Les cadrans stylisés qu’on retrouve au mur sont les dernières créations de l’artiste trifluvien Jean Beaulieu qui élargit ainsi la gamme de ses oeuvres offertes à travers la boutique À la cARTe du centre-ville trifluvien.

Une façon unique de voir le temps

TROIS-RIVIÈRES — Un peu plus d’un an après avoir ouvert sa boutique À la cARTe au centre-ville trifluvien, l’artiste Jean Beaulieu déborde d’idées, de projets et de nouveautés. La plus marquante de ces dernières est probablement sa production d’horloges offertes en boutique qui feront l’objet d’une exposition publique et gratuite le dimanche 25 août, de 14 h à 17 h, au 1500 Notre-Dame centre.

À la base de la production de ces horloges, on retrouve l’instrument de découpe au laser qui permet à l’artiste de réaliser des cartes, bien sûr, mais une quantité impressionnante d’objets artistiques ou promotionnels. La boutique regorge de verres, de planches à découper, de boucles d’oreilles, d’aimants à réfrigérateurs, de signets, de tasses, etc. Tous des objets conçus par Jean Beaulieu qui les a dessinés dans la lignée de son travail sur des vitraux qui, eux-mêmes, découlaient de ses créations en tant que peintre. «La caractéristique de tout, c’est l’idée de la découpe qui sert de base à tous les dessins, explique-t-il. Ça part de ce que j’ai développé avec les vitraux mais surtout, mes dessins reflètent toujours mon style personnel. Peu importe l’objet que je conçois, je veux que les gens puissent dire en voyant le dessin que c’est du Jean Beaulieu.»

Ce style est difficile à décrire; on parle de formes très épurées, stylisées, marqués par des lignes superflues mais avec toujours un élément graphique très évocateur qui assure une identification limpide du sujet. Or, tout ce qui est en boutique a d’abord été imaginé par l’artiste, insatiable dessinateur. «Tous les modèles sont originaux, convient Beaulieu. C’est toujours mon design que nous sommes capables de reproduire à volonté par la suite. Ainsi, je peux dessiner une horloge, la fabriquer et la reproduire dans autant d’unités que le client peut vouloir.»

La boutique est liée à un atelier attenant où on réalise les oeuvres sous toutes leurs formes. Une bonne partie de la production est destinée à la clientèle corporative mais on réalise aussi et surtout, des demandes individuelles. «Le nom de la boutique dit bien ce qui nous caractérise: nous fabriquons les objets à la carte. Les gens m’arrivent avec une idée, un concept que j’illustre dans mon style et c’est nous qui fabriquons l’objet. C’est toujours unique. Je ne refuse jamais une commande. Je trouve toujours la façon d’illustrer ce que les gens veulent. C’est parfois difficile, c’est vrai, mais ma ressource première, c’est mon imagination.»

Présentement, la boutique compte environ 385 modèles différents de cartes de souhaits, un nombre en augmentation constante. «Je dessine sept jours sur sept, c’est plus fort que moi, et j’ai toujours autant de plaisir à le faire.»

Lors de l’exposition du 25 août, ouverte à tous, pas moins de 63 horloges seront présentées au public. C’est beaucoup, mais insignifiant quand on pense aux possibilités puisque même dans ce créneau, Beaulieu peut oeuvrer sur commande. «Plusieurs modèles sont déjà en boutique et c’est le deuxième item qu’on vend le plus après les cartes et ce, même si c’est un créneau récent. Je travaille à créer de nouveaux modèles, j’explore d’autres avenues. Il y a des contraintes techniques mais moi, c’est ça qui me stimule. J’adore le défi de concilier mon style avec la demande du client.»

«Par ailleurs, comme tout est fait sur place et que chaque réalisation est unique, le côté artisanal demeure très présent et très important à mes yeux.»

Ceux qui le suivent depuis plusieurs années seront peut-être en mesure de voir l’évolution de son inspiration. «Dans tous les créneaux que j’ai exploités, mon art a évolué. Si on compare les vitraux que j’ai réalisés pour le centre funéraire Rousseau et les derniers que j’ai faits, il y a une énorme différence. Les lignes se sont épurées beaucoup, notamment.»

Si la clientèle régionale commence à connaître les produits et les possibilités de l’atelier, les clients de l’extérieur sont nombreux: des musées, l’Oratoire Saint-Joseph, la Maison de l’Échouerie aux Îles-de-la-Madeleine, etc. «Le nom commence à circuler, dit l’artiste. Les gens commencent à savoir qu’on travaille sur commande et certains contrats à l’extérieur nous font connaître. C’est très encourageant. L’exposition du 25 va faire découvrir à plusieurs l’étendue de nos possibilités.»