Ludovick Bourgeois fait ses premiers pas d’interprète solo avec la tournée de son premier album qui l’a mené au Théâtre du cégep vendredi.

Un talent pour le succès

Trois-Rivières — Pour son premier spectacle solo à Trois-Rivières, Ludovick Bourgeois a attiré près de 350 personnes au Théâtre du cégep vendredi. Un public fait d’un assez unique mélange de jeunes filles, de gens âgés et de mamans accompagnant leur fillette. Le grand gagnant de La Voix 5 les a tous comblés.

Ce spectacle s’inscrit dans la première tournée du jeune homme en marge de son premier album, homonyme, sorti à l’automne dernier. Comme il se doit, Ludo, comme l’appelaient plusieurs de ses fans vendredi, a présenté toutes les chansons de cet album original en plus de reprendre certains des succès qui lui ont valu la couronne du vainqueur à La Voix il y aura bientôt un an.

Personne ne doutait qu’il rendrait hommage à son papa Patrick décédé il y a un peu plus de deux mois pendant le spectacle. Lui-même l’avait avoué en entrevue. La question était de savoir quand et comment il le ferait. C’est arrivé à la fin de la première partie dans une suite naturelle. Tout juste après avoir interprété la jolie Sur ton épaule qu’on doit au talent d’Ingrid Saint-Pierre, et qui rappelle la maladie de son papa, on a senti Ludovick un peu étranglé par l’émotion. Il a alors enchaîné avec Donne-moi au moins ma chance qui a fait se lever les spectateurs et crier les fans dont un groupe d’une dizaine d’irréductibles dans le fond de la salle qui sont restées debout et ont crié leur amour pour le jeune homme du début à la fin de la représentation. Bourgeois a poursuivi avec T’es dans la Lune, puis Fais attention qui a clos sur un moment fort cette première partie.

L’hommage a été sobre, dénué de pathos et même de paroles qui auraient, dans les circonstances, été superflues. Ludovick Bourgeois a voulu que son spectacle, à l’image de son album, soit joyeux. Il n’a donc pas joué la carte de l’émotion appuyée. On ne peut que l’en féliciter.

Le seul regret, c’était qu’il n’ait pas chanté Tu ne sauras jamais, peut-être la chanson la plus emblématique de la gloire de son papa. Or, le garçon n’avait pas tout dit. À la toute fin de la soirée, dans le cadre d’un rappel commencé sur le ton de la ballade, il a simplement dit de sa deuxième chanson: «Je crois que celle-ci n’a pas besoin de présentation» avant de jouer les premiers accords de cette chanson.

Comme quoi Ludovick Bourgeois porte encore sa génétique avec fierté. Il ne le voudrait pas qu’il le ferait quand même: non seulement on ne peut pas ne pas penser à Patrick Bourgeois en regardant son visage, mais il a aussi la même allure générale et le charme. Si on se fie au contenu du spectacle, il semble posséder un faible pour la musique pop enjouée et les mélodies accrocheuses pour lesquelles son père était un maître. Des chansons comme Ta silhouette, Le plus beau jour ou Maryanne en témoignent.

Il a cependant sans nul doute un penchant pour du rock un peu plus appuyé. Les dernières chansons du spectacle avant le rappel étaient assurément de cette mouture et on a vraiment senti le plaisir de l’interprète à les jouer avec l’évidente complicité de ses trois musiciens. Il a rappelé de bons souvenirs à ceux et celles qui ont suivi son parcours à La Voix 5.

Ludovick Bourgeois poursuivra-t-il son parcours pour s’affirmer comme une star bien ancrée? Impossible de le dire maintenant. Évidemment, à quelque chose comme 24 ans, il est encore bien jeune et a des choses à apprendre. Avec le temps, il en viendra à affirmer davantage sa présence sur scène et à mieux communiquer avec son public. Il reste qu’il a du charme et une voix exceptionnelle. Il se balade dans les aiguës avec une aisance absolument insolente.

Vendredi, il a eu une preuve qu’il a un fan club bien en vie et il a bien dû sentir que tout lui est possible.