, à 14 h, toujours à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.