Yvon St-Aubin (Château-Richer), Yvon Lemieux (secteur de Beauport à Québec), Raymond Quenneville (Champlain), Gérard Boulanger (secteur de Cap-Rouge à Québec) et Robert Roy (Sainte-Perpétue) sont les artistes qui peignent différentes toiles portant sur le fleuve Saint-Laurent.

Un fleuve en 100 toiles

TROIS-RIVIÈRES — Illustrer la majestuosité du fleuve, tel est le défi relevé par cinq peintres québécois dans le cadre du projet «Hommage au Saint-Laurent» qui aboutira en 2020 à la création de 100 toiles sur ce sujet.

Depuis 2016, le projet vise à réaliser annuellement 20 toiles par ces artistes. Si en 2016 et en 2017, les peintures montrent des paysages du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-de-Beaupré et de l’île d’Orléans, des scènes entre Québec et Kingston en Ontario, le fleuve prenant naissance dans l’embouchure du lac Ontario, ont été croquées en 2018.

Raymond Quenneville, un peintre de Champlain, a eu l’idée de ce projet en 2015 alors qu’il participait à un symposium dans la région du Saguenay. Selon M. Quenneville, l’objectif est de miser sur la meilleure collection afin d’illustrer toute la beauté du fleuve Saint-Laurent.

«Le fleuve est un joyau dont on doit être fier. Les peintres qui sont du projet ont tous 25, 30 ans de carrière et plus et on a tous des styles différents. On a peint le fleuve toute notre carrière. C’est un projet motivant et un plaisir», raconte M. Quenneville, rencontré mardi lors d’une conférence de presse tenue au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières pour dévoiler les 20 toiles retenues en 2018.

Au fil du temps, le fleuve Saint-Laurent a fait l’objet de nombreuses œuvres artistiques, notamment par le biais de la photographie. Mais selon Robert Roy, peintre de Sainte-Perpétue, c’est en le dessinant qu’un artiste réussit à s’en approcher le plus.

«On a la chance de travailler sur le fleuve. Le mettre sur toile, c’est génial», estime M. Roy, qui croit que les gens ne réalisent pas suffisamment toute la beauté de ce cours d’eau de près de 1200 km de long.

Les toiles montrent tantôt des scènes du pont Laviolette et du port trifluvien, tantôt le fleuve et la ville de Montréal en arrière-plan, mais aussi des images saisies en pleine nature. Le charme des Mille-Iles, des îles de Sorel et de l’île d’Orléans a d’ailleurs ravi les peintres réunis pour cette aventure.

«Le fleuve a une noblesse et une force extraordinaires, continue M. Roy. C’est notre mine d’or.»

Établir un projet qui durera jusqu’en 2020 exige toutefois un engagement exemplaire de tous les peintres, note Yvon St-Aubin, de Château-Richer.

«C’était important d’avoir les bonnes personnes. Il fallait y aller avec des gens avec qui la chimie serait bonne.»

À constater la bonne humeur qui régnait mardi au Grand Salon du SSJ, l’esprit de camaraderie est de toute évidence bien présent, surtout que le projet exige que les cinq peintres visitent ensemble un secteur du fleuve par année.

En 2019, les peintres exploreront le fleuve dans le secteur de Charlevoix et de la Côte-Nord. Ils seront en Gaspésie en 2020 afin de produire les 20 toiles qui compléteront la collection.

Le musée Pierre-Boucher du SSJ accueillera l’exposition des 100 toiles au début de 2021. Les peintres souhaitent que cette collection soit à l’affiche dans d’autres musées installés dans des villes qui longent le Saint-Laurent.

«Notre but est de faire voyager l’exposition, même à l’extérieur du pays», fait valoir Raymond Quenneville.

Un documentaire et un livre abordant ce projet artistique sont en cours de production.