Les interprètes des chansons du spectacle Stone ont été dévoilées lundi, à Montréal. De gauche à droite, devant, on retrouve Klô Pelgag, Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne, de Milk & Bone, ainsi que le directeur musical Jean-Phi Goncalves. Derrière, Daniel Fortin, directeur exécutif création pour 45 DEGREES, La Bronze, Valérie Carpentier, Jean-Guy Legault, metteur en scène, et Safia Nolin.

Un hommage tout féminin à Luc Plamondon

À deux mois de la première de Stone du Cirque du Soleil basé sur l'oeuvre de Luc Plamondon, les dirigeants ont, pour la première fois, levé le voile sur quelques éléments du troisième spectacle hommage estival à l'Amphithéâtre Cogeco.
Le spectacle de 75 minutes comptera dix-neuf tableaux et aura une très forte identité féminine puisque les onze interprètes des chansons choisies sont des femmes.
Ce sont Ariane Moffatt, Betty Bonifassi, Beyries, Gabrielle Shonk, Klô Pelgag, La Bronze, Marie-Mai, Marie-Pierre Arthur, Milk & Bone, Safia Nolin et Valérie Carpentier qui enregistreront les chansons remodelées par le directeur musical Jean-Phi Goncalves.
C'est encore Jean-Guy Legault qui assure la mise en scène et qui dirige les vingt-trois artistes et acrobates de la distribution, le tout sous la direction de Daniel Fortin, directeur exécutif, création chez 45 Degrees, la compagnie des événements et des projets spéciaux du Cirque du Soleil.
Il s'agira, selon les responsables, d'un opéra-punk-rock baroque se déroulant dans un parc Belmont désaffecté où vivent d'excentriques personnages automates en quête d'humanité.
Parmi eux, un maestro aux airs de Mozart qui trouve en Lolita, une serveuse automate aphone, l'être parfait pour donner vie à son oeuvre musicale sur les paroles de Plamondon. C'est à travers les voix des interprètes que l'âme de Lolita s'humanisera pour finalement culminer dans sa propre voix.
Le metteur en scène affirme que le spectacle se veut une apologie de l'extravagance.
«Qui peut être une qualité, spécifie-t-il. On va aussi aborder le rapport de l'artiste à son public. Les gens sont parfaitement prêts à payer 75 $ pour voir les excentricités d'artistes sur la scène mais quand on voit quelqu'un qui fait la même chose gratuitement dans la rue, on le fait enfermer!» 
Musicalement, Jean-Phi Goncalves a mené une mission sous le sceau de la diversité.
«Ce qui est certain, dit-il, c'est que ça n'aura rien de nostalgique: on a amené l'oeuvre ailleurs. Même si on ne peut pas parler de simples reprises des chansons du parolier, on va rester respectueux de son oeuvre.
J'ai beaucoup aimé l'idée de faire chanter les chansons par de jeunes interprètes qui n'avaient pas de lien avec Luc Plamondon. Ça fait ressortir l'aspect intemporel de l'oeuvre. On a tenu à ce que les néophytes autant que les fans y trouvent leur plaisir. On va aller de l'électro à l'orchestral, du grandiose à l'intimiste avec plusieurs intentions musicales différentes.»
Jean-Guy Legault a aussi vu dans l'oeuvre du parolier, si souvent destinée à des femmes, l'occasion de rendre hommage aux interprètes féminines québécoises.
«Sur 23 artistes, il y a seulement huit gars, donc quinze filles, acrobates et danseuses. L'univers musical comme acrobatique sera porté par l'énergie féminine. La chanson québécoise a souvent été bousculée par l'énergie féminine et l'est encore; il est temps qu'on le reconnaisse.
Tout sera porté par un souffle féminin tant dans la poésie que dans la rage de dire. Musicalement, on voulait des interprètes actuelles, des filles qui rockent. Elles ont toutes amené quelque chose à l'univers musical québécois. Ce sont des artistes qui aiment se réinventer et en cela, c'est un hommage à Diane Dufresne qui bousculait tout le temps.»
«Le spectacle va dans cette direction de la mise en danger. Il n'est pas du tout dans la lignée des deux précédents. Moi, je me considère comme un dresseur de poils: je veux donner de l'émotion. Si on ne donne que de la nostalgie, les gens vont voir les émotions venir. Je veux les surprendre, qu'ils soient emportés par une bouffée de poésie inattendue. Ils vont être agréablement surpris de redécouvrir des chansons par la mise en valeur des paroles auxquelles on ne porte pas toujours attention.»
Daniel Fortin, directeur exécutif, création chez 45 DEGREES n'exclut pas qu'il y ait d'autres apports mauriciens dans le spectacle mais il dit que Valérie Carpentier constituera la principale contribution locale.
«La présence de Valérie allait de soi. Pas simplement parce qu'elle vient de la région mais parce que c'est une chanteuse exceptionnelle et passionnée. On aurait été bêtes de laisser passer cette chance d'apporter notre ingrédient trifluvien comme à chaque année. D'autant qu'elle est très emballée d'y être.»
Affirmation confirmée par la principale intéressée.
«C'est malade! Le spectacle va être incroyable, en plus. Je ne sais même pas ce que je vais chanter mais ça ne m'importe pas. On va enregistrer bientôt et j'ai très hâte. J'espère vraiment être présente à la première. Il se pourrait que je sois dans le coin de toute façon puisque je serai au FestiVoix le 30 juin. Juste l'idée de faire partie d'un spectacle comme ça, c'est incroyable!
Je capote, parce que toutes les chansons de Luc Plamondon me font tripper et je les ai presque toutes chantées. Peu importe ce que je vais interpréter, je sais que je vais avoir du plaisir. De toute façon, je suis super honorée de faire partie d'un spectacle du Cirque du Soleil. Et, en plus, ce sera présenté dans le magnifique amphithéâtre Cogeco. C'est fou!»
Le directeur général de la Corporation des événements, Steve Dubé a découvert les extrait sonores en même temps que la presse et il s'est dit très impressionné. «Les deux premiers extraits m'ont donné des frissons. J'Imagine seulement ce que ça va donner dans notre système de son, ça va être incroyable.»