Patrick Lacombe assure la mise en scène de La Nuit des oliviers que présentera le Théâtre Expresso dans les jardins du Sanctuaire les 20 et 21 juillet et les 3, 4, 17 et 18 août.

Une brillante réflexion

Trois-Rivières — Les magnifiques jardins du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap sont non seulement un lieu de recueillement ou de simple promenade mais ils constituent un décor de théâtre exceptionnel dont le Théâtre Expresso a compris la valeur il y a quelques années. Il récidive cet été avec la présentation d’une pièce d’Éric-Emmanuel Schmitt, La Nuit des oliviers, pour six représentations.

Les quelque 1400 personnes qui ont assisté à L’Évangile selon Pilate présenté lors des deux derniers étés par le même Théâtre Expresso conviendront que le site convie à la réflexion. Or, c’est bien la caractéristique première du texte qu’on présente cette année et qui reprend non pas un épisode des Évangiles mais qui se donne comme base un moment de la vie du Christ alors que, sur le mont des Oliviers, il attend de se faire arrêter par les autorités. C’est tout le questionnement de l’homme auquel s’attarde ici l’auteur. Un homme investi d’une mission mais qui n’en reste pas moins homme, en proie aux doutes et aux questions: comment en est-il arrivé là? Est-il bien le Messie? Doit-il mourir pour cela? L’histoire est évidemment connue mais traitée sous l’angle inédit de la vision personnelle de l’auteur.

«C’est un texte philosophique bien plus que religieux, explique Patrick Lacombe qui assure la mise en scène. C’est un texte sur l’identité qui prend l’histoire de Jésus comme socle. Personnellement, je ne suis nullement religieux mais j’ai trouvé ce texte fascinant à cause de son thème mais aussi à cause de la façon qu’a Éric-Emmanuel Schmitt de présenter les choses. Il a cette capacité de dire les choses intelligemment tout en les présentant d’une façon simple et intelligible.»

Il est d’ailleurs intéressant de noter que le Théâtre Expresso n’a aucun mandat artistique de la part des autorités du Sanctuaire et que le texte est exclusivement leur choix. «Avec les jardins du Sanctuaire, on a trouvé un lieu extraordinaire qui peut nous servir de laboratoire. Ça faisait un bout de temps que j’avais envie de monter cette pièce et j’y ai trouvé l’endroit idéal pour le faire. Contrairement à L’Évangile selon Pilate, on est nettement plus dans quelque chose de l’ordre de l’expérience que dans la pure représentation. À cause du décor, de la scène sur trois faces, les gens vont se sentir beaucoup plus intimement impliqués dans la pièce. On veut et on croit qu’ils vont partager les questionnements de Jésus.»

Alors qu’on s’était installé autour du calvaire par le passé, la pièce sera jouée dans un autre coin des jardins, dans un écrin de végétation, ce qui va donner l’impression d’être dans un lieu inconnu et presque mystérieux. «On crée vraiment une ambiance pour vivre une expérience. Le fait de jouer dans la noirceur, autour d’un feu, contribue aussi à créer une intimité qu’on ne pourrait retrouver dans une salle. Malgré les apparences, le texte n’est pas lourd du tout, il est même marqué par pas mal d’humour. Le Jésus ici présenté est très humain, proche de nous. Oui, il y a des moments poignants mais ce n’est aucunement une tragédie.»

Le texte est si juste, soutient le metteur en scène que son travail en a été très simplifié. «Tous les comédiens se sont sentis interpellés par les thèmes de sorte qu’ils ont rapidement compris les enjeux de leur personnage. Par ailleurs, j’ai choisi d’avoir un accompagnement vocal qui assure la transition entre les scènes qui va être assuré par Lynda Leblond, Alain Lemire et Paul-André Bellefeuille. J’en suis très content d’abord parce que c’est très beau et que ça a un impact remarquable sur l’ambiance générale.» Les autres membres de la distribution sont Frédéric Dowd dans le rôle principal, Stéphane Bélanger, François Laneuville et le jeune Louis-Edgar Laneuville.

Lacombe estime à entre 200 et 250 personnes l’assistance moyenne à chacune des six représentations des années dernières et se montrerait entièrement satisfait d’en accueillir autant cette année. Des chaises et des bancs seront installés mais les personnes qui désirent apporter leurs propres chaises peuvent le faire. À la rigueur, certains peuvent même assister au spectacle debout puisqu’il est assez court, environ 50 minutes.

Les représentations auront lieu les vendredis et samedis 20 et 21 juillet ainsi que 3, 4, 17 et 18 août dans les jardins du Sanctuaire. Les représentations débutent à 20 h 30.