Valérie Milot se sent mieux outillée pour profiter de ce qu’elle va vivre dans les prochains mois.

Une carrière et une mission

TROIS-RIVIÈRES — Plus riche d’un instrument d’exception, la carrière de Valérie Milot file à folle allure. Ce n’est qu’un début.

«C’est certain que le nouvel instrument va m’emmener à de plus grandes choses, musicalement parlant, affirme la musicienne d’origine trifluvienne sans la moindre hésitation. Je travaille déjà à mon prochain enregistrement en solo. J’ai vraiment hâte de m’entendre à travers les micros d’un studio pour comparer avec les précédents enregistrements. J’ai hâte à mes prochaines prestations en solo dans de grandes salles pour vivre la différence. Je sais que moi, je vais en entendre une mais je pense que le public aussi. Assurément, les gens vont mieux entendre l’instrument.»

Dans des salles aux acoustiques exceptionnelles ça devrait être spectaculaire. «Déjà, la Maison symphonique, avec l’OSM (18 avril), ça va être un très grand moment dans ma carrière. C’est un passage exceptionnel pour un soliste québécois. Juste avant, avec les Violons du Roy, il y aura le Palais Montcalm à Québec (7 mars) et la salle Bourgie à Montréal (8 mars), deux de nos meilleures salles au Québec.»

Cette rencontre avec l’OSM arrive au moment le plus opportun. La harpiste sera en possession du meilleur instrument qu’elle puisse trouver et elle est elle-même au sommet de sa forme. «J’ai 33 ans, analyse-t-elle. Je sens que je suis au top de ma forme parce qu’en plus d’être physiquement au sommet, j’ai une expérience de la scène. Je me sens mieux outillée pour profiter de ce que je vais vivre dans les prochains mois. Avec l’OSM, ce sera le Concerto pour flûte et harpe de Mozart, avec Bernard Labadie au pupitre. Bernard est le premier chef après Gilles Bellemare à l’OSTR à m’avoir donné ma chance.»

«Par ailleurs, ce concerto de Mozart, c’est tout simplement la raison pour laquelle je joue de la harpe. C’est la première pièce pour harpe que j’ai entendue parce que c’était la préférée de mon père et qu’il nous la faisait souvent entendre. Pendant les huit premières années de mon apprentissage, quand je faisais le trajet pour aller à mes cours à Montréal, immanquablement, mon père faisait jouer un disque de Michel-Ange Arbaletta interprétant le concerto de Mozart. La pièce est comme inscrite dans mon ADN. Avec cet instrument-là je pense que ça va être génial.»

Les Trifluviens ne seront pas en reste puisque l’enfant prodigue reviendra à la maison le mardi 26 mars accompagnée de sa précieuse compagne dans le cadre d’un concert-bénéfice pour la fondation du Conservatoire de musique trifluvien dans le foyer de la salle Thompson. L’événement, prévu pour 17 h, sera également présenté sous forme de cocktail dînatoire pour les détenteurs de billets. Le 28 avril, retour en trio avec l’altiste Elvira Misbakhova et la flûtiste Jocelyne Roy pour un récital intitulé Du rêve à la Russie dans le cadre de la série St. James en musique de l’OSTR.

Cela dit, les retours à Trois-Rivières sont fréquents puisqu’elle enseigne la harpe à deux élèves au Conservatoire. «Je veux favoriser l’accès à la harpe. Quand j’étais jeune, on ne pouvait avoir de cours à Trois-Rivières et j’aimerais beaucoup contribuer à rendre l’instrument plus accessible. J’aimerais, à long terme, développer un réseau avec des instruments disponibles et des gens pour l’enseigner sur un vaste territoire de façon à ce que ça devienne un instrument accessible n’importe où.»