La 44e édition des Prix littéraires Thérèse-D.-Denoncourt pour la Mauricie et le Centre-du-Québec a couronné ces quatre auteurs. Ils sont, de gauche à droite: Sylvie Bouchard (3e prix), Luc Drapeau (prix coup de cœur), Lisanne Rheault-Leblanc (2e prix) et Francine Minguez (1er prix).

Une célébration du travail et du talent

TROIS-RIVIÈRES — La littérature régionale a été célébrée avec panache pour la 44e fois jeudi soir dans le très beau décor du Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac alors qu’on a procédé à la remise annuelle des Prix littéraires Thérèse-D.-Denoncourt présentés par la Société d’étude et de conférences de la Mauricie/Centre-du-Québec.

Si la célébration était sérieuse en ceci qu’elle récompense le travail ardu d’écrivains doués et sérieux, elle n’en était pas moins marquée par un côté détendu et même un certain humour redevables en bonne partie à l’animateur et responsable du concours Olivier Gamelin.

Le jury, composé de Christiane Asselin, Madeleine Sauriol, Juliette Roberge et Katherine Massicotte a lu plus de soixante textes que ce soit de la poésie, de la prose ou du récit. Ce seul chiffre témoigne d’une réjouissante vigueur de la littérature en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Des bourses totalisant 2000 $ étaient remises à quatre récipiendaires; l’argument n’est pas négligeable non plus. Il est à noter que les critères d’admissibilité des textes n’impliquent pas que l’auteur participant, qu’il soit amateur ou professionnel, habite la région mais simplement qu’il entretienne un sentiment d’appartenance avec celle-ci de sorte que les textes soumis provenaient certes en majorité de la région même mais également de Montréal, Gatineau, Québec ou Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

La grande gagnante de l’édition 2018 est la poétesse montréalaise Francine Minguez qui a séduit le jury avec sa suite poétique intitulée De bleus délavés la mémoire, ce qui lui a valu une bourse de 1000 $. Les juges ont notamment parlé d’un texte «...qui a réussi à transcender la subjectivité de l’auteure offrant une brillante réflexion sur le lien amoureux. À travers une poésie aux images fortes, l’auteure exploite avec une profonde sensibilité les thèmes de la mort, de la difficulté de communiquer. L’ensemble est de la grande poésie.»

La lauréate a reçu l’honneur avec tout autant d’élégance s’exprimant à partir de notes écrites plus tôt dans la journée. «Écrire de la poésie est pour moi un entêtement, une persévérance, un désir d’explorer et d’apprendre, un besoin de communiquer, de rejoindre un autre, et un autre et un autre. Toujours un à la fois. C’est beaucoup d’amour et d’engagement dans la vie. C’est un artisanat, une respiration au cœur de la glèbe, une peinture en couleurs ou en noir et blanc, un tracé dans le mystère, dans les symboles et dans l’idéal. Pour dire quoi? Pour dire tout, pour dire le tout et le rien de façon très patiente et concentrée. Boire l’élixir des mots.»

«La poésie, c’est très vaste et c’est tout simple à la fois. C’est quelque chose de bien plus grand que nous, qui nous fait avancer, qui nous fait agir, espérer et dans mon cas, c’est une respiration. Un poète que j’apprécie beaucoup, Robert Mélançon, a déjà écrit à peu près que si tu veux être poète, demande-toi si tu aimes assez le monde pour pouvoir le porter un peu sur tes épaules.»

Décidément, ses seuls mots de remerciements méritaient un prix.

Le deuxième prix du concours, assorti d’un chèque de 500 $, a été attribué à Lisanne Rheault-Leblanc pour sa nouvelle intitulée Le zoo. La jeune femme a reçu cet honneur comme une stimulation propre à accélérer la conclusion du recueil de nouvelles sur lequel elle travaille depuis un certain temps.

«C’est vraiment une tape dans le dos, un encouragement à poursuivre. J’ai pris une nouvelle du recueil sur lequel je travaille pour la soumettre à ce concours et la réception qui en a été faite me dit que ça va dans le bon sens. Quand on écrit, on est seul face à la page et il arrive qu’on se demande si tout ce travail vaut la peine d’être poursuivi ou si je suis la seule personne que mes textes intéressent.»

«Mon texte est un peu étrange, fantastique et de constater que le jury a embarqué dans cet univers-là me rassure. D’autant qu’ils y ont vu certaines qualités littéraires ou narratives et ça me touche énormément. C’est important d’aller chercher le regard des pairs. De constater que des inconnus croient en moi, c’est important.»

Le troisième prix de cette édition 2018, qui vient avec une bourse de 250 $, est revenu à Sylvie Bouchard pour sa suite poétique intitulée Un été de traverse.

Le jury a également remis son prix coup de cœur et 150 $ à Luc Drapeau pour sa nouvelle intitulée D’un commun accord.