Originaire de Saint-Tite, Jonathan Veillette a fait son chemin chez Ubisoft à Québec et a agi comme assistant directeur artistique pour la conception de Assassin’s Creed Odyssey la toute dernière mouture de ce jeu emblématique de l’immense succès mondial de l’entreprise.

Un Mauricien dans l’aventure

TROIS-RIVIÈRES — Le tout récent lancement de Assassin’s Creed Odyssey réalisé par Ubisoft a fait un énorme ramdam dans le monde du jeu vidéo. Ce jeu révolutionnaire par sa conception doit son immense succès à des concepteurs chevronnés comme le Saint-Titien d’origine Jonathan Veillette.

L’homme de 37 ans est assistant directeur artistique depuis deux ans dans les bureaux d’Ubisoft à Québec. De par sa fonction, il a eu la responsabilité de réaliser les paysages de villes dans le nouvel épisode d’un jeu qui a vendu plus de 100 millions d’exemplaires de ses huit premiers volets.

Dans cette neuvième mouture, l’action se déroule dans la Grèce antique que les artistes ont recréée avec le plus de fidélité possible. «D’un jeu à l’autre, le travail peut se ressembler, commente ce diplômé du cégep François-Xavier-Garneau en arts plastiques qui s’est ensuite spécialisé en technologies 3D chez Cyclone Arts et technologies, mais Assassin’s Creed va nettement plus loin. On a dû recréer des villes de la Grèce antique de façon à ce que nos personnages puissent y évoluer de façon totalement crédible. On a travaillé non seulement à recréer aussi fidèlement que possible les caractéristiques historiques, mais il fallait aussi rendre l’impression que pouvait avoir quelqu’un qui aurait circulé dans les rues de l’époque.»

Le produit mis sur le marché le 5 octobre est le résultat de près de trois ans de travail pour Jonathan Veillette et son équipe. Il a travaillé en étroite collaboration avec une historienne spécialisée dans la période reproduite pour demeurer fidèle à la réalité de l’époque. «On avait le devoir d’être aussi juste que possible historiquement tout en permettant l’action du jeu et en extrapolant un peu sur les éléments sur lesquels les historiens n’ont pas de documentation précise.»

«On y reproduit une vie urbaine avec toutes les activités quotidiennes dans les rues. Il faut donc rendre le tout très vivant. Mais quand on doit reproduire la devanture d’une échoppe de marchand, on ne peut savoir de quoi elle avait très précisément l’air. On n’a pas de documentation là-dessus. Il nous faut inventer un peu en partant de ce dont nous sommes certains. C’est pas mal la marque de commerce d’Assassin’s Creed d’offrir un environnement historique fiable et crédible dans les moindres détails. Tout cela représente un énorme mais passionnant travail d’équipe.»

«Nous avons ajouté au jeu une version de quête par laquelle les joueurs peuvent explorer l’environnement et le monde dans lequel ils sont plongés sans l’action du jeu, explique Andrée-Anne Boisvert, productrice associée du jeu. Ainsi, dans quelques mois, on va rendre accessible toute notre recherche. Beaucoup de gens explorent le jeu rien que pour se plonger dans l’environnement historique. C’est un volet qui a été très populaire dans les écoles pour les versions précédentes qui en étaient munies. Avec Odyssey, comme il s’agit de la Grèce antique, c’est extrêmement prometteur. L’expérience s’enrichit davantage à chacune de nos versions. Assassin’s Creed Odyssey est, sans aucun doute, notre plus grande réussite avec ce jeu jusqu’à maintenant.»

Après avoir exploré la révolution industrielle en Angleterre, la révolution américaine ou l’Égypte ancienne, ce nouvel épisode du jeu vient une fois de plus avec une innovation majeure: dans cette épopée grecque, les joueurs pourront avoir une interaction avec des personnages. «Ils pourront discuter et s’obstiner avec Socrate, par exemple, de rigoler la productrice associée. C’est une profonde révolution dans le monde des jeux. Globalement, c’est le projet le plus ambitieux qu’ait mis de l’avant Ubisoft.»

Pour ce qui est de Jonathan Veillette, il affirme sans l’ombre d’une hésitation que c’est pour lui un emploi de rêve. «Ça fait treize ans que je suis ici et je suis déjà un vieux de la vieille dans l’équipe. Je n’arrête jamais d’apprendre de nouvelles choses. En quittant la maison le matin, je dis à ma conjointe que je m’en viens à l’école. On développe constamment de nouvelles choses tant au niveau technique qu’historique. C’est fascinant.»