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Le tournage du vidéoclip de la chanson <em>Le nouveau matériel</em> de David Goudreault s’est déroulé vendredi soir et samedi à Sherbrooke, et se terminera vendredi prochain.

Un nouveau vidéoclip d’extravagance et d’amitié pour David Goudreault

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
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Un concept narratif ambitieux et éclaté, un visuel inusité et un trio d’acteurs talentueux… voilà ce que promet Anh Minh Truong, qui signe la réalisation du vidéoclip de la chanson Le nouveau matériel de l’album éponyme de David Goudreault, dont le tournage s’est amorcé vendredi soir à Sherbrooke. 

« Ce qui m’a inspiré dans la chanson, ce sont les premières paroles : “ c’est le nouveau matériel/nos vieilles viandes et nos nouvelles bébelles ”. Ça parle de la consommation, mais moi je l’ai perçu comme les choses qu’on achète pour être quelqu’un d’autre », explique le réalisateur sherbrookois, qui considère le vidéoclip comme un « terrain de jeu » parfait pour expérimenter et explorer des concepts « flyés ». 

« Anh Minh et [la productrice] Véronique se sont vraiment approprié le concept, dans le bon sens du terme. Ils ont récupéré cette idée de la représentation de soi, du fait de se créer des besoins et d’exister dans le regard de l’autre pour en faire un vidéoclip qui sert le propos à cent milles à l’heure », partage David Goudreault, dont l’album est sorti en décembre dernier. 

« La chanson, c’est nous comme humains qui sommes devenus nos propres objets. On se met en scène, autant sur nos réseaux sociaux que dans la vie, pour aller chercher la satisfaction dans le regard de l’autre », explique-t-il. 

Le comédien Jean-Moïse Martin, qui joue auprès de Christine Beaulieu et d’Elkahna Talbi, alias Queen Ka, en est à sa première expérience de jeu dans un vidéoclip. « Le concept est très abstrait, alors c’est comme un travail d’acteur impressionniste. On n’a pas de texte, on est là pour supporter la chanson », partage le Sherbrookois, bien heureux d’avoir l’occasion de revenir tourner dans sa ville natale. 

De longue date et d’amitié

La collaboration entre David Goudreault, Véronique Vigneault, productrice pour Chasseurs Films et le réalisateur Anh Minh Truong est née d’une amitié, tout simplement. Le trio avait réalisé un projet artistique d’une semaine au Nunavik il y a près de 20 ans, et a toujours gardé contact depuis. 

David Goudreault est également très proche d’Elkhana Talbi, grâce au slam, et de Christine Beaulieu, une amie d’adolescence. « C’est un beau projet de proximité, car presque tout le monde, même pour la figuration, est l’ami d’un ami ou quelqu’un de la région qu’on avait envie de mettre en lumière. »

 « Quand l’occasion de collaborer avec des amis, qui sont brillants et qui en plus résident à Sherbrooke, je me suis dit qu’on allait montrer à la gang de Montréal ce qu’on est capable de faire dans notre coin », ajoute M. Goudreault. 

La motivation de faire rayonner la région de l’Estrie est d’ailleurs partagée par toute l’équipe. « Je fais ce travail-là pour développer l’industrie cinématographique en région, et je veux m’assurer que les ressources qui veulent travailler dans le domaine du cinéma en Estrie puissent être engagées et participer à un concept comme celui-là pour que nos talents n’aient pas à s’exporter dans une grande ville pour faire ce qui leur plait », partage Véronique Vigneault. 

Petite surprise

La chanson du vidéoclip sera légèrement différente de l’originale. « Les gens qui connaissent la version de l’album vont probablement être un peu surpris, avoue David Goudreault. On a ajouté un peu plus d’Ariane Moffatt [qui prête sa voix dans les refrains], et on a également inséré un refrain alternatif avec le rappeur Manu Militari. » 

Ce vidéoclip ne sera ni le premier ni le dernier de l’album. Jusqu’à maintenant, plusieurs genres artistiques ont été mis de l’avant, du dessin sur sable à l’animation en passant par les arts visuels et la danse. 

« Ce que je souhaitais pour les différents clips, c’est qu’il y ait une grande présence féminine, des talents de partout au Québec et une variété des genres artistiques. Le seul fil conducteur, c’est mon absence! » rigole le slameur, qui créera finalement plus de vidéoclips que prévu, puisque plusieurs personnes ont manifesté leur intérêt pour la réalisation. 

Un groupe de jeunes Sherbrookois a d’ailleurs carte blanche pour la chanson Pleurer des soleils. « Je leur fais confiance, donc je leur ai donné un budget, et je leur ai dit de m’impressionner! » 

Les pièces Être été et J’en appelle à la poésie seront également mises en image, l’une par une danseuse contemporaine, l’autre par l’équipe de Véronique Vigneault.  

« J’avais le goût d’être peu présent pour permettre à d’autres d’utiliser mes chansons pour rayonner dans leur art respectif », termine David Goudreault.