L’OSTR et l’ensemble Vocalys ont livré une brillante version du classique Messie de Haendel samedi.

Un Messie impeccable

Trois-Rivières — L’Orchestre symphonique de Trois-Rivières et l’ensemble Vocalys ont une fois de plus fait honneur au célèbre Messie de Haendel samedi à la salle J.-Antonio-Thompson. Pour sa quatrième interprétation de ce classique avec l’OSTR, le chef Jacques Lacombe avait invité les solistes Odile Heimburger, Maude Brunet, Antoine Bélanger et Phillip Addis.

En réinscrivant à ses programmations des œuvres phares du répertoire symphonique et choral, Jacques Lacombe souhaite toujours aller plus loin dans les subtilités de leur exécution, et solidifier leur maîtrise. Et ça fonctionne! Le Messie livré samedi était tout simplement impeccable, tant du côté de l’orchestre que de celui du chœur de Vocalys.

La complicité entre Jacques Lacombe et Raymond Perrin, le chef de Vocalys, est évidente et précieuse. Les deux Trifluviens présentent un parcours semé de bases communes, et leurs chemins ont continué de se croiser d’une heureuse façon à la fois pour les musiciens, les choristes et le public.

Organistes de formation, les deux hommes ont dirigé les Petits chanteurs de la Maîtrise du Cap en des périodes différentes, et ont multiplié les collaborations par la suite, particulièrement depuis que Maestro Lacombe a pris la direction de l’OSTR. Raymond Perrin dirige aussi le Chœur de l’OSTR lorsque les programmes de l’orchestre requièrent un chœur de grande envergure.

Pour en revenir au Messie de samedi, cette complicité et l’aisance qui en découle ont assuré le succès de la soirée. Les 27 musiciens de l’OSTR ont été parfaits, tout comme les 20 choristes de Vocalys, qui suivaient avec attention les indications de Jacques Lacombe pendant que Raymond Perrin, le chef qui les avait préparés, était à l’orgue.

On peut dire que la quinzaine de chœurs dans la version de l’oratorio de Haendel, samedi, a été livrée avec solidité, vivacité et précision. La maîtrise des nuances s’est notamment illustrée dans des chœurs comme «Since by man came death», dans la troisième partie. Le célébrissime Hallelujah de la deuxième partie a également été magnifiquement exécuté.

Les solistes invités ont aussi livré la marchandise, avec une note spéciale pour le ténor Antoine Bélanger, qui a remplacé au pied levé Jacques-Olivier Chartier, contraint de se désister mercredi en raison d’une laryngite.

Originaire de Champlain, Jacques-Olivier Chartier se faisait un plaisir de revenir chanter Le Messie à Trois-Rivières pour une troisième fois en tant que soliste. Son remplaçant a été trouvé mercredi en fin d’avant-midi, alors que débutaient les répétitions pour le concert de samedi. Antoine Bélanger s’est révélé excellent.

N’eut été de l’infection qui l’en a empêché, Jacques-Olivier Chartier aurait partagé la scène avec sa conjointe, la mezzo-soprano Maude Brunet.

Gracieuse, Maude Brunet se distingue par sa voix chaude, enveloppante et pure, une voix qui dégage quelque chose de réconfortant et d’apaisant.

Le quatuor de solistes était complété par la soprano française Odile Heimburger et le baryton-basse ontarien Phillip Addis, qui faisaient tous deux leurs débuts à l’OSTR.

La soirée de samedi aura certainement été spéciale pour un groupe d’élèves de l’école Saint-Paul, qui ont chanté deux airs lors de la conférence préconcert au foyer de la salle Thompson, en plus de littéralement ouvrir le concert du Messie, sur la grande scène, avec un chant de Noël.

Ces élèves de la deuxième à la sixième année participent au projet BOUM (Band orchestral urbain de la Mauricie), un programme éducatif destiné aux enfants de milieux plus défavorisés, visant à les mettre en contact avec la musique.

Grâce à la générosité de donateurs, les 17 enfants bénéficient gratuitement d’ateliers de chant et de musique tous les jours après les heures de classe. Ce projet est chapeauté par l’OSTR.