La présentation du spectacle NEZHA, l’enfant pirate nécessitera des décors complexes qui exigent un travail de longue haleine à la Cité de l’énergie.

Une attente dispendieuse

Trois-Rivières — Le début de l’année 2018 est stressant et même quelque peu angoissant pour le directeur général de la Cité de l’énergie Robert Trudel qui est toujours dans l’attente d’une subvention de Tourisme-Québec pour la production du spectacle du Cirque Éloize à l’été 2018.

«Pour l’instant c’est silence radio du côté du ministère du Tourisme et franchement c’est stressant et même un peu angoissant. La demande a été déposée sur le bureau de la ministre le 29 mai dernier et près de huit mois plus tard, j’attends encore une réponse.»

Du côté du bureau de la ministre du Tourisme Julie Boulet, son attachée politique Chantal Carignan a indiqué jeudi qu’il n’y a rien de nouveau dans le dossier parce que les bureaux de la ministre sont officiellement fermés jusqu’à lundi, ce qui n’exclut pas que des fonctionnaires aient pu retravailler pour faire avancer le dossier entretemps. 

La ministre avait fait savoir dans nos pages en fin d’année qu’elle avait demandé à ses fonctionnaires de refaire l’analyse du dossier de la subvention pour le spectacle Nezha l’enfant pirate. Elle indiquait vouloir analyser la pertinence d’avoir deux spectacles de cirque dans une même région avec la présentation des spectacles hommage du Cirque du Soleil à Trois-Rivières. La chose rend Robert Trudel perplexe: «Je ne comprends pas la nécessité d’analyser de nouveau le dossier sur la base qu’il y aura deux spectacles de cirque dans la région. Les deux spectacles sont totalement différents. À Trois-Rivières, c’est un spectacle de musique auquel on ajoute des éléments de cirque alors que chez nous, c’est une histoire complète avec une trame narrative et des dialogues. C’est aussi différent que les deux spectacles l’étaient l’été dernier.»

Le directeur général de la Cité de l’énergie Robert Trudel s’inquiète du délai que met Tourisme-Québec à répondre à sa demande de subvention pour le spectacle extérieur de l’été 2018.

«La question que je me pose, c’est de savoir comment la ministre peut hésiter à subventionner notre spectacle alors qu’elle l’a fait depuis 2001. Il ne faut pas oublier que ça représente 65 emplois directs et une couple de centaines indirects avec des retombées globales de 20 millions $. Si on n’obtient pas l’argent pour présenter le spectacle, c’est à se demander ce que la population de Shawinigan mérite.» 

«Quand Trois-Rivières a ajouté son propre spectacle il y a trois ans, on les a félicités de leur succès, nous avons travaillé main dans la main et nous en avons tous les deux profité puisque les touristes sont venus en grand nombre pour voir les deux spectacles. La réaction des gens de Trois-Rivières quant aux subventions m’a bouleversé: c’est à la suite de leur sortie que la ministre a voulu revoir le dossier. Où s’en va l’esprit régional?»

Robert Trudel affirme que les délais constituent déjà un problème puisqu’ils lui coûteront de l’argent. «C’est près de 200 000 $ de plus qu’il faudra débourser. Nous devions monter les décors nous-mêmes et y travailler à l’automne. Avec les délais qui raccourcissent, nous allons devoir faire affaire avec plusieurs compagnies spécialisées et à cause de l’urgence, il ne sera pas facile de négocier. Il faut quand même créer une montagne de 35 pieds de haut et des décors pour les bois, une chute, etc. Ce seront les plus gros décors qu’on ait réalisés depuis 2001. Il y en a qui vont devoir travailler en temps supplémentaire.»

«Je reste dans l’expectative mais je ne peux pas croire que notre demande de subvention puisse se solder par un refus. Je sais de très bonne source que notre dossier avait été très hautement recommandé par les fonctionnaires du ministère du Tourisme. Dans ses déclarations au Nouvelliste, la ministre touche point par point les éléments de la demande et conclut qu’ils sont conformes aux exigences du programme. Ça, au moins, ça m’encourage mais je ne comprends pas que ce soit si long.»