Le président de Trois-Rivières Centre, Patrick Dupuis, considère que le Cirque du Soleil engendre un impact «fascinant» sur les commerçants du centre-ville.

Un impact «fascinant» du Cirque du Soleil pour les commerçants

TROIS-RIVIÈRES — Alors que commencera le cinquième spectacle du Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco ce mercredi, les commerçants du centre-ville sont désormais bien préparés à servir les nombreux visiteurs qui défileront dans les rues de Trois-Rivières pendant un mois.

Les retombées économiques de la série hommage du Cirque du Soleil ne sont plus à prouver. Chaque année, les propriétaires de restaurants, hôtels, gîtes et autres commerces du centre-ville constatent l’achalandage important que provoquent ces spectacles présentés en exclusivité à l’Amphithéâtre Cogeco.

C’est le cas de Martin Bilodeau, copropriétaire du restaurant Le Buck — Pub gastronomique, qui voit une croissance d’environ 30 % lors des semaines où le spectacle du Cirque du Soleil est présenté. «Un soir du Cirque du Soleil, on peut vendre jusqu’à 400 couverts, puis avant le Cirque, c’est plus 280 ou 300 couverts», dit-il.

Même son de cloche du côté d’Yves Adams, propriétaire du gîte le Fleurvil’, situé à quelques minutes à pied de l’Amphithéâtre. Ce dernier estime que l’arrivée des spectacles du Cirque du Soleil a fait augmenter son chiffre d’affaires de 25 % pour la saison estivale. «On est gâtés, on a presque un mois [où on est assurés] d’avoir du monde», indique M. Adams.

Les spectacles du Cirque du Soleil sont présentés du mercredi au samedi. La Corporation des événements de Trois-Rivières a également annoncé trois supplémentaires de l’hommage aux Cowboys Fringants, qui auront lieu les mardis 23 et 30 juillet, ainsi que le 13 août. Les représentations qui se déroulent en pleine semaine réjouissent évidemment les commerçants. «Un mercredi et un jeudi, pour un restaurateur, équivaut à un samedi normal», commente Patrick Dupuis, président de Trois-Rivières Centre, qui qualifie de «fascinant» l’impact économique du Cirque sur les commerçants du centre-ville.

«On affiche complet quasiment un an d’avance»

Pour plusieurs, il semble y avoir un «avant» et un «après» Cirque du Soleil à Trois-Rivières. «C’est le jour et la nuit», tranche M. Dupuis, qui est également propriétaire du salon de coiffure La Boîte à coupe.

Pour Liette Genest, propriétaire du gîte Loiselle, l’avantage de la série hommage présentée à Trois-Rivières est de voir ses chambres être réservées plusieurs mois, voire un an d’avance. «Moi, j’ai juste quatre chambres, donc c’est vite rempli. J’affichais déjà complet avant, mais depuis le Cirque du Soleil, on affiche complet quasiment un an d’avance», affirme-t-elle. «Quand les clients partent du spectacle de cette année, ils réservent déjà pour l’année prochaine».

Martin Bilodeau constate la même réalité chez ses clients, qui ont commencé à réserver leur place dès la première fin de semaine de vente de billets du spectacle, en décembre dernier. «On peut réserver en ligne, donc les gens sont très familiers avec ce système-là. Ils achètent leur billet en ligne à l’Amphithéâtre, et réservent en ligne à notre restaurant aussi», explique M. Bilodeau, qui fait remarquer que Le Buck s’est développé au même moment, ou presque, que la série hommage.

Ouvert depuis le printemps 2016, M. Bilodeau est persuadé que le Cirque du Soleil a contribué au succès de son restaurant. «Le Buck ne serait pas le même restaurant si le Cirque du Soleil n’était pas à quelques mètres de chez nous», dit-il. «L’impact est immense sur le développement touristique, les retombées sur la réputation du Buck à travers le Québec».

Les commerçants bien préparés

Après plusieurs années à servir les visiteurs qui assistent aux spectacles du Cirque du Soleil, les commerçants du centre-ville sont maintenant mieux préparés à cet achalandage important qui perdure pendant un mois. Il faut savoir que l’an dernier, 70 % de la clientèle du Cirque du Soleil à Trois-Rivières provenaient de l’extérieur de la Mauricie.

«On s’assure que l’équipe est bien au courant de ce qui se passe à l’Amphithéâtre [...], puis on sait que tout le monde quitte à l’heure du spectacle, donc on a adapté la logistique», indique Alex Dorval, directeur marketing de la microbrasserie Le Temps d’une pinte.

Lors des soirs de spectacle, l’équipe du Buck se prépare, elle aussi, pour deux services: un vers 17 h pour les gens qui quitteront pour le spectacle, et un autre vers 20 h pour les clients réguliers. «De toute la clientèle d’avant 18 h, c’est clairement 85 % des gens qui vont au spectacle», affirme M. Bilodeau.

«Je pense qu’on est plus préparés depuis les cinq dernières années. Aujourd’hui, on est prêts à accueillir tout ce monde-là», soutient Patrick Dupuis.

Des retombées pour tout le centre-ville

Autres que les restaurateurs et les propriétaires d’établissements d’hébergement, les magasins, centres d’esthétique et salons de coiffure bénéficient aussi de l’achalandage provoqué par le Cirque, selon M. Dupuis. C’est qu’en plus des visiteurs qui viennent assister au spectacle, l’équipe du Cirque du Soleil engendre également des retombées économiques.

«Il y a des gens du Cirque du Soleil qui viennent se faire coiffer avant les représentations, qui vont magasiner», donne comme exemple M. Dupuis. Cette année, ce sont 34 artistes et une équipe de production de 42 personnes qui se sont installés à Trois-Rivières en juin dernier.

Le président de Trois-Rivières Centre affirme même que le centre-ville est devenu plus attirant pour les commerçants depuis l’arrivée du Cirque du Soleil.

«Les gens qui sont motivés de venir s’installer en ville, c’est un peu aussi depuis cinq ans. Avant, il n’y avait pas de morosité, mais on s’entend que ce n’était pas tout à fait le même dynamisme», dit-il.

C’est que l’achalandage créé lors de la saison estivale permet de compenser la période froide, qui s’avère plus difficile pour le centre-ville, selon les dires de M. Dupuis. «Profitons-en quand la manne passe [...] L’important, c’est d’être prêt, et on est prêts», conclut-il.