Luc Plamondon est à la fois détendu et curieux à l'approche de la première de Stone - hommage à Plamondon du Cirque du Soleil.

«Un grand privilège» pour Luc Plamondon

Si la fébrilité est à son comble du côté de l'Amphithéâtre Cogeco, à quelques heures de la première de Stone - hommage à Plamondon du Cirque du Soleil, le principal intéressé, lui, ne s'en formalise pas. Habitué comme il peut l'être des grandes premières, des tapis rouges et de la nervosité qui entoure ces événements, Luc Plamondon est on ne peut plus catégorique: ce sera beau et ce sera bon, peu importe ce qu'on va lui présenter mercredi soir.
«Je n'ai jamais eu si peu le trac avant un spectacle. C'est facile, quand tu n'es pas la personne responsable du show. Mais j'étais là l'an dernier pour Robert Charlebois et l'année d'avant aussi avec Beau Dommage, je sais maintenant de quoi le Cirque est capable. Ils ont toute ma confiance», lance-t-il d'entrée de jeu.
Au bout du fil, Luc Plamondon paraît en effet détendu, même si, on le sent bien, il cherche encore, à 24 heures de la première de son spectacle hommage, à connaître le contenu complet du spectacle.
Qu'est-ce que Diane Dufresne va bien pouvoir interpréter sur ce grand projet? Et qui interprétera la chanson qui a inspiré le titre du spectacle, son grand succès de Starmania Stone? Voilà deux questions qui semblent le travailler particulièrement, lui qui n'hésitera pas une seconde à parler de Diane Dufresne comme de sa muse. Ainsi, pour celui qui a toujours écrit pour les autres, qui a toujours su garder le contrôle sur son travail et sa création, l'inconnu paraît autant enthousiasmant que déconcertant.
Plamondon a certes entendu deux ou trois extraits qui seront du spectacle, comme la version retravaillée de «Je danse dans ma tête» et réinterprétée par Marie-Mai, mais il fera tout comme le public plusieurs découvertes mercredi soir. Le choix artistique ne manquait d'ailleurs pas aux concepteurs du spectacle, alors que le parolier estime avoir écrit entre 450 et 500 chansons dans sa carrière. Une seule, par contre, ne sera pas une surprise, lui qui dit avoir «exigé» que l'on puisse entendre «Ma mère chantait toujours» dans cet hommage.
«Celle-là, j'ai demandé à ce qu'elle y soit. C'est une chanson très importante pour moi que j'ai écrite avec François Cousineau. Encore aujourd'hui, ça me renverse de voir à quel point les gens la chantent, connaissent les paroles. J'aurais bien aimé aussi avoir «L'amour existe encore», mais je sais qu'elle n'y sera pas. Cette chanson va me manquer, c'est certain, mais en même temps ils ne pouvaient pas tout mettre. Et l'équipe du Cirque doit aussi respecter un certain fil conducteur pour que le spectacle se tienne. S'il y a quelqu'un qui peut comprendre ça, c'est bien moi», lance-t-il.
Celui qui a écrit pratiquement que pour des femmes durant les années 70 s'est dit d'ailleurs enthousiasmé de savoir que ses chansons, retravaillées par le directeur musical Jean-Phi Goncalves, ne seraient interprétées que par des femmes. Notons parmi elles Diane Dufresne, Martha Wainwright, Ariane Moffatt, Safia Nolin, Valérie Carpentier et Betty Bonifassi, qui reprendra «Oxygène». Luc Plamondon a d'ailleurs pu en entendre un court extrait. «C'est vraiment très bon! Avec les arrangements et une touche un peu plus actuelle, plus techno, ça actualise l'oeuvre, ça la rend intéressante à redécouvrir», constate l'auteur.
«Dans les années 70, on m'a considéré comme un parolier de femmes. J'ai travaillé avec Monique Leyrac, Renée Claude, Diane Dufresne, Ginette Reno, Pauline Julien. En fait, jusqu'à Starmania, je n'ai écrit à peu près que pour des femmes. C'était un beau clin d'oeil à faire que de confier le travail à des voix féminines», confie Plamondon, qui ajoute que même les chansons écrites pour des voix d'hommes peuvent facilement être reprises par des femmes et en faire de très grands succès. «Regardez ce que Céline (Dion) a fait avec le Blues du businessman», donne-t-il en exemple.
Mais peu importe les surprises que le Cirque du Soleil lui réserve, Luc Plamondon se dit déjà impatient de découvrir ses chansons interprétées par de nouvelles voix dans un contexte où son oeuvre aura également inspiré une création de cirque unique, qu'on ne verra qu'en exclusivité ici. «C'est un grand privilège et c'est flatteur. Ce n'est pas juste un hommage, c'est une création passagère, quelque chose d'unique dans une vie. On la joue vingt fois et puis c'est terminé alors il faut en profiter et le savourer pendant que ça passe. C'est franchement un beau cadeau», mentionne le célèbre parolier.
Louis Plamondon, le fan de son frère
Si vous cherchez le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, mercredi soir, regardez du côté de l'Amphithéâtre Cogeco où il ne manquera pas de venir saluer son frère, en compagnie d'un groupe de 450 personnes.
De tout temps, Louis Plamondon a toujours suivi la carrière de son frère Luc et se fait même un devoir de faciliter la vie à tous ses amis qui veulent en faire autant. Ainsi, pour la première de Stone, il a acheté pas moins de 450 billets qu'il a ensuite revendus à des proches, des collaborateurs et des amis qui souhaitaient y être aussi.
«Au début, j'en avais acheté 400, mais tout a été écoulé alors j'ai rappelé pour en avoir 50 autres. Finalement, quand tous les billets ont été vendus, j'ai aidé aussi des gens à s'en procurer, je me suis chargé de faire les réservations pour eux», ajoute Louis Plamondon.
Une anecdote qui fait bien rigoler Luc Plamondon, peu surpris de savoir que son frère a fait autant de démarches pour qu'un maximum de ses amis assistent au spectacle. «Il avait fait la même chose lorsque la première de Notre-Dame-de-Paris a été jouée à Montréal. C'est certainement un de mes plus grands fans», rigole Luc Plamondon.
Si ce dernier a exigé d'entendre «Ma mère chantait toujours» durant le spectacle, Louis Plamondon, de son côté, croise les doigts pour que l'équipe du Cirque du Soleil ait retenu, dans sa sélection, le «Blues du businessman» ainsi que l'«Hymne à la beauté du monde», deux coups de coeur qu'il affectionne particulièrement depuis toujours.