Jean-Pierre Ferland

Un retour en avant pour Jean-Pierre Ferland

TROIS-RIVIÈRES — Les 85 ans de Jean-Pierre Ferland ne semblent exercer aucun poids sur les épaules de l’homme et c’est avec un enthousiasme presque juvénile qu’il se prépare pour son spectacle du 30 août à l’Amphithéâtre Cogeco: Toutes les femmes de ma vie.

L’auteur et compositeur ne sera, ce soir-là, qu’un second interprète puisque neuf chanteuses invitées viendront interpréter 21 chansons de son vaste répertoire. La formule a séduit les publics devant lesquels elle a été présentée et Ferland n’est pas complètement surpris par cet intérêt. «J’espérais ce succès, je l’avoue, mais d’un autre côté, j’avais des incertitudes: je ne savais pas vraiment à quelles chanteuses j’allais m’adresser, notamment. Finalement, on s’est retrouvé sur scène avec neuf interprètes absolument formidables et à travers elles, de totales découvertes. Par exemple, la jeune Yama Laurent, je ne l’avais jamais vue ni entendu chanter; j’ai été renversé.»

Autour de Yama, Diane Tell, Nanette Workman, Isabelle Boulay, Laurence Jalbert, Florence K., Luce Dufault, Julie Anne Saumur et Mélissa Bédard. Ce qui étonne encore le monument de la chanson québécoise, c’est le plaisir que les filles éprouvent à chanter ses œuvres. «Comme musicien, on a toujours l’impression que les autres chanteurs ou chanteuses ne sont pas intéressés à ce qu’on fait. Et là, tu arrives sur la scène et tu t’aperçois qu’elles sont complètement dévouées parce qu’elles aiment profondément les chansons. C’est merveilleux!»

Ça inspire une question: savait-il, comme auteur et compositeur que ces chansons avaient le potentiel pour demeurer pertinentes à travers le temps? «Ben sûr, voyons donc!, répond-il avec cet humour qui ne semble pas s’altérer avec le temps. Ç’a l’air prétentieux dit comme ça, mais quand même, je ne suis pas niaiseux. On a sélectionné les chansons ensemble et je n’ai pas eu de surprises à ce niveau-là. La surprise que j’ai eue, c’est dans leur interprétation et dans leur abandon total. C’était surprenant en même temps que désiré.»

Pour expliquer qu’il n’ait pas été tellement étonné du côté intemporel de certaines de ses chansons, il donne l’exemple de son album Jaune, immense classique de la chanson québécoise lancé en 1970. «On célébrera en 2020 le 50e anniversaire de cet album et on en parle pas mal depuis quelque temps. Je me suis aperçu que l’album avait toujours une certaine pertinence parce qu’il se vend encore, ce qui me touche énormément. Pensez-y: 50 ans plus tard! Puis, quand j’ai entendu Le Petit roi ou Sing Sing chantées par ces femmes-là, j’ai bien compris que ces chansons anciennes ne sont pas démodées parce que je vois bien le plaisir qu’elles ont à les chanter. Ça me touche énormément.»

D’ailleurs, l’album a reçu le Prix du patrimoine Polaris en mars dernier à Toronto. «C’est drôle, mais à l’époque, c’était les filles qui aimaient le plus cet album et avec le temps, ce sont les gars qui se sont mis à l’aimer. En tout cas, le Prix Polaris a été une grande joie et c’est un immense plaisir de rechanter certaines de ces chansons.»

Le créateur ne tarit pas d’éloges envers son nouveau chef d’orchestre, André Leclerc qui a donné un coup de jeunesse à ses œuvres. «Ce garçon-là est un génie musical. Il a refait toutes les orchestrations à partir de ce qu’il aime de moi. Il a créé des arrangements qui ont un aspect quasiment classique et ça m’a beaucoup étonné mais ça donne une beauté extraordinaire aux chansons. C’est nouveau, différent et très intelligent. J’adore ça. Je ne savais pas que mes chansons étaient si belles!»

Malgré ses 85 ans, célébrés le 24 juin dernier, Jean-Pierre Ferland est très occupé. Il promène différents spectacles à travers la province dont un acoustique dans une formule intimiste impliquant un piano, une guitare et une choriste. «C‘est un tour de chant complet qui me permet de faire le tour de mon répertoire et ça marche très bien. C’est une autre façon de redécouvrir mes chansons.»

À travers ses différents spectacles, contrats, apparitions, Toutes les femmes de ma vie occupe une place unique. «C’est un spectacle qui me surprend moi-même. En même temps qu’on va chercher des chansons qui datent, on leur donne un coup de jeunesse. Plutôt qu’un retour en arrière, c’est un pas en avant. C’est comme un retour en avant.»

Se considérant voisin de Trois-Rivières de par la proximité de sa résidence de Saint-Norbert, il se montre ravi de chanter au confluent du Saint-Maurice et du fleuve. «C’est à côté: à 25 minutes de chez moi. Quand je regarde la météo, ce sont les prévisions pour Trois-Rivières que je regarde pour savoir quel temps il va faire à la maison.»

«Je me rends régulièrement à Trois-Rivières et j’y présente quasiment systématiquement un spectacle par année. C’est toujours un plaisir d’y retourner parce que j’y ai un public très fidèle que j’aime beaucoup et parce qu’on y mange super bien dans les restaurants du centre-ville. Et j’aime beaucoup l’Amphithéâtre: ce n’est ni complètement une salle extérieure ni une salle intérieure; c’est entre les deux. Il y a l’ampleur de la première et l’intimité de la seconde. Je trouve ça parfait.»

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