Lors de l’inauguration du premier piano public à Saint-Élie-de-Caxton, l’artiste-peintre Micheline Dupont, qui a réalisé l’œuvre, était en compagnie du maire de la municipalité Robert Gauthier.

Un piano et une œuvre d’art

SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — Le village de Saint-Élie-de-Caxton a désormais son piano public et comme on ne fait jamais les choses comme ailleurs dans cet étonnant coin de pays, le piano est également devenu une œuvre d’art public grâce aux soins de l’artiste-peintre caxtonienne Micheline Dupont.

Le dévoilement de l’œuvre a eu lieu jeudi en fin d’après-midi au Garage de la culture de la municipalité qui abritera désormais le piano offert à la créativité musicale de tout un chacun. Le piano a été acquis en début d’été grâce au don d’une citoyenne de Shawinigan, Lucie Troussard. Micheline Dupont s’est offerte pour lui donner bénévolement une allure unique par sa peinture. Elle a intitulé l’œuvre Imaginons l’imaginaire.

L’artiste s’est inspirée du village et des légendes de Saint-Élie-de-Caxton puisqu’on retrouve sur son piano certaines maisons du village de même que l’église paroissiale auxquelles elle a ajouté des bâtiments sortis de son imaginaire. «J’aime qu’il y ait une histoire derrière chacune de mes œuvres. Dans les symposiums, les gens me parlent souvent de l’arbre à paparmanes alors, il fallait que ça en fasse partie comme les lutins. Une petite fille me voyant peindre m’a demandé ce que je faisais et je lui ai inventé une histoire comme quoi les lutins qui viennent à la maison à Noël viennent ensuite passer l’été à Saint-Élie où on a une maison de repos pour les lutins. Le grand maître Élie, qui les garde, oblige les lutins qui ont été trop tannants à ramasser des paparmanes tout l’été. C’est ce que mon œuvre illustre.»

Pour ce qui est du titre, il se justifie tout aussi simplement: «Je pense que tous les gens aujourd’hui ont besoin d’avoir quelque chose à s’imaginer et quand on entre dans son imaginaire, on est heureux.» Peindre le piano a exigé trois semaines de travail à l’artiste-peintre qui a travaillé à partir de son propre dessin. À son village très coloré et quelque peu enfantin, elle a ajouté des éléments comme un damier qui rappelle les tournois de dame qui se déroulaient à l’époque où Léo Déziel gérait le garage du village.

Micheline Dupont estime que l’œuvre va contribuer à la faire connaître, particulièrement auprès des visiteurs au village. «L’œuvre représente bien une facette de mon travail de peintre alors, j’en suis bien fière. Quand les touristes viennent visiter le village, ils sont souvent hésitants à entrer dans nos ateliers parce qu’ils se sentent obligés d’acheter. Je veux juste les inviter à ne pas se gêner pour entrer et jeter un simple coup d’œil sur nos œuvres. Ça nous fait plaisir de rencontrer les gens et de jaser avec eux, même s’ils n’achètent pas.»

Pour le maire de la municipalité, Robert Gauthier, le piano public vient enrichir le volet culturel de la municipalité pourtant déjà foisonnant. «La culture, c’est très important ici. On a développé une industrie touristique basée sur le travail d’un artiste, Fred Pellerin. Mais on a aussi plein d’artistes et artisans dans toutes sortes de disciplines. On pense que le développement de Saint-Élie-de-Caxton passe par le développement de la culture. Si on fait émerger d’autres carrières et d’autres talents locaux, ça va attirer encore davantage de visiteurs. On connaît déjà un phénomène de concentration d’artistes qui est plus élevé qu’ailleurs et plusieurs sont venus d’un peu partout au Québec pour s’établir ici au cours des dernières années. On demeure convaincus que ça va continuer de s’accentuer d’année en année.»

Le piano est laissé à l’inspiration des passants à l’extérieur du Garage de la culture tous les jours de 11 h à 18 h pendant la saison estivale.