Jacques Lacombe

Un grand maestro fidèle à ses racines

Comme à chaque année depuis 2010, la direction du Nouvelliste profite de la fin de l'année pour valoriser les réalisations de trois personnalités de la région, une dans le domaine de l'actualité générale, une dans le secteur des sports et une autre dans le monde de la culture. Pour 2016, dans l'actualité générale, Le Nouvelliste a choisi de souligner l'implication du député fédéral de Saint-Maurice-Champlain dans des dossiers régionaux comme la pyrrhotite, l'avenir du Centre fiscal et les investissements au parc national de la Mauricie. Les 10 ans des Défis du parc et la constante croissance de l'événement ont valu à sa directrice générale Marie-Josée Gervais le titre de personnalité de l'année dans le volet des sports. Enfin, le rayonnement international du chef de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières Jacques Lacombe et son souci de l'éducation musicale des jeunes ont justifié sa nomination comme personnalité de l'année dans l'univers culturel.
La carrière de Jacques Lacombe n'a cessé de prendre de l'expansion depuis son arrivée comme directeur artistique et chef attitré de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières en 2006. En 2016, le maestro a continué à multiplier les allers-retours entre l'Europe et le Québec, autant pour assurer ses fonctions de chef de l'Opéra de Bonn que pour contribuer à la formation musicale d'élèves d'écoles de la région et des conservatoires de Trois-Rivières et de Montréal.
Diplômé en orgue au Québec puis en direction d'orchestre et direction chorale à Vienne, le natif de Cap-de-la-Madeleine était premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal et avait dirigé l'orchestre des Grands Ballets canadiens et la Philharmonie de Lorraine lorsqu'il fut nommé à l'OSTR. Dix ans plus tard, dans la première moitié de 2016, il coordonnait ses engagements auprès de l'OSTR, de l'Opéra de Bonn et de l'Orchestre symphonique du New Jersey, qu'il a laissé en juin après l'avoir dirigé pendant six saisons complètes. 
L'agenda 2016 de l'homme de 53 ans a aussi inclus des contrats à Edmonton, Nancy, Montréal, Omaha, Québec, Lima, Mulhouse, San Antonio, Boston, Queensland et Marseille. Le volet international de la carrière de ce fils de cordonnier s'impose quand on analyse son cheminement. On se dit aussi, avec un minimum d'objectivité, que Jacques Lacombe pourrait très bien gagner sa vie sans escales à Trois-Rivières.
«Il est fidèle à ses racines et c'est pour ça qu'il est à Trois-Rivières. Il n'a pas besoin d'être ici. Il a des amis ici et c'est important pour lui», fait remarquer Jean-Marc Vanasse, qui a présidé le conseil d'administration de l'OSTR de 2009 à 2015 et fait partie du choeur de l'orchestre. M. Vanasse connaît Jacques Lacombe depuis trois décennies, depuis l'époque du Quartet, une formation pour laquelle le chef créait des arrangements. Il mentionne aussi le passage de Jacques Lacombe à la tête des Petits chanteurs de la Maîtrise du Cap lorsqu'il évoque les racines auxquelles il fait référence.
«Les fins de semaine, Jacques jouait dans les clubs; il faisait du piano bar. Le vendredi soir après les répétitions avec les Petits chanteurs, il allait avec le Quartet. Le samedi il faisait du piano bar jusqu'à 3 h du matin, et le dimanche il était à la grand-messe au Sanctuaire du Cap à diriger la Maîtrise», se souvient Jean-Marc Vanasse.
Le volet éducatif demeure très présent dans les préoccupations du chef. Entre les répétitions et les représentations des productions qu'il dirige à Bonn cette saison, il trouve le temps d'enseigner à son élève en direction d'orchestre au conservatoire de Montréal, Thomas Le Duc-Moreau, qui le considère comme son mentor. «J'aurai la chance de le suivre en Europe avec le Deutsche Oper de Berlin en février!», se réjouit l'élève.
En 2016, le maestro a aussi accueilli des stagiaires du  conservatoire trifluvien au sein de l'OSTR, et s'est impliqué dans la cinquième année du projet Classe en résidence, permettant à des élèves du primaire d'être parrainés par des musiciens et d'assister à des ateliers et des classes de maître, ainsi qu'à une répétition et un concert de l'orchestre.
En novembre dernier, avec le nouveau projet OSTR_web, 300 élèves de la Mauricie ont reçu les musiciens de l'OSTR et leur chef dans leur classe et ont échangé avec eux via une webdiffusion sur les tableaux interactifs.
«La relève en musique lui tient énormément à coeur. Il est très généreux de son temps compte tenu de son horaire hyper chargé! Il n'hésite pas à faire de la place aux plus jeunes chaque fois qu'il le peut. Il a aidé de nombreux jeunes musiciens et chanteurs à faire progresser leur carrière autant ici qu'en Europe. Il n'est donc pas surprenant qu'il ait une étroite collaboration avec le conservatoire! Il prend également le temps d'aller rencontrer les enfants dans les écoles avec notre programme de Classe en résidence et il ne cesse de réitérer l'importance de mettre les enfants en contact avec la musique, d'où la création de l'OSTR_web», confirme la directrice générale de l'OSTR Natalie Rousseau.
Celle-ci perçoit Jacques Lacombe comme un «grand perfectionniste» inspirant et stimulant pour les musiciens et ajoute les qualités «sympathique, généreux, imaginatif et créatif» dans son appréciation du maestro. Jean-Marc Vanasse considère que le chef «a élevé le niveau de professionnalisme de l'OSTR». «On peut le constater à chaque concert en remarquant le niveau de difficulté des oeuvres. À chaque fois il augmente le degré. Je suis certain que Jacques n'aurait pas honte d'amener l'OSTR et son choeur à Montréal ou ailleurs pourfaire les Requiem de Mozart ou de Brahms ou d'autres grandes oeuvres.» 
«Il cherche à donner à Trois-Rivières des concerts qu'on ne retrouverait normalement que dans des grandes salles de grandes villes. Et ça, j'espère que les gens de Trois-Rivières vont un jour le reconnaître. À l'échelle mondiale c'est un grand musicien, très reconnu comme chef», conclut M. Vanasse.