Rémi-Pierre Paquin a su donner des frissons au public lors de sa performance dans Antarctique solo.

Une expédition qui ne laisse pas de glace

SHAWINIGAN — L’épopée glaciale de Frédéric Dion a repris vie pour une deuxième saison, jeudi soir, à la Maison de la culture Francis-Brisson. Antarctique solo a présenté une aventure qui, encore une fois, ne pouvait laisser le public de glace.

C’est sous une ambiance à caractère ludique que l’expédition hivernale de Frédéric Dion s’anime à travers Antarctique solo. La pièce, interprétée par Rémi-Pierre Paquin, nous montre les péripéties qu’a vécues l’aventurier en Antarctique alors qu’il vient tout juste de perdre son traîneau dans lequel se trouvent tous ses vivres et autres éléments essentiels à sa survie. Vingt minutes, c’est le court laps de temps qu’il estime avoir, avant qu’il ne soit trop tard. C’est à travers ces minutes cruciales que s’échelonne le récit de la pièce.

Dans un humour bien dosé sous le ton du sarcasme, le délire glacial d’Antarctique solo offre une prestation qui replonge le public dans ce continent désertique. Malgré la solitude qui règne sur la scène, les émotions transmises par Rémi-Pierre Paquin sont authentiques et bien senties. De l’angoisse à la détermination, de la peur à l’espoir, tout y est. Une panoplie d’émotions qui vont parfois dans tous les sens, mais qui s’équilibrent bien entre la lumière et les ténèbres. Une belle harmonie qui jongle entre le loup noir et le loup blanc. Le comédien a su exécuter son rôle d’aventurier avec justesse et finesse présentant des situations dans lesquelles le public peut facilement se mettre dans la peau du personnage. On en oublie presque le froid et la neige. Même si la neige n’est pas utilisée en abondance, la mise en scène de Pierre-François Legendre a su reconstituer l’ambiance austère de l’expédition. La pièce en elle-même représente un beau défi technique nécessitant de la part du comédien une précision exacte qu’il maîtrise avec brio.

Briser l’isolement
La solitude et l’isolement de l’expédition sont vite effacés par l’abstraction du quatrième mur. Ce «mur» représente la limite entre la fiction et la réalité, il est ce qui permet normalement de séparer le public des comédiens présents sur scène. En faisant fi du quatrième mur et en s’adressant directement aux spectateurs, la proximité des péripéties vient s’accroître créant un lien plus fort avec le public présent dans la salle.

Antarctique solo aborde aussi un certain volet éducatif en donnant l’opportunité au public d’en apprendre davantage sur ce continent hivernal méconnu. Par ces interventions, on peut y déceler un léger clin d’œil aux conférences qu’offre Frédéric Dion avec ses expéditions.

Toute cette aventure ne serait rien sans une certaine leçon de vie. Au final, une réflexion philosophique pointe du doigt l’aventurier en chacun de nous. Ne reste plus qu’à déterminer si nos ambitions domineront nos craintes.

La deuxième saison de la pièce Antarctique solo sera présentée à la Maison de la culture Francis-Brisson jusqu’au 18 août les jeudis,vendredis et samedis.