Pour sa toute première expérience au cinéma, la Trifluvienne Mégane Jacques a été figurante dans le film Une colonie, tourné à Pierreville, et qui est en nomination comme meilleur film de 2018 pour les Prix Écrans canadiens.

Une chance inespérée

TROIS-RIVIÈRES — Le talent est certainement le facteur prépondérant dans le succès d’un acteur ou d’une actrice mais nier l’impact de la chance serait cependant faire preuve de naïveté. C’est vrai pour les artistes établis comme les néophytes. On en veut pour exemple l’aventure de Mégane Jacques, jeune Trifluvienne de 15 ans qui se retrouve dans la distribution du film Une colonie, un des succès surprise de l’année 2018 dans le cinéma québécois.

Mégane Jacques est d’abord et avant tout danseuse au sein de l’école District V du secteur Cap-de-la-Madeleine. La danse, comme elle le dit, c’est son art, et ce, depuis qu’elle a 2 ans. Ça ne l’a pas empêchée de développer un certain attrait pour ce qui est du jeu devant la caméra. Quand, sur Facebook, elle a vu passer une annonce indiquant qu’on cherchait des figurants dans un petit film qui allait se tourner à Pierreville, sur la rive sud; pourquoi ne pas sauter sur l’occasion?

«Je voulais simplement essayer pour voir si ça pouvait me plaire, explique cette élève de l’Institut secondaire Keranna. J’aime bien filmer moi-même avec mon téléphone mais je n’avais aucune expérience d’un vrai tournage comme interprète. Mais qu’est-ce que j’avais à perdre?» Elle a eu raison et on l’a sélectionnée pour des auditions puis, pour un rôle secondaire.

Pour ceux qui ont vu le film ou comptent le voir, elle fait partie des camarades de classe de Mylia lorsqu’elles se retrouvent à jouer au hockey cosom au gymnase et dans le vestiaire après le cours d’éducation physique.

Ce fut l’histoire d’une journée de tournage, juste assez pour découvrir un plateau de tournage, goûter à l’atmosphère unique qui préside à la création d’un film. Voir comment ça se passe dernière la caméra, en somme. Assez pour comprendre ce que veulent dire les interprètes qui répètent combien est éprouvant pour la patience le travail sur un plateau de cinéma. «C’est vrai que c’est long, admet Mégane. Il faut attendre des heures que tout soit prêt avant de tourner mais en même temps, c’était très excitant: tout était nouveau. J’en ai profité pour observer les acteurs expérimentés pour voir comment ils s’y prennent.»

Elle a pu côtoyer Émilie Bierre, jeune vedette de ce film à petit budget qui a pris l’industrie par surprise en se retrouvant en nomination pour le titre de meilleur film de 2018 aux Prix Écrans canadiens. «Émilie et moi n’avons qu’un an de différence d’âge. Elle était très simple et prenait le temps de se mêler aux figurants pour jaser pendant les pauses. Elle était vraiment très gentille. Comme comédienne, je l’ai regardée travailler et elle est vraiment très bonne.»

Mégane conserve de cette expérience au moins une chose essentielle: elle aimerait revivre l’expérience sans pour cela en faire une orientation d’études.

«Comme je suis forte en sciences et que j’aime ça, c’est ce qui reste ma priorité mais j’aimerais assurément travailler de nouveau sur un plateau de tournage. La chose qui m’a le plus impressionnée, je pense que c’est l’implication artistique de toute l’équipe. On sentait que tout le monde donnait le meilleur de lui-même pour faire le meilleur film possible dans un véritable esprit de collaboration.»

Le parcours de l’œuvre tournée avec un maigre 1,5 million $ tend à lui donner raison. Ce qui est certain, c’est que Mégane Jacques ne pouvait rêver mieux pour faire ses débuts sur grand écran. «Débuter sur un film qui reçoit d’aussi bonnes critiques, c’est vraiment extraordinaire comme situation. C’est sûr que le succès d’un film ne tient pas à ses figurants mais en même temps, il en faut pour donner de la crédibilité aux scènes alors, j’ai l’impression d’avoir fait ma petite part. Je suis vraiment très fière du succès d’Une colonie.»