La salle Léo-Cloutier.

Un phénomène unique

TROIS-RIVIÈRES — Stella Montreuil et Gilles Leblanc sont tous deux convaincus que Ciné-Campus a contribué à forger la culture cinématographique des gens de la région. «Si on fait le calcul, c’est près de 2 millions d’entrées que nous avons enregistrées au cours de notre histoire, calcule Gilles Leblanc. Ça a forcément eu son impact.»

Ciné-Campus est membre de l’Association des cinémas parallèles du Québec, un organisme qui regroupe plus d’une cinquantaine de membres à travers le Québec. L’ensemble de ces membres estime à environ 100 000 le nombre global d’entrées annuelles. Ciné-Campus en compte, à lui seul, 30 000. Le cinéma Outremont est un lointain second avec quelque 10 000. «Ça démontre qu’on est un phénomène unique tant au niveau de la fréquentation que du prix parce que personne d’autre dans l’association n’arrive à offrir des films à si bon prix.»

«Quand on assiste au congrès annuel de l’ACPQ, c’est toujours étonnant de voir le nombre de personnes qui nous disent avoir fréquenté Ciné-Campus à un moment ou à un autre. Le cinéma occupe aujourd’hui une grande place à Trois-Rivières. Pas seulement par le nombre de cinéphiles mais par le grand nombre de gens qui en font: techniciens, producteurs, réalisateurs, etc. Ciné-Campus a beaucoup à voir là-dedans.»

«Quand on a célébré le 375e anniversaire de la ville de Trois-Rivières, se souvient Stella Montreuil, on a pensé à rendre hommage à plusieurs créateurs d’ici qui ont fait carrière dans le cinéma. On pense à Denis Villeneuve, Bernard Lajoie, Jean Beaudry, Benoît Gouin, Isabelle Blais, Michel Audy, et bien d’autres. Ça ne fait aucun doute que Ciné-Campus a marqué de façon très importante la vie culturelle à Trois-Rivières.»

Et que réserve le futur? «C’est difficile de prévoir ce que seront les demandes et besoins du public dans le futur, admet Gilles Leblanc, mais comme l’innovation est un sujet de réflexion continue à la direction, je suis convaincu que nous allons savoir nous adapter. Financièrement, nous sommes en bonne posture et nous avons des idées plein nos cahiers. Nous sommes partenaire dans le TRIFF, le nouvel événement de cinéma à Trois-Rivières, nous avons connu un record de fréquentation l’été dernier au Cinéma de l’île St-Quentin et notre expérience fait que nous ne nous lançons pas dans des projets imprudents. Personnellement, j’aimerais mettre de l’avant quelque chose qui soit destiné aux familles.»

«Par ailleurs, une étude d’un groupe de recherche de l’UQTR sur les non-publics en culture a mis en lumière que certains aspects de notre identité rebutent aux plus jeunes. On pourrait peut-être essayer de nous présenter de façon un peu différente pour arriver à les attirer mais en restant toujours fidèles à notre mission fondamentale.»

Stella Montreuil pense plus spécifiquement aux étudiants. «Nous cherchons à nous renouveler en allant chercher des jeunes même au conseil d’administration. On va poursuivre les liens créés avec la communauté en se liant à divers organismes comme on le fait depuis longtemps. Créer des associations avec l’UQTR ou le cégep ou avec certains professeurs, ce serait intéressant. Le cinéma a tant à offrir à des enseignants pour présenter aux élèves des sujets pertinents tout en captant leur attention. Le cinéma est un véhicule privilégié de notre culture.»

«Ciné-Campus a autant sa raison d’être aujourd’hui qu’il l’a eue dans le passé et on sent fortement l’attachement du public envers notre organisme. Les gens se reconnaissent dans Ciné-Campus.»