Le Théâtre des Nouveaux Compagnons invite les spectateurs à assister et à participer à une bonne vieille noce typique dans la pièce La Noce présentée jusqu'à dimanche à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture.

Une noce bien typique

Faire vivre une expérience aux visiteurs, voilà un mot-clé dans l'industrie du divertissement depuis quelques années.
Les arts n'échappent pas à la tendance comme le démontre la deuxième production de la saison du Théâtre des Nouveaux Compagnons; avec La Noce, de Robert Duparc, les spectateurs sont carrément invités à participer à une noce.
Le metteur en scène Stéphane Bélanger avait intrigué avec cette proposition évoquée au moment du lancement de la saison à l'automne. Aujourd'hui, il est plongé dans l'expérience et ne regrette rien de son choix audacieux. «Ça se déroule comme je le souhaitais mais même moi, je suis agréablement surpris par la tournure des choses.»
Le metteur en scène est bien conscient qu'il sortira les spectateurs de leur zone de confort comme ce fut le cas pour les 18 comédiens et 6 figurants qui constituent la distribution de cette pièce.
«On invite le public à participer à une noce de sorte qu'il y a une constante musique d'ambiance, que la scénographie n'est pas faite pour que le public ait la meilleure vision d'ensemble, etc. C'est une expérience différente de ce à quoi les gens sont habitués.»
Après quelque 25 années de mise en scène, Bélanger avait le goût d'explorer un nouveau territoire.
«J'ai toujours défendu l'idée de présenter un spectre de spectacles aussi large que possible. Je pense que j'offre une nouvelle avenue au public, une façon de faire dans laquelle ils vont se sentir concernés, ce qui pourrait les inciter à revenir plus souvent au théâtre.
Je souhaite que pendant la représentation, ils en viennent à oublier qu'ils assistent à un spectacle et qu'ils vivent une belle grosse noce un peu cheap comme on en a tous connue un jour ou l'autre. Une noce avec des chicanes de famille qui ressortent, un quelconque parent qui a trop bu, des vérités cachées qui se révèlent, etc.»
La forme en soi recèle forcément un propos sur le théâtre lui-même, mais elle est aussi prétexte à parler de la famille, des liens qui unissent ou pas les êtres entre eux.
«Par moments, c'est très léger, et à d'autres, c'est dramatique, confrontant. C'est un véritable tourbillon pour les spectateurs et je les avertis immédiatement qu'il leur faudra être attentifs pour ne rien manquer de ce qui va se passer au cours de la soirée.»
L'expérience est à ce point immersive que le public est invité à s'habiller chic comme pour assister à une noce et qu'il peut même apporter un objet qui ne lui sert plus comme cadeau aux mariés. L'objet sera par la suite offert à une oeuvre de charité.
Les spectateurs pourront aussi prendre une bière et danser avec les comédiens à certains moments. En fait, une des inquiétudes du metteur en scène tient à ce qu'il se demande jusqu'à quel point les gens vont embarquer. 
«C'est même mon angoisse principale! Après réflexion, j'ai décidé d'interpeller directement le public en me présentant à lui au début de la pièce pour expliquer le concept. J'ai quand même confiance que le party puisse prendre. J'ai déjà fait des pièces avec un côté interactif mais jamais quelque chose de cette ampleur-là.»
D'ailleurs, la durée de la pièce est variable en fonction de la participation des gens, jusqu'à un maximum de 2 h 30. Si les spectateurs ont du plaisir, j'aurai rempli ma mission. Je ne cherche rien de plus. Ce qui est certain, c'est que ce sera un gros party de comédiens.»
Le concept semble avoir attiré l'attention puisque, devant les bonnes ventes de billets, on a ajouté deux représentations supplémentaires. 
Il faut dire que la pièce est présentée à la salle Louis-Philippe-Poisson et qu'on n'a que 70 places disponibles pour chacune des représentations programmées les 19, 20, 21 janvier, à 20 h, avec des supplémentaires à 14 h les samedi 21 et dimanche 22.